Dubai Telegraph - Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français

EUR -
AED 4.256956
AFN 73.025715
ALL 95.949476
AMD 436.297619
ANG 2.074964
AOA 1062.93451
ARS 1612.94327
AUD 1.652435
AWG 2.089356
AZN 1.967595
BAM 1.955789
BBD 2.330587
BDT 141.989225
BGN 1.981335
BHD 0.437098
BIF 3425.18131
BMD 1.159144
BND 1.479892
BOB 7.995956
BRL 6.158991
BSD 1.157194
BTN 108.18041
BWP 15.778914
BYN 3.510781
BYR 22719.216032
BZD 2.327287
CAD 1.590438
CDF 2637.051746
CHF 0.913915
CLF 0.027244
CLP 1075.743011
CNY 7.982325
CNH 8.005156
COP 4253.376791
CRC 540.497051
CUC 1.159144
CUP 30.717307
CVE 110.264398
CZK 24.533102
DJF 206.058876
DKK 7.485174
DOP 68.689625
DZD 153.294405
EGP 59.995673
ERN 17.387155
ETB 182.369105
FJD 2.566866
FKP 0.868886
GBP 0.868988
GEL 3.147122
GGP 0.868886
GHS 12.613931
GIP 0.868886
GMD 85.195634
GNF 10142.944655
GTQ 8.863952
GYD 242.098679
HKD 9.082181
HNL 30.628833
HRK 7.547526
HTG 151.809172
HUF 393.825438
IDR 19654.671984
ILS 3.603923
IMP 0.868886
INR 108.971735
IQD 1515.891728
IRR 1524998.397107
ISK 144.047075
JEP 0.868886
JMD 181.799008
JOD 0.821884
JPY 184.582318
KES 149.909182
KGS 101.364683
KHR 4623.974769
KMF 494.9542
KPW 1043.263627
KRW 1744.871088
KWD 0.355359
KYD 0.964295
KZT 556.326964
LAK 24848.864411
LBP 103633.234522
LKR 360.97803
LRD 211.758845
LSL 19.520593
LTL 3.42265
LVL 0.701154
LYD 7.40796
MAD 10.813041
MDL 20.15189
MGA 4824.973672
MKD 61.639664
MMK 2432.829233
MNT 4136.032637
MOP 9.340449
MRU 46.320747
MUR 53.912042
MVR 17.920267
MWK 2006.589051
MXN 20.785187
MYR 4.565818
MZN 74.068653
NAD 19.520593
NGN 1572.088888
NIO 42.579768
NOK 11.082828
NPR 173.089056
NZD 1.98507
OMR 0.445687
PAB 1.157194
PEN 4.000678
PGK 4.994973
PHP 69.722594
PKR 323.078037
PLN 4.286287
PYG 7557.95876
QAR 4.231477
RON 5.101971
RSD 117.449359
RUB 96.003076
RWF 1683.690813
SAR 4.352186
SBD 9.333031
SCR 15.877613
SDG 696.645486
SEK 10.817726
SGD 1.4866
SHP 0.869658
SLE 28.485998
SLL 24306.675843
SOS 661.296392
SRD 43.453394
STD 23991.933773
STN 24.499866
SVC 10.124945
SYP 128.330276
SZL 19.526893
THB 38.14515
TJS 11.114439
TMT 4.068594
TND 3.417581
TOP 2.790939
TRY 51.295008
TTD 7.850957
TWD 37.135139
TZS 3008.583584
UAH 50.692923
UGX 4373.976133
USD 1.159144
UYU 46.629746
UZS 14107.92302
VES 527.051768
VND 30499.388379
VUV 137.76417
WST 3.161925
XAF 655.953421
XAG 0.017051
XAU 0.000258
XCD 3.132643
XCG 2.085489
XDR 0.815796
XOF 655.953421
XPF 119.331742
YER 276.574852
ZAR 19.764849
ZMK 10433.68695
ZMW 22.593877
ZWL 373.24379
  • AEX

    -16.0300

    961.62

    -1.64%

  • BEL20

    -88.0900

    4916.79

    -1.76%

  • PX1

    -142.1000

    7665.62

    -1.82%

  • ISEQ

    -203.0200

    11881.24

    -1.68%

  • OSEBX

    -31.9800

    1966.5

    -1.6%

  • PSI20

    -190.5700

    8756.26

    -2.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -27.8400

    3634.93

    -0.76%

  • N150

    -58.3500

    3755.58

    -1.53%

Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français
Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français / Photo: JOEL SAGET - AFP/Archives

Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français

Anthropologue à l'université Paris-Cité, ancienne membre du conseil scientifique créé pendant la pandémie de Covid-19, Laëtitia Atlani-Duault travaille sur l'impact de diverses crises sur les mémoires.

Taille du texte:

Dans son livre "Covid-19 Ad Memoriam, Fragments pour les mémoires" (La Documentation française), elle éclaire plusieurs traces d'un "moment de basculement" par des témoignages anonymes récoltés de 2020 à 2024, des photographies d'objets quotidiens de l'ère Covid entrés au MuCem à Marseille, et des dessins de presse de Plantu.

Q. Vous évoquez des "traces profondes" du "moment de basculement individuel et collectif", voire de "rupture anthropologique", de la pandémie de Covid-19. Lesquelles vous paraissent significatives?

R. "Beaucoup ont perdu des proches, sans parfois pouvoir leur dire adieu ni voir une dernière fois leur visage, une expérience qui reste très marquante. Une naissance dans un pays confiné, des enfants à la maison avec des parents qui télétravaillent, des couples qui se déchirent, des familles séparées dans des pays différents, la douleur autour des Ehpad, et, parfois, le bonheur de cette période sont aussi dans les mémoires.

En même temps, la pandémie a accentué les lignes de fracture, comme le racontent les témoignages. Le virus, discriminant par nature, a frappé plus durement les plus vulnérables, en raison de leur âge, leurs conditions socio-économiques ou leurs origines étrangères. On voit également que les règles de gestion de crise, uniformes au nom de l’égalité, ont souvent aggravé des disparités existantes".

Q. La page Covid n'est pas vraiment refermée?

R. "Les effets de la crise ne sont pas tous derrière nous et nous vivons encore ses effets différés. Si nous avons appris à vivre avec le virus, si nos services hospitaliers ne sont plus débordés, si les principales mesures prises durant la pandémie font partie du passé, s’expriment encore des formes de désespérance et de souffrance sociale qui ne concernent pas que les familles endeuillées, voire de souffrance physique pour les personnes atteintes de Covid long.

Cette crise a laissé des marques profondes, elle a fait des morts, creusé les inégalités, sacrifié des étudiants, des professionnels et des malades, elle a parfois laissé un arrière-goût amer à tous ceux qui, applaudis tous les soirs au printemps 2020, se sont ensuite retrouvés rejetés dans l’anonymat et des conditions de travail plus difficiles qu’avant.

Il y a aussi un rapport aux vaccins affecté très fortement, une défiance plus forte dans les autorités".

Q. Pourquoi défendez-vous, à l'unisson d'associations et d'acteurs sanitaires, un devoir de mémoire pour la pandémie?

R. "Pour transmettre aux générations futures mais aussi tirer des enseignements pour se préparer aux crises à venir, pas seulement sanitaires. Les mémoires de la pandémie seront plurielles, mais l'important est d'imaginer collectivement des rituels de passage.

Depuis plusieurs années, des mairies ont organisé des hommages, tous les 17 mars. Pourquoi n'y a-t-il pas, du côté de l’État, de volonté d'une journée d'hommage inscrite au calendrier national, possiblement le 17 mars? Certains demandent des hommages aux victimes du Covid, d'autres aux endeuillés, d'autres encore aux soignants, ma proposition est d'un hommage à la société française tout entière. Ce serait une forme de contre-don du gouvernement, d'autant plus important qu'on parle beaucoup de défiance envers l’État et envers la science mais aussi de se préparer à d'autres crises majeures.

Plusieurs propositions de loi ont été déposées depuis 2021, sans succès, pour créer une journée d’hommage national inscrite au calendrier national. Une nouvelle, portée par un groupe transpartisan de députés et à laquelle j’ai contribué, vient d’être déposée le 11 mars pour relancer ce débat à l'Assemblée nationale.

Certaines mairies ont aussi créé des monuments en mémoire du Covid, mais il n'y a pas de lieu national. Comme il ne s’agit pas de tout attendre de l’État, je crée un lieu de mémoire de la pandémie: il ouvrira en septembre rue de l’École de médecine, au sein de l'université Paris-Cité, et sera un espace dédié avec des expositions permanentes et temporaires, des conférences et des événements".

Y.Sharma--DT