Dubai Telegraph - A Belchite, les plaies à vif de la Guerre civile espagnole

EUR -
AED 4.172873
AFN 72.076362
ALL 94.0669
AMD 418.709391
ANG 2.03434
AOA 1041.938723
ARS 1671.414845
AUD 1.64621
AWG 2.046665
AZN 1.936079
BAM 1.953045
BBD 2.292956
BDT 139.862717
BGN 1.921258
BHD 0.428299
BIF 3391.698103
BMD 1.136247
BND 1.47482
BOB 7.883879
BRL 5.909052
BSD 1.138489
BTN 107.789957
BWP 15.481163
BYN 3.19749
BYR 22270.446507
BZD 2.28967
CAD 1.616118
CDF 2578.145366
CHF 0.921474
CLF 0.026386
CLP 1038.495434
CNY 7.715687
CNH 7.727248
COP 3898.248499
CRC 516.464685
CUC 1.136247
CUP 30.110553
CVE 110.642058
CZK 24.223628
DJF 201.933766
DKK 7.475195
DOP 66.527371
DZD 151.883334
EGP 56.498078
ERN 17.043709
ETB 183.544295
FJD 2.551727
FKP 0.857729
GBP 0.86152
GEL 3.005364
GGP 0.857729
GHS 12.754367
GIP 0.857729
GMD 82.378909
GNF 9970.569526
GTQ 8.685748
GYD 238.18403
HKD 8.909093
HNL 30.459901
HRK 7.528728
HTG 148.85004
HUF 355.749923
IDR 20409.273477
ILS 3.40456
IMP 0.857729
INR 107.837253
IQD 1491.396317
IRR 1562396.809631
ISK 144.008305
JEP 0.857729
JMD 179.206432
JOD 0.805633
JPY 183.581768
KES 147.030109
KGS 99.364989
KHR 4556.351893
KMF 489.722269
KPW 1022.622941
KRW 1746.843902
KWD 0.351078
KYD 0.948762
KZT 553.788855
LAK 25211.438102
LBP 101949.894966
LKR 380.902719
LRD 207.197738
LSL 18.773719
LTL 3.355043
LVL 0.687305
LYD 7.305663
MAD 10.65547
MDL 20.042729
MGA 4756.291032
MKD 61.572239
MMK 2385.423174
MNT 4066.628999
MOP 9.193932
MRU 45.218824
MUR 54.494347
MVR 17.566329
MWK 1974.106744
MXN 19.979602
MYR 4.709749
MZN 72.606431
NAD 18.773719
NGN 1557.230472
NIO 41.890911
NOK 11.16101
NPR 172.462974
NZD 2.010652
OMR 0.436919
PAB 1.138494
PEN 3.853764
PGK 4.992979
PHP 69.99053
PKR 316.636769
PLN 4.283027
PYG 6940.180016
QAR 4.150146
RON 5.244466
RSD 117.395933
RUB 84.647144
RWF 1669.537693
SAR 4.266939
SBD 9.16388
SCR 16.890326
SDG 682.311463
SEK 11.086995
SGD 1.474468
SHP 0.848323
SLE 28.122113
SLL 23826.541308
SOS 650.679323
SRD 42.589967
STD 23518.024431
STN 24.464308
SVC 9.961948
SYP 125.591794
SZL 18.767528
THB 37.944928
TJS 10.559306
TMT 3.988228
TND 3.369947
TOP 2.735811
TRY 52.822087
TTD 7.730096
TWD 36.03151
TZS 2982.652481
UAH 51.104714
UGX 4167.122082
USD 1.136247
UYU 45.665587
UZS 13678.705554
VES 700.911485
VND 29917.390639
VUV 134.939051
WST 3.131867
XAF 655.030167
XAG 0.0186
XAU 0.00028
XCD 3.070765
XCG 2.051806
XDR 0.814651
XOF 655.030167
XPF 119.331742
YER 271.165744
ZAR 18.856
ZMK 10227.580477
ZMW 20.423192
ZWL 365.871158
  • AEX

    -17.3300

    1065.63

    -1.6%

  • BEL20

    7.4200

    5713.05

    +0.13%

  • PX1

    -59.6400

    8340.71

    -0.71%

  • ISEQ

    -156.2900

    13798.29

    -1.12%

  • OSEBX

    -1.7500

    1944.97

    -0.09%

  • PSI20

    -31.1700

    9136.73

    -0.34%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    80.6600

    4417.44

    +1.86%

  • N150

    -34.2900

    4198.92

    -0.81%

A Belchite, les plaies à vif de la Guerre civile espagnole
A Belchite, les plaies à vif de la Guerre civile espagnole / Photo: CESAR MANSO - AFP

A Belchite, les plaies à vif de la Guerre civile espagnole

Comme beaucoup de villages espagnols, Belchite a vécu l'horreur de la Guerre civile (1936-1939). Mais aucun autre ne garde des stigmates aussi visibles que cette commune-martyre avec ses rues en ruines et ses fosses communes.

Taille du texte:

"Ici, nous avons trouvé des hommes, des femmes et un enfant", accroché à sa mère, souffle Ignacio Lorenzo, archéologue de 70 ans, en exhumant méticuleusement les derniers squelettes d'une fosse commune ouverte ces derniers mois dans le cimetière de ce village d'Aragon (nord).

"Leur crime était d'avoir voté pour des partis de gauche ou d'être syndiqués", poursuit-il.

Une répression "systématique de la population" par le camp nationaliste du général Franco qui s'est soldée, selon les témoignages de survivants, par l'exécution au début du conflit de 350 personnes dans cette commune comptant alors 3.000 habitants.

Les grands-parents du célèbre chanteur espagnol Joan Manuel Serrat en faisaient partie.

Ignacio Lorenzo et son équipe ont retrouvé jusqu'ici plus de 90 disparus républicains dans le cimetière, certains les mains et les pieds liés, d'autres avec des signes de torture. D'autres pourraient avoir été enterrés, selon lui, sous des caveaux construits après la Guerre civile, ce qui les rend désormais inaccessibles.

Selon l'historien britannique Paul Preston, auteur de "L’holocauste espagnol", 200.000 personnes ont été exécutées à l'arrière du front pendant ce conflit: 150.000 en zone franquiste et 50.000 en zone républicaine.

Et "il y a encore 114.000 disparus", majoritairement républicains, a rappelé mardi le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, en défendant son projet de loi de "mémoire démocratique" qui doit être voté en première lecture jeudi par les députés et qui fait pour la première fois de la recherche des disparus une "responsabilité d'Etat".

Selon M. Sanchez, l'Espagne est "après le Cambodge, le pays au monde comptant le plus de disparus".

- Frontière physique et mentale -

Passée aux mains des troupes de Franco peu de temps après son coup d'Etat de 1936, Belchite fut reprise par les républicains un an plus tard à l'issue d'une bataille ayant fait plus de 5.000 morts et détruit entièrement le village.

Un siège de deux semaines suivi de représailles républicaines, dont témoignent des inscriptions sur des stèles funéraires du cimetière: "assassiné par les rouges", "assassiné par les ennemis de Dieu et de l'Espagne".

Après sa victoire définitive en 1939, Franco décide de conserver les ruines en l'état, pour en faire un élément de propagande anti-républicaine et fait construire un nouveau village juste à côté.

Les deux Belchite sont séparés par une porte qui n'est ouverte que lors des visites guidées et qui marque une frontière physique et mentale.

"Une rupture a eu lieu après la Guerre civile, le passé a été laissé là" dans l'ancien village, explique Mari Angeles Lafoz, conseillère municipale socialiste.

Né dans le "Vieux Belchite" en 1946, dans l'une des rares maisons encore debout, Domingo Serrano, maire du village de 1983 à 2003, s'est efforcé au cours de son mandat de sauvegarder ce qui restait de l'ancien village. Mais sans réels moyens.

"On l'a laissé péricliter (...) comme si l'on avait pensé que c'était mieux de l'oublier", regrette l'ancien maire, pour lequel les sept millions d'euros récemment promis par le gouvernement de gauche pour un projet restant à définir, arrivent avec "40 ans de retard".

- Le passé, question "sensible" -

Belchite est une "Pompéi espagnole", visitée par 40.000 personnes en 2019 avant la pandémie, explique l'archéologue Alfonso Fanjul, 48 ans, car elle est restée figée comme la ville romaine ensevelie en l'an 79 par l'éruption du Vésuve.

Président de l'Association espagnole d'archéologie militaire, il dirige une équipe de bénévoles du monde entier qui nettoie et remet en état les pavés d'origine du vieux village.

"C'est vraiment l'un des rares endroits au monde qui vous rappelle aussi crûment" ce qui s'est passé entre ses murs, insiste l'une des bénévoles, Ellie Tornquist, étudiante américaine de 24 ans originaire de Chicago.

Si le passé est omniprésent à Belchite, il est surtout difficile à digérer comme dans d'autres parties du pays où après la guerre, victimes, bourreaux et leurs descendants ont parfois continué à vivre côte à côte.

La mémoire de la Guerre civile divise toujours vivement l'Espagne, la gauche souhaitant réhabiliter les victimes républicaines tandis que la droite l'accuse de vouloir rouvrir les blessures du passé.

La Guerre civile est "une question très sensible", admet le maire Carmelo Pérez, élu du Parti populaire (droite). Mais "Belchite est un lieu unique en Espagne" auquel "nous pouvons" encore "rendre sa dignité" et en faire un lieu de paix, insiste-t-il.

S.Mohideen--DT