Dubai Telegraph - Poignardée pour avoir dit non: quand la misogynie en ligne attise la violence au Brésil

EUR -
AED 4.166945
AFN 72.043593
ALL 94.496675
AMD 417.46613
ANG 2.031455
AOA 1040.460699
ARS 1677.275747
AUD 1.6462
AWG 2.043762
AZN 1.925407
BAM 1.956767
BBD 2.285029
BDT 139.552004
BGN 1.918533
BHD 0.427925
BIF 3386.677268
BMD 1.134635
BND 1.473873
BOB 7.840114
BRL 5.930963
BSD 1.13456
BTN 107.36387
BWP 15.522009
BYN 3.197479
BYR 22238.854557
BZD 2.281797
CAD 1.61561
CDF 2574.48791
CHF 0.922186
CLF 0.026505
CLP 1043.217941
CNY 7.70474
CNH 7.733584
COP 3893.217842
CRC 516.471035
CUC 1.134635
CUP 30.067839
CVE 110.312195
CZK 24.248744
DJF 202.035134
DKK 7.474689
DOP 66.504901
DZD 151.550983
EGP 56.300159
ERN 17.019532
ETB 182.916591
FJD 2.551512
FKP 0.860277
GBP 0.86268
GEL 3.001102
GGP 0.860277
GHS 12.707669
GIP 0.860277
GMD 82.264637
GNF 9941.129314
GTQ 8.654275
GYD 237.323497
HKD 8.895423
HNL 30.357995
HRK 7.536928
HTG 148.34785
HUF 356.337365
IDR 20406.418327
ILS 3.390174
IMP 0.860277
INR 106.959076
IQD 1486.234104
IRR 1560180.457463
ISK 143.814675
JEP 0.860277
JMD 178.6922
JOD 0.804473
JPY 183.557898
KES 146.946721
KGS 99.223523
KHR 4558.392164
KMF 489.028057
KPW 1021.17229
KRW 1750.84427
KWD 0.351203
KYD 0.945488
KZT 552.139753
LAK 24904.069215
LBP 101613.424928
LKR 382.759058
LRD 206.656628
LSL 18.862117
LTL 3.350284
LVL 0.68633
LYD 7.296765
MAD 10.667251
MDL 20.093368
MGA 4739.487199
MKD 61.680359
MMK 2382.212372
MNT 4062.070221
MOP 9.163428
MRU 45.365207
MUR 54.700986
MVR 17.541556
MWK 1967.323747
MXN 20.005777
MYR 4.695142
MZN 72.508194
NAD 18.862117
NGN 1556.90121
NIO 41.751542
NOK 11.192384
NPR 171.777847
NZD 2.010818
OMR 0.436276
PAB 1.134595
PEN 3.847885
PGK 4.97759
PHP 69.450741
PKR 315.542658
PLN 4.289739
PYG 6920.540287
QAR 4.124646
RON 5.236911
RSD 117.380269
RUB 84.983411
RWF 1666.659945
SAR 4.26043
SBD 9.150881
SCR 15.491856
SDG 681.345125
SEK 11.082949
SGD 1.472751
SHP 0.84712
SLE 28.081966
SLL 23792.741946
SOS 648.420278
SRD 42.503547
STD 23484.662718
STN 24.512107
SVC 9.927122
SYP 125.413635
SZL 18.859897
THB 37.919704
TJS 10.534435
TMT 3.98257
TND 3.372666
TOP 2.73193
TRY 52.757717
TTD 7.693037
TWD 36.005728
TZS 2973.315576
UAH 50.927601
UGX 4186.067647
USD 1.134635
UYU 45.29317
UZS 13642.979233
VES 699.917201
VND 29880.624223
VUV 134.792911
WST 3.133456
XAF 656.301415
XAG 0.019303
XAU 0.000284
XCD 3.066409
XCG 2.044773
XDR 0.813495
XOF 656.292735
XPF 119.331742
YER 270.780817
ZAR 18.840906
ZMK 10213.084035
ZMW 20.450732
ZWL 365.352148
  • AEX

    -0.3200

    1065.35

    -0.03%

  • BEL20

    -41.1300

    5671.66

    -0.72%

  • PX1

    45.0400

    8385.49

    +0.54%

  • ISEQ

    137.9800

    13936.44

    +1%

  • OSEBX

    -18.2800

    1926.78

    -0.94%

  • PSI20

    -80.4000

    9055.89

    -0.88%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -300.8100

    4116.43

    -6.81%

  • N150

    -15.5400

    4183.4

    -0.37%

Poignardée pour avoir dit non: quand la misogynie en ligne attise la violence au Brésil
Poignardée pour avoir dit non: quand la misogynie en ligne attise la violence au Brésil / Photo: Mauro PIMENTEL - AFP

Poignardée pour avoir dit non: quand la misogynie en ligne attise la violence au Brésil

Alana Anisio Rosa, 20 ans, a poliment refusé les avances d'un homme qui lui envoyait des fleurs et des chocolats. Un mois plus tard, il a fait irruption chez elle et lui a donné une cinquantaine de coups de couteau.

Taille du texte:

Il ne s'est arrêté qu'après l'intervention de la mère de la victime, Jaderluce Anisio de Oliveira, quand elle est rentrée chez elle à Sao Gonçalo, près de Rio de Janeiro.

"Il n'arrêtait pas de la poignarder", a-t-elle décrit à l'AFP. "Notre salon était couvert de sang."

Après l'agression en février, sa fille a dû d'abord être plongée dans un coma artificiel et a mis des semaines pour se remettre de plusieurs opérations.

Dans le même temps, des vidéos devenues virales sur TikTok au Brésil montrent des hommes en train de frapper et de poignarder des mannequins avec le slogan: "Je m'entraîne au cas où elle dirait non".

Mme Oliveira, 53 ans, affirme que l'agresseur "suivait ce type de contenu" sur les réseaux sociaux.

De quoi alimenter l'inquiétude sur ces publications misogynes de plus en plus fréquentes et leur possible impact sur la violence contre les femmes au Brésil. L'an dernier, 1.586 féminicides ont été recensés dans le pays, un record.

En janvier, un des cinq suspects du présumé viol en réunion d'une jeune fille de 17 ans s'est rendu à la police. Il portait un t-shirt où l'on pouvait lire "Regret Nothing" (Ne rien regretter, en anglais), une expression souvent utilisée par des influenceurs masculinistes.

Deux mois plus tard, un policier soupçonné d'avoir tué par balle son épouse qui demandait le divorce a été arrêté. Dans des échanges de messages du couple publiés dans la presse locale, il se décrit comme un "mâle alpha", et lui demande d'être une "femelle bêta, obéissante et soumise".

Pour Daniel Cara, professeur à l'Université de Sao Paulo, qui mène des recherches sur le masculinisme, ce phénomène présent dans de nombreux pays "légitime et stimule" la violence contre les femmes.

- "Radicalisation" -

Les violences sexistes et sexuelles sont de longue date un fléau au Brésil.

Mais le président Luiz Inacio Lula da Silva a estimé récemment que "les hommes sont de plus en plus inhumains et violents".

Estela Bezerra, responsable de l'organe étatique chargé de la lutte contre les violences faites aux femmes, estime que la misogynie en ligne joue "un rôle significatif" dans ces actes.

"C'est avant tout un discours de haine. Il propage des valeurs qui menacent de ramener notre société à l'ère de la barbarie", explique-t-elle à l'AFP.

Une étude récente de l'Université fédérale de Rio de Janeiro a montré que 123 chaînes YouTube contenant ce genre de discours avaient atteint 23 millions d'abonnés - 18% de plus qu'il y a deux ans.

Flavio Rolim, chef de l'unité de répression des crimes de haine cybernétiques de la police fédérale brésilienne, décrit un "processus de radicalisation" des hommes.

Tout commence par l'exposition à une "violence voilée", des hommes ulcérés par le féminisme prônant un retour de la domination masculine.

Certains hommes se tournent ensuite vers des communautés en ligne où circulent "tous les jours des vidéos de femmes se faisant agresser physiquement", et même "en train d'être violées", relate-t-il.

- "Déshumanisation" -

Ces contenus, auparavant confinés dans les tréfonds du web, sont à présent faciles d'accès.

L'AFP a consulté un groupe sur Telegram truffé de mèmes exaltant le viol ou de vidéos montrant des femmes en train d'être frappées.

Sur certaines plateformes, il est courant que des femmes soient décrites comme "violables" ou non.

"Ce phénomène revient à la déshumanisation d'un genre tout entier", résume Flavio Rolim.

En février, une opération policière a ciblé des Brésiliens impliqués dans un réseau international de diffusion de vidéos de viols de femmes préalablement droguées, souvent par des proches.

Certaines personnalités conservatrices considèrent toutefois que le mouvement masculiniste porte avant tout sur une amélioration de la condition des hommes, et réfutent tout lien avec les féminicides.

"C'est devenu un bouc émissaire, mais ce sont des choses qui ont lieu depuis des années", a affirmé sur YouTube Raiam Santos, influenceur brésilien souvent associé à cette communauté.

Mais les experts sont particulièrement inquiets du fait que de plus en plus d'adolescents ont accès à ces contenus.

Flavio Rolim dit avoir identifié dans des groupes de discussion des jeunes de 15 à 16 ans échanger des propos comme: "Pourquoi je sortirais avec une fille si je peux juste la violer?"

Dans une école de Rio, Ana Elizabeth Barcelos Barbosa, 13 ans, raconte à l'AFP avoir vu des influenceurs "exprimer leur soutien à la violence contre les femmes" ou affirmer que "le seul but d'une femme est de servir les hommes".

"On commence à se demander s'ils disent la vérité", lâche-t-elle.

Plusieurs propositions de loi ont été élaborées récemment pour faire face à ce phénomène. Le député de gauche Reimont Luiz Otoni Santa Barbara a présenté un texte visant à criminaliser des contenus qui, selon lui, "entraînent la mort de femmes chaque jour".

Un autre projet adopté au Sénat vise à classer la misogynie comme un crime similaire au racisme, passible de prison ferme.

A.Al-Mehrazi--DT