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En difficulté en championnat avec trois défaites d'affilée avant de recevoir le Paris SG dimanche, l'OM transporte ses soucis d'effectif jeudi à Istanbul, pour y débuter face à Besiktas une campagne de Ligue Europa où ses ambitions sont floues.
Les possibilités réelles de l'OM cette saison et la vraie valeur de son effectif ont d'ailleurs été les grandes questions de l'après-match vendredi à Rennes.
Marseille s'y est incliné (1-0), comme à Monaco et contre le Paris FC, et Bruno Genesio a semblé vouloir lancer un appel à sa direction quant aux ambitions d'un club affaibli par un mercato à zéro recrue.
"Avec qui on va rivaliser ? C'est surtout cette question-là à laquelle il faut répondre. Aujourd'hui, je ne suis pas capable de vous le dire et ce n'est pas à moi de vous le dire", a ainsi déclaré l'entraîneur marseillais en conférence de presse.
"Il faut peut-être le dire pour que les gens le comprennent", a-t-il également répondu à un consultant qui suggérait que l'OM ne se battait peut-être pas pour les mêmes objectifs que Rennes ou Monaco.
Les contraintes économiques imposées par la DNCG et l'UEFA compliquent évidemment la vie de Genesio, qui a déjà dit à plusieurs reprises qu'il en était conscient quand il a signé, mais peut-être pas "à ce point-là".
Dans l'entourage du coach marseillais, on explique qu'il manque sans doute "un cap et des objectifs clairs", au moment où le terrain montre "un manque de cohérence entre l'équipe et les ambitions".
Et l'entraîneur marseillais, qui a déjà montré lors de l'épisode du brassard retiré à Pierre-Emile Hojbjerg qu'il n'avait pas sa langue dans la poche, ne veut sans doute pas porter seul le poids de la réduction de la voilure imposée par des finances dans le rouge.
- Calendrier sans pitié -
"Le premier objectif cet été était de se mettre en conformité avec les instances, ce qui a provoqué quelques départs et zéro recrue. A partir de là, il faut de la lucidité. Les objectifs du club sont de revenir sur le bon chemin, financièrement, puis sur l'aspect sportif", a-t-il de nouveau expliqué mercredi à Istanbul.
"On est alignés avec Grégory Lorenzi et le président. Mais il faudra certainement un peu plus de patience et peut-être qu'il faudra quelque temps pour retrouver l'OM qu'on souhaite tous retrouver. Ce que j'ai dit vendredi n'était pas pour ouvrir un parapluie ou chercher des excuses. C'est juste une analyse lucide de la situation", a-t-il ajouté.
Mais dans ces conditions, le début de la Ligue Europa, que certains dirigeants du club étaient prêts à sacrifier au moment des discussions avec l'UEFA, semble un peu tomber comme un cheveu sur la soupe.
Car le calendrier est sans pitié pour une équipe toujours privée de Geoffrey Kondogbia et Tochukwu Nnadi, qui donne régulièrement des signes de souffrance athlétique après une heure de jeu et dont le banc n'offre pas beaucoup de solutions à Genesio.
Avant la venue des doubles champions d'Europe parisiens dimanche, l'entraîneur marseillais pourrait être tenté de faire un peu tourner son 11 de départ, mais en a-t-il vraiment les moyens ?
"Des joueurs n'ont pas eu l'occasion de montrer leurs qualités, alors qu'ils s'investissent à 100%, tous les jours. Je pense qu'il est temps pour certains d'avoir une opportunité de le montrer en match", a-t-il dit mercredi.
Mais le turn-over pourrait tout de même être assez restreint, Genesio ayant d'ailleurs expliqué la semaine dernière que ce premier enchaînement de trois matches en huit jours avant une longue trêve internationale n'avait rien de "démentiel".
L'ambiance en revanche pourrait l'être jeudi, dans un stade brûlant et plein à craquer, que Genesio avait visité avec succès en 2017 à la tête de l'OL. "Mes oreilles s'en sont souvenues pendant deux ou trois jours", a-t-il dit en souriant mercredi.
A.El-Sewedy--DT