AEX
-2.8100
Ce fut une brève parenthèse. La fragilité du cessez-le-feu dans la guerre au Moyen-Orient a dissipé jeudi le soulagement observé la veille sur les marchés après l'annonce d'une trêve entre les Etats-Unis et l'Iran.
Principal courroie de transmission des risques d'inflation, le pétrole repartait à la hausse, après son recul brutal de la veille sous le seuil des 100 dollars.
A 11H45 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence sur le marché du brut, progressait de 4,08% à 98,62 dollars le baril, contre 94,75 la veille, pour des livraisons en juin.
Son équivalent américain du WTI grimpait de 5,23% à 99,34 dollars le baril, contre 94,41 la veille, pour des livraisons en mai.
"L’optimisme concernant un cessez-le-feu s’est estompé jeudi, alors que les nouvelles en provenance d’Iran ont viré au négatif. Le +rallye+ (hausse du prix des actifs, ndlr) des marchés d’actions mondiaux a marqué une pause et le prix du pétrole est en hausse", résume Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB.
Dans le Golfe, le cessez-le-feu apporte une certaine accalmie. Aucun bombardement n'a été signalé ces dernières heures.
Les appels se multiplient pour intégrer le Liban dans la trêve conclue entre l'Iran et les Etats-Unis, après les bombardements israéliens de la veille, qui ont fait plus de 200 morts et un millier de blessés, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé.
Des discussions sont prévues dans les prochains jours au Pakistan entre l'Iran et l'Etats-Unis, avec le vice-président JD Vance à la tête de la délégation américaine.
Bourse: attentisme et prudence
Sur le marché des actions, le "rebond de soulagement" observé la veille s'est rapidement transformé en nouvel attentisme teinté de prudence.
A New York, les trois indices de Wall Street sont attendus à la baisse à l'ouverture à 13H30 GMT: Nasdaq (-0,31%), S&P 500 (-0,38%) et Dow Jones (-0,47%), d'après les contrats à terme peu après 11H30 GMT.
En Europe, le repli était également de mise en milieu de journée à Francfort (-1,01%), Paris (-0,63%), Londres (-0,21%) et Milan naviguait vers le point d'équilibre (-0,07%).
A l'inverse des autres secteurs, les valeurs pétrolières regagnaient du terrain après la brutale correction de la veille (TotalEnergies +1,84% à Paris, BP +2,58% à Londres).
"Les actions européennes effacent une partie des gains enregistrés mercredi, et l’humeur du marché est nettement moins euphorique", constate Kathleen Brook pour XTB, plateforme d'investissements en Bourse.
"Les investisseurs doivent, pour l'instant, accepter que la guerre restera le thème dominant sur les marchés", estime Andreas Lipkow, chef des analystes de marché chez CMC (également une plate-forme de "trading").
"Même si la saison des résultats d'entreprises aux États-Unis commence déjà à se profiler, ce sont les taux d'inflation et la future politique monétaire (des grandes banques centrales) qui fixeront le cap de la tendance à venir sur les marchés d'actions", ajoute-t-il.
Rebond des taux
La persistante menace de l'inflation provoquait une remontée des taux d'intérêt sur le marché obligataire de la dette des Etats.
Le rendement sur dix ans de la dette allemande remontait à 2,98% contre 2,94% la veille. Le taux français progressait à 3,62% contre 3,58% la veille.
Les taux - ou rendements - des dettes augmentent avec les risques d’inflation. L’inflation réduit en effet la valeur réelle de l’argent prêté par les créanciers, qui exigent pour compenser des taux d’intérêt plus élevés.
Les risques d'inflation maintiennent les banques centrales en alerte, toujours prêtes à dégainer l'arme du relèvement des taux directeurs.
"Fin mars, l’OCDE a estimé que l’inflation atteindrait les 4,2 % cette année outre-Atlantique", rappelle Grégoire Kounowski, conseiller investissement chez le gestionnaire de fortune.
"Nommé par Donald Trump pour assouplir la politique monétaire de la Fed, Kevin Warsh pourrait donc avoir des difficultés à baisser les taux pour satisfaire le président américain", ajoute-t-il.
G.Mukherjee--DT