Dubai Telegraph - Le plan « Riviera » pour Gaza

EUR -
AED 4.202616
AFN 72.094453
ALL 95.950395
AMD 432.17846
ANG 2.048479
AOA 1049.367706
ARS 1600.022322
AUD 1.630858
AWG 2.059827
AZN 1.945028
BAM 1.954789
BBD 2.308706
BDT 140.657283
BGN 1.956045
BHD 0.432099
BIF 3402.940745
BMD 1.144348
BND 1.466842
BOB 7.920905
BRL 6.149838
BSD 1.146307
BTN 105.807762
BWP 15.619993
BYN 3.391747
BYR 22429.228522
BZD 2.305308
CAD 1.567706
CDF 2582.794158
CHF 0.903612
CLF 0.026683
CLP 1053.590327
CNY 7.892115
CNH 7.8976
COP 4228.390203
CRC 539.323537
CUC 1.144348
CUP 30.325232
CVE 110.208506
CZK 24.450037
DJF 204.124472
DKK 7.472092
DOP 70.4239
DZD 151.598659
EGP 59.989607
ERN 17.165226
ETB 178.92658
FJD 2.541374
FKP 0.860295
GBP 0.863806
GEL 3.123775
GGP 0.860295
GHS 12.448564
GIP 0.860295
GMD 84.106574
GNF 10049.594928
GTQ 8.790494
GYD 239.81602
HKD 8.961025
HNL 30.342446
HRK 7.534276
HTG 150.297702
HUF 391.283042
IDR 19459.644439
ILS 3.592459
IMP 0.860295
INR 105.748949
IQD 1501.630247
IRR 1512513.881139
ISK 144.199443
JEP 0.860295
JMD 179.857803
JOD 0.811299
JPY 182.379955
KES 147.864781
KGS 100.072924
KHR 4596.603561
KMF 493.213819
KPW 1029.913492
KRW 1713.306969
KWD 0.351452
KYD 0.95521
KZT 561.172337
LAK 24562.301764
LBP 102647.333309
LKR 356.744012
LRD 209.762473
LSL 19.252247
LTL 3.378963
LVL 0.692205
LYD 7.314219
MAD 10.796119
MDL 19.996662
MGA 4759.560195
MKD 61.738788
MMK 2402.456928
MNT 4084.153335
MOP 9.240563
MRU 45.86229
MUR 53.487137
MVR 17.680052
MWK 1987.581143
MXN 20.464016
MYR 4.498459
MZN 73.135382
NAD 19.252331
NGN 1586.993511
NIO 42.178379
NOK 11.140546
NPR 169.292219
NZD 1.968211
OMR 0.439998
PAB 1.146207
PEN 3.952956
PGK 5.012409
PHP 68.50012
PKR 320.063733
PLN 4.270296
PYG 7395.176836
QAR 4.166864
RON 5.094415
RSD 117.434143
RUB 92.542735
RWF 1672.742533
SAR 4.294458
SBD 9.21397
SCR 16.415072
SDG 687.753669
SEK 10.779047
SGD 1.465979
SHP 0.858558
SLE 28.093563
SLL 23996.426035
SOS 653.96477
SRD 42.967959
STD 23685.701325
STN 24.487341
SVC 10.029859
SYP 126.479084
SZL 19.24605
THB 37.224569
TJS 10.986968
TMT 4.005219
TND 3.389962
TOP 2.755316
TRY 50.566698
TTD 7.774015
TWD 36.651763
TZS 2981.027425
UAH 50.548988
UGX 4309.771931
USD 1.144348
UYU 46.046396
UZS 13840.784107
VES 506.608327
VND 30087.780148
VUV 135.32294
WST 3.130039
XAF 655.620921
XAG 0.014533
XAU 0.00023
XCD 3.092659
XCG 2.065841
XDR 0.815382
XOF 655.618058
XPF 119.331742
YER 272.984009
ZAR 19.317785
ZMK 10300.512291
ZMW 22.311465
ZWL 368.479716
  • AEX

    1.5000

    1003.05

    +0.15%

  • BEL20

    -20.9500

    5088.62

    -0.41%

  • PX1

    -30.0600

    7881.77

    -0.38%

  • ISEQ

    -118.9700

    12274.23

    -0.96%

  • OSEBX

    11.2900

    1957.2

    +0.58%

  • PSI20

    -23.7700

    9120.18

    -0.26%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -21.0100

    3730.06

    -0.56%

  • N150

    -10.7800

    3837.59

    -0.28%


Le plan « Riviera » pour Gaza




Au début de septembre 2025, un document programmatique de 38 pages détaillant une vision dite de « reconstitution » de la bande de Gaza circule au sein de l’administration américaine. Il propose de placer le territoire sous une tutelle dirigée par les États‑Unis pour au moins une décennie, avec un objectif affiché : transformer Gaza en pôle touristique et technologique — une « Riviera » assortie de villes intelligentes, d’îles artificielles et d’une zone économique spéciale. Le projet, qui s’inspire de logiques de méga‑infrastructures régionales, déclenche une controverse immédiate, sur fond de crise humanitaire et de combats persistants.

Un prospectus de 38 pages et une tutelle américaine
Le texte, baptisé « GREAT Trust » (Gaza Reconstitution, Economic Acceleration and Transformation), décrit une gouvernance transitoire sous forme de « custodian‑ship » conduite par Washington, d’abord via un accord bilatéral avec Israël, avant une possible extension multilatérale. Israël conserverait un droit de regard sécuritaire « supérieur », tandis que l’autorité administrative quotidienne serait progressivement transférée à la structure de tutelle, dans l’attente d’une entité palestinienne « réformée ».

Relocalisation « volontaire » et incitations financières
Le cœur du dispositif réside dans la « relocalisation volontaire » de la population de Gaza, présentée comme temporaire ou durable. Des incitations financières individuelles sont prévues (versements en espèces, aides au loyer sur plusieurs années, subventions alimentaires), parallèlement à la création de zones de transition humanitaire pour les personnes restant sur place. Les auteurs du plan vont jusqu’à chiffrer des « économies » budgétaires liées à chaque point de pourcentage de population quittant la bande.

Un urbanisme de rupture : villes IA, anneaux routiers et îles
Sur le plan spatial, le document projette 6 à 8 « villes intelligentes » alimentées par des systèmes numériques d’identification et des services gérés par l’IA, reliées par un anneau autoroutier et un tramway. Il inclut la réhabilitation d’un port (prolongement d’al‑Arich), un petit aéroport à Dahaniya, des usines de dessalement et d’énergie solaire dans le Sinaï, ainsi que des stations‑data présentées comme « sanctuarisées ». Une « Riviera » de resorts s’étendrait sur le littoral et sur des îles artificielles inspirées de projets déjà visibles dans le Golfe. Une zone industrielle dite « Elon Musk Smart Manufacturing Zone » est même esquissée le long de la frontière.

Tokenisation foncière et promesse de rendement
Le financement se veut « innovant » : constitution d’un « land trust » agrégeant des terres publiques (baux de 25 à 99 ans) et des apports privés volontaires, puis « tokenisation » des droits fonciers. Les propriétaires recevraient des « tokens » échangeables contre des logements reconstruits. Le prospectus avance un cadrage macroéconomique ambitieux : 70 à 100 milliards de dollars d’investissements publics déclenchant des apports privés complémentaires, un portefeuille d’actifs de plus de 300 milliards à terme, un retour global présenté comme largement positif sur dix ans, et jusqu’à un million d’emplois directs et indirects.

Dispositif humanitaire parallèle
Avant et pendant la reconstruction, une fondation humanitaire dédiée serait chargée d’acheminer l’aide et d’héberger la population dans des complexes sécurisés, en coordination avec des ONG partenaires. Ce maillage logistique et sécuritaire, dissocié de toute présence de groupes armés, doit, selon les promoteurs du projet, « dérisquer » l’intervention, accélérer la distribution et stabiliser les flux de personnes.

Obstacles massifs et risques juridiques
Sur le terrain, le plan reconnaît lui‑même l’ampleur des opérations préalables : déminage d’un territoire saturé d’engins non explosés, déblaiement intégral des gravats en plusieurs années, rétablissement des réseaux d’eau et d’électricité, reconstruction d’hôpitaux et d’écoles. Au‑delà de ces défis, des juristes alertent sur la ligne de crête entre « relocalisation volontaire » et transfert forcé de population — un point cardinal du droit international humanitaire. Le défaut d’accord explicite et durable des habitants, l’absence de garantie de retour effectif et la mise sous tutelle externe sans horizon politique clair sont régulièrement identifiés comme des sources de contentieux majeurs.

Qui pilote, qui paie, qui gagne ?
Le montage repose sur des partenariats public‑privé, la mobilisation d’investisseurs états‑uniens et régionaux, et la promesse de rendements élevés. Des prestataires privés — y compris dans les fonctions de sécurité et d’ingénierie — sont mentionnés par diverses versions de travail. L’architecture financière prévoit aussi l’émission d’actifs numériques, la constitution d’un « fonds de richesse » au profit de futurs résidents, et un usage intensif des chaînes logistiques régionales (corridor IMEC, interconnexions avec l’Égypte, Israël et les pays du Golfe). Les promoteurs avancent que le projet ne pèserait pas sur le contribuable américain ; ses détracteurs y voient au contraire un « produit d’investissement » grevé de risques politiques et éthiques majeurs.

Conjoncture défavorable
La séquence s’inscrit alors que les opérations militaires se sont encore intensifiées autour de Gaza‑Ville et que de nouvelles évacuations massives ont été ordonnées, aggravant une crise humanitaire qualifiée d’extrême par plusieurs instances. Dans ces conditions, la faisabilité d’une reconstruction‑choc, sécurisée et rentable, paraît incertaine : accès humanitaire, sécurité des chantiers, acceptabilité sociale et reconnaissance internationale constituent autant de verrous.

Zones d’ombre
Plusieurs inconnues structurantes demeurent : consentement réel des populations concernées ; place des autorités palestiniennes dans la chaîne de décision ; garanties de retour pour les déplacés ; articulation avec un horizon politique (État, autonomie, autre) ; gouvernance et contrôle démocratique d’une tutelle conduite par une puissance extérieure ; et, enfin, compatibilité d’un schéma de « ville futuriste » avec le droit, l’histoire et l’identité d’un territoire éprouvé par des décennies de blocus et de guerre.
Dans l’immédiat, la bataille se joue moins sur des rendus architecturaux spectaculaires que sur une question simple et lourde : qui décide de l’avenir de Gaza — et sur quel mandat ?