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La canicule s'intensifie en Europe, faisant peser de graves dangers sur la santé des plus vulnérables et provoquant de très importantes perturbations, notamment en France où mardi a été la journée la plus chaude jamais enregistrée tandis que l'Angleterre pourrait battre mercredi son record de température pour un mois de juin.
Il s'agit de la deuxième vague de chaleur en Europe de l'Ouest en moins d'un mois, les scientifiques avertissant que le changement climatique induit par l'activité humaine rend plus aigus les phénomènes météorologiques extrêmes.
"Dès que le soleil nous tape dessus, on a envie de mourir. Et dans le camion, c'est (...) l'horreur, vraiment l'horreur", a témoigné à Madrid Valentín Fernández, un employé âgé de 54 ans d'une entreprise de déménagement, la chemise trempée de sueur.
"Pour nous, ces jours-ci, c'est galère. On n'a pas le choix. C'est notre boulot. Si tu ne travailles pas, tu ne manges pas. C'est comme ça".
Actuellement, une poche d'air très froid installée en altitude au large du Portugal "sert de pompe à chaleur" et fait remonter de l'air chaud d'Afrique du Nord, cependant qu'un anticyclone relativement stable aggrave la situation, explique à l'AFP Sébastien Léas, de Météo-France.
Dans ce contexte, les personnes les plus fragiles peuvent se trouver en danger de mort faute de "mesures adaptées", a mis en garde mardi à Genève la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).
- Record battu en France -
A Londres, qui accueille un millier d'événements autour du climat cette semaine et qui sera en alerte rouge à partir de mercredi, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a justement exhorté le monde à agir avec "beaucoup plus d'urgence".
Il a tout particulièrement visé les patrons des grandes entreprises d'intelligence artificielle. "Nous ne pouvons pas miser davantage sur un système fondé sur les combustibles fossiles qui alimente à la fois la crise climatique et la crise énergétique", a-t-il tonné.
En attendant, la canicule gagne du terrain en Europe.
En France, dont plus de 90% de la population est exposée à de très fortes chaleurs, la moyenne des températures diurnes et nocturnes dans 30 stations de référence a atteint mardi 29,8°C, selon Météo-France. Soit plus que les précédents records du 25 juillet 2019 et du 5 août 2003 (29,4°C) établis depuis le début des mesures en 1947.
Un maximum de 44,3°C a été relevé à Pissos, dans les Landes (sud-ouest).
"Cette vague de chaleur sera tout à fait comparable en sévérité avec celle d'août 2003. Elle devrait la dépasser en termes d'intensité maximum. L'incertitude demeure sur la durée", a prévenu Météo-France.
Le tout accompagné de désorganisations au travail, dans l'enseignement ou dans les transports. Et jusqu'à la tour Eiffel qui a annoncé fermer mardi dès 16H00 (14H00 GMT), au lieu de 00H45 (22H45 GMT) habituellement, et au musée du Louvre, qui avance aussi son heure de fermeture à 16H00, de mercredi à samedi.
Sans parler du Mont Saint-Michel, un autre lieu emblématique, situé en Normandie, qui conseille de reporter les visites à l'après-canicule.
Une centrale nucléaire a même été arrêtée en France.
Recherchant la fraîcheur, certains s'aventurent dans des zones de baignade non surveillée et 40 personnes, "essentiellement des jeunes", sont mortes par noyade depuis le 18 juin, a déploré le gouvernement français.
À Carpentras dans le sud-est de la France, deux enfants de deux et quatre ans ont été découverts sans vie lundi dans la voiture familiale et, la veille, trois personnes âgées avaient péri chez elles dans le sud-ouest.
- Record attendu en Angleterre -
Une grande partie du reste de l'Europe étouffe aussi.
En Italie, une alerte rouge a été décrétée dans 15 villes, dont Rome et Milan.
Plusieurs régions ont imposé des restrictions, entre 12h30 et 16h, pour protéger les personnes travaillant en plein air, en particulier dans les exploitations agricoles et sur les chantiers, comme en France où ces derniers doivent désormais être arrêtés à la mi-journée dans plusieurs départements.
En Slovénie, la compagnie nationale des chemins de fer a réduit la vitesse maximale des trains sur des tronçons de plusieurs lignes entre 12h et 19h en raison des risques de dommages sur les rails du fait de la chaleur.
La quasi-totalité de l'Espagne est en alerte chaleur mardi, voire en alerte rouge pour quelques zones en Andalousie (sud), au Pays Basque et en Cantabrie (nord).
Plus de 100 stations de l'Agence météorologique nationale (Aemet) ont relevé des températures supérieures à 40°C. La côte d'Almería en Andalousie n'est pas descendue en-dessous des 30°C pour le troisième jour consécutif.
Fait extrêmement rare, une alerte rouge a été émise pour mercredi et jeudi dans une partie du sud du territoire britannique, y compris à Londres.
Le thermomètre pourrait y grimper jusqu'à 40° C et il est donc désormais "très probable que le record actuel de la température la plus haute jamais enregistrée au Royaume-Uni en juin soit battu", soit 35,6°C à Southampton en juin 1976 et à Camden Square en juin 1957.
Par précaution, des centaines d'écoles anglaises ont fermé plus tôt mardi et d'autres resteront closes jusqu'à jeudi.
B.Gopalan--DT