Dubai Telegraph - "On a toujours gagné la bataille d'Ebola", rassure le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe

EUR -
AED 4.23685
AFN 76.142117
ALL 93.451589
AMD 420.707154
AOA 1059.068942
ARS 1713.776996
AUD 1.649985
AWG 2.076605
AZN 1.971609
BAM 1.955833
BBD 2.316639
BDT 142.032415
BHD 0.433707
BIF 3413.258039
BMD 1.15367
BND 1.476225
BOB 13.658232
BRL 5.861216
BSD 1.15022
BTN 109.651865
BWP 15.683267
BYN 3.345957
BYR 22611.924491
BZD 2.313339
CAD 1.617387
CDF 2624.59885
CHF 0.931835
CLF 0.027184
CLP 1073.360161
CNY 7.788768
CNH 7.790748
COP 3577.760836
CRC 522.408883
CUC 1.15367
CUP 30.572245
CVE 110.266875
CZK 24.241018
DJF 204.823483
DKK 7.480705
DOP 66.731135
DZD 153.304607
EGP 58.8331
ERN 17.305044
ETB 183.805425
FJD 2.554167
FKP 0.855871
GBP 0.855679
GEL 3.016829
GGP 0.855871
GHS 13.446229
GIP 0.855871
GMD 84.797449
GNF 10097.171691
GTQ 8.776149
GYD 240.604091
HKD 9.047309
HNL 30.819524
HRK 7.538417
HTG 150.392557
HUF 365.193859
IDR 20799.509523
ILS 3.533632
IMP 0.855871
INR 110.049123
IQD 1506.825622
IRR 1586439.932172
ISK 142.0633
JEP 0.855871
JMD 182.093096
JOD 0.817962
JPY 181.616475
KES 148.78253
KGS 100.888429
KHR 4654.079138
KMF 492.616957
KRW 1664.699174
KWD 0.356645
KYD 0.958516
KZT 545.029268
LAK 26048.442925
LBP 103005.051488
LKR 386.126566
LRD 207.61353
LSL 19.025023
LTL 3.406486
LVL 0.697843
LYD 7.359125
MAD 10.744883
MDL 20.100342
MGA 4919.083644
MKD 61.526046
MMK 2422.194784
MNT 4146.90969
MOP 9.292058
MRU 46.226786
MUR 54.222116
MVR 17.835855
MWK 1994.433913
MXN 20.012821
MYR 4.712969
MZN 73.73129
NAD 19.025023
NGN 1574.020989
NIO 42.33072
NOK 10.926515
NPR 175.442983
NZD 1.961523
OMR 0.443648
PAB 1.15022
PEN 3.898066
PGK 5.150088
PHP 70.668078
PKR 319.441232
PLN 4.312359
PYG 6858.116615
QAR 4.204671
RON 5.247581
RSD 117.391996
RUB 91.501556
RWF 1688.528712
SAR 4.320407
SBD 9.322925
SCR 15.583265
SDG 692.201402
SEK 10.986051
SGD 1.479695
SLE 28.499464
SOS 657.311177
SRD 43.587371
STD 23878.63182
STN 24.500417
SVC 10.064171
SZL 19.022323
THB 38.676781
TJS 10.616381
TMT 4.04938
TND 3.381357
TRY 54.813729
TTD 7.810133
TWD 37.274031
TZS 3047.451819
UAH 51.337273
UGX 4319.073441
USD 1.15367
UYU 46.280787
UZS 13768.234114
VES 860.287283
VND 30342.087759
VUV 136.928869
WST 3.154699
XAF 655.968154
XAG 0.020031
XAU 0.000285
XCD 3.11785
XCG 2.072935
XDR 0.815814
XOF 655.968154
XPF 119.331742
YER 274.924101
ZAR 19.10215
ZMK 10384.411346
ZMW 21.606367
ZWL 371.481146
  • AEX

    -5.5200

    1099.18

    -0.5%

  • BEL20

    31.6600

    5685.82

    +0.56%

  • PX1

    24.6100

    8509.64

    +0.29%

  • ISEQ

    -118.7900

    13535.33

    -0.87%

  • OSEBX

    3.6300

    2018.08

    +0.18%

  • PSI20

    -30.1800

    9116.04

    -0.33%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.6300

    4276.33

    -0.48%

  • N150

    -1.7100

    4262.41

    -0.04%

"On a toujours gagné la bataille d'Ebola", rassure le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe
"On a toujours gagné la bataille d'Ebola", rassure le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe / Photo: Hardy BOPE - AFP/Archives

"On a toujours gagné la bataille d'Ebola", rassure le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe

"On a toujours gagné la bataille d'Ebola": 50 ans après avoir participé à la découverte du virus, le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe est, à 84 ans, aux avant-gardes de la riposte pour endiguer la 17e épidémie qui frappe la République démocratique du Congo (RDC).

Taille du texte:

Le pays d'Afrique centrale a déclaré le 15 mai une nouvelle épidémie de fièvre hémorragique, qui a déjà contaminé 808 personnes et fait 192 morts, soit un taux de létalité de 24%, principalement dans la province troublée et reculée de l'Ituri (nord-est).

Il n'existe aucun vaccin ni traitement spécifique pour le virus Bundibugyo à l'origine de l'épidémie actuelle. Les vaccins existants ne sont efficaces que contre le virus Zaïre. Et la riposte sanitaire "a beaucoup tâtonné" jusqu'ici, reconnaît le Pr Muyembe, lors d'une interview à l'AFP dans la capitale, Kinshasa.

En RDC, les autorités sanitaires ont été critiquées pour avoir tardé à détecter le virus et à soutenir des soignants largement démunis sur le terrain. Ces dernières semaines, craignant des mesures de fermeture des frontières qui couperaient le pays du reste du monde, le gouvernement congolais a répété que la situation est "sous contrôle".

- De l'animal à l'homme -

"Il ne faut pas croire que la bataille est perdue parce qu'il n'y a pas de vaccin", dit sereinement Jean-Jacques Muyembe, directeur de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), géré par l'État.

La RDC a vaincu 15 épidémies par le passé grâce à des mesures de santé publique (isolement des malades, traçage des cas contacts), puis une 16e lorsque la science est parvenue à mettre au point, entre 2018 et 2019, les premiers vaccins et traitements innovants contre la maladie, rappelle-t-il.

Sur son bureau de l'INRB, une médaille et des photos où il apparaît à côté de quelques dignitaires sont disposées pêle-mêle, entre des correspondances adressées aux partenaires et bailleurs internationaux qui font partie de l'imposante machinerie sanitaire mise en branle lorsque Ebola refait surface sur le continent.

Un dossier mpox est encore ouvert sur un coin de la table. La RDC a fait partie des pays les plus touchés par ce virus, anciennement appelé variole du singe, qui a fait 198 morts en Afrique en 2025.

La biodiversité du vaste pays africain, parmi les plus riches de la planète dans ce domaine, ainsi que la déforestation et le changement climatique, dont les effets poussent les populations à s'enfoncer de plus en plus loin en forêt où elles entrent en contact avec des animaux, font que "la RDC est particulièrement exposée aux épidémies de maladies zoonotiques" (transmises de l'animal à l'humain), comme le mpox et Ebola, explique le spécialiste.

- "Le plus grand risque de ma vie" -

En 1976, M. Muyembe, épidémiologiste diplômé de l'université de Louvain (Belgique), est de retour au pays lorsqu'il est appelé dans le village de Yambuku, dans le nord de la RDC qui s'appelait alors Zaïre, pour enquêter sur l'apparition d'une mystérieuse maladie.

Il fait un prélèvement sur une religieuse malade et expédie l'échantillon en Belgique, où le docteur Peter Piot isolera pour la première fois le virus bientôt baptisé Ebola, du nom d'une rivière de la région reculée.

"Quand nous sommes arrivés, nous n'avions pas de gants, nous n'avions pas de blouse comme nous portons maintenant, nous n'avions pas de masque", raconte le virologue. "Quand j'ai enlevé l'aiguille, le sang continuait à couler là où j'avais piqué et mes doigts étaient souillés de sang (...) Par réflexe, j'ai demandé qu'on me donne de l'eau pour me laver les mains".

Avec le recul, il dit aujourd'hui avoir ce jour-là "couru le plus grand risque de (sa) vie".

Les autorités sanitaires de l'époque penchaient pour une épidémie de fièvre typhoïde ou de fièvre jaune.

Après cette épisode, la maladie ne fait plus parler d'elle pendant 19 ans, jusqu'en 1995, quand une épidémie de "diarrhées rouges" se déclare à Kikwit, ville de 400.000 habitants dans l'ouest du pays.

Le professeur a alors l'idée de traiter huit malades par transfusion de sang de convalescent. Sept ont survécu. L'échantillon n'était pas représentatif mais l'idée à germé jusqu'à la mise au point d'Ebanga, premier traitement antiviral contre Ebola, homologué en 2020.

"J'ai participé à l'identification du virus et j'ai participé également au traitement de la maladie à virus Ebola. Qu'est-ce qu'on peut encore faire dans la vie?" lance le Congolais aux éternelles rouflaquettes, se félicitant que des scientifiques et des institutions de haut niveau en Afrique participent aujourd'hui activement à la recherche médicale.

B.Gopalan--DT