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Jimmy Gressier avait promis un rebond après sa 4e place au 5.000 m: le fondeur français a arraché samedi soir la médaille de bronze du 10.000 m à l'Euro d'athlétisme de Birmingham, "comme si c'était un titre de champion du monde".
Le Français de 29 ans a terminé en 28 min 07 sec 90/100e, loin derrière le Suédois Andreas Almgren, magistal sur la piste bleue de l'Alexander-Stadium (27:33.44), et le tenant du titre suisse Dominic Lobalu (27:42.67).
Le champion du monde du 10.000 m à Tokyo l'été dernier décroche à 29 ans sa première médaille européenne sur piste (il est déjà monté sur les podiums européens en cross et sur route), après sa 4e place à Munich-2022 et sa 5e à Rome-2024 sur 10.000 m.
Il apporte au passage la 8e médaille de la délégation française à Birmingham, qui n'a toujours pas décroché l'or depuis le début de la compétition (trois en argent, cinq en bronze).
Gressier avait pris "une claque derrière la tête" après avoir fini au pied du podium lundi soir, lui qui visait pas moins que le doublé 5.000/10.000 m. L'or lui a très vite échappé samedi soir, quand Almgren a pris les commandes du peloton après seulement trois tours, imposant un rythme soutenu.
"Je n'ai même pas essayé de batailler avec lui, j'avais à coeur d'essayer d'aller chercher au moins ma première médaille. Je suis allé la chercher comme si c'était un titre de champion du monde", a expliqué, rieur, le Boulonnais.
Quand Almgren a coupé la ligne pour décrocher son premier titre international, Gressier a lancé une puissante accélération à 200 mètres de l'arrivée, déposant l'Italien Yemaneberhan Crippa, incapable de suivre la cadence.
"Il fallait que je le surprenne à un moment ou à un autre. J'ai fait une (Mathieu) van der Poel. Je suis parti, j'ai eu un coup de pétard. Ça me faisait tellement rire parce que je courais tellement mal, mais comme quelqu'un qui avait vraiment la dalle", a savouré le Français.
Le natif de Boulogne-sur-Mer s'est retourné plusieurs fois pour voir si l'Italien suivait avant de lever les bras et décrocher sa première médaille à l'échelle continentale.
- "Besoin d'un reset" -
"Je ne pensais pas avant la course que ça me ferait autant d'effet d'avoir cette médaille autour du cou. Quand on a fait champion du monde, forcément faire une troisième place au championnat du monde ça peut paraître anecdotique", a commenté Gressier.
"Je n'étais pas venu avec ces ambitions sur ce championnat, mais je relativise, je sais comme c'est dur d'aller chercher des médailles au niveau mondial", a-t-il assuré.
L'ambitieux a changé de dimension l'an dernier après son titre du 10.000 m et sa médaille de bronze au 5.000 m à Tokyo. Et depuis, beaucoup de choses ont changé lui: il quitté l'Insep à Paris pour retourner chez lui à Boulogne-sur-Mer, mis fin à sa collaboration avec son entraîneur Adrien Taouji avant de le retrouver quelques mois plus tard, après un intérim de courte durée avec Arnaud Dinielle, celui qui l'a formé.
"Il y avait des semaines où je n'avais plus tant d'envie que ça de courir, et en fait cette année a été plus compliquée que prévue, je suis beaucoup parti aussi en stage", a raconté le fondeur.
Pour arriver avec plus de "fraîcheur mentale" à Birmingham et réitérer l'exploit, Gressier a fait l'impasse sur les meetings de Ligue de diamant de Monaco et Londres mi-juillet pour partir en stage quatre semaines en altitude à Saint-Moritz (Suisse).
"Mentalement il m'en manquait. Je pense que j'ai besoin de faire un petit +reset+ (une pause)", a-t-il lâché, même s'il vise une médaille d'or sur le 5 km des Mondiaux de course sur route à Copenhague en septembre.
Parmi les autres résultats français de la soirée, Thomas Gogois, médaillé de bronze à Rome au triple saut, a terminé 4e (17,21 m). Candidat à un podium sur 1.500 m, Azeddine Habz a craqué dans la dernière ligne droite et terminé 10e (3:37.61).
I.Khan--DT