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La mort du chef de l'organisation criminelle vénézuélienne Tren de Aragua, tué lors d'une opération menée conjointement par les Etats-Unis et le Venezuela, est un avertissement "clair" adressé aux narco-terroristes, selon un responsable du Pentagone samedi.
La mort de Hector Rusthenford Guerrero Flores, alias Niño Guerrero ("enfant guerrier"), qui était à la tête de l'une des principales organisations criminelles d'Amérique latine, a été annoncée vendredi par Washington puis Caracas.
Elle envoie un "message clair à l'Amérique latine. Il n'y a aucun refuge pour les narco-terroristes" sur le continent américain, a déclaré samedi Patrick Weaver, un responsable du Pentagone sur X.
L'opération, menée dans le sud du Venezuela, constitue un nouvel exemple du rapprochement entre les deux pays depuis la capture en janvier du président Nicolas Maduro par les forces américaines.
Des "structures du crime organisé" ont été démantelées et Niño Guerrero "neutralisé", avait indiqué vendredi le ministère vénézuélien des Communications dans un communiqué, confirmant l'annonce faite plus tôt par Donald Trump.
- "Etroite coordination" -
Le Tren de Aragua, considéré par les Etats-Unis comme une organisation terroriste, s'est formé en 2014 dans l'État vénézuélien d'Aragua, situé à l'ouest de la capitale Caracas. Selon des rapports du renseignement, il s'est ensuite étendu à huit pays d'Amérique du Sud.
"Le Commandement sud des Etats-Unis a mené une frappe rapide et létale pour éliminer Niño Guerrero, le tristement célèbre chef du Tren de Aragua", avait écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social. Il avait ajouté que l'opération avait été conduite "en étroite coordination" avec le Venezuela, désormais dirigé par la présidente par intérim Delcy Rodriguez.
"Les terroristes du Tren de Aragua n'ont plus de refuge au Venezuela ni ailleurs", a claironné le président américain, en accompagnant sa publication d'une vidéo de dix secondes montrant une vue aérienne d'un bâtiment au toit vert entouré de végétation, avant qu'une explosion ne provoque un épais nuage de fumée.
Niño Guerrero, qui était âgé de 42 ans, avait été inculpé par un tribunal à New York en 2025 en même temps que 69 autres membres présumés du Tren de Aragua pour avoir ordonné, dirigé et facilité des actes de terrorisme et des violences aux Etats‑Unis.
Le département d'Etat américain offrait une récompense de cinq millions de dollars pour tout renseignement qui aboutirait à sa capture.
- Discothèque en prison -
Il était "le cerveau derrière l'évolution du Tren de Aragua, qui est passé d'un gang de prisonniers vénézuélien à une organisation terroriste transnationale", avait déclaré le procureur fédéral Jay Clayton lors de l'annonce de l'acte d'accusation.
L'organisation est accusée de traite d'êtres humains, d'assassinats, d'enlèvements, de vols, de trafic de drogue, d'extorsion et même d'extraction minière illégale, tout en contrôlant aussi des activités légales avec pignon sur rue.
En septembre 2023, le gouvernement Maduro avait affirmé l'avoir "totalement démantelé" après la reprise en main par l'armée de la prison de Tocorón, contrôlée par le gang.
Selon un rapport du centre d'analyse Insight Crime de 2025, "Niño Guerrero" avait fait du Tren de Aragua "ce qu'il est aujourd'hui pendant son incarcération à Tocorón".
Sous sa direction, elle "est devenue l'une des prisons les plus tristement célèbres du pays, en grande partie à cause de la politique officieuse du gouvernement vénézuélien consistant à confier le contrôle de certaines prisons (...) à des chefs criminels connus sous le nom de pranes".
Toujours selon ce rapport, "cette liberté et les revenus criminels du gang ont permis la construction d'un zoo, d'une piscine, d'une aire de jeux, d'un restaurant et d'une discothèque à l'intérieur de la prison".
En mars, les Etats-Unis et le Venezuela ont repris leurs relations diplomatiques, rompues en 2019, et Washington est en train de réactiver son ambassade à Caracas.
En parallèle, Donald Trump assouplit graduellement les sanctions contre le Venezuela, qui a fait adopter de nouvelles lois sur les hydrocarbures et le secteur minier, ouvrant ces secteurs au privé dans un pays disposant des plus grandes réserves de pétrole au monde.
llb-atm-roc-cha/ph
C.Akbar--DT