Dubai Telegraph - La Banque interaméricaine de développement (BID) s'inquiète du mauvais fléchage des aides aux plus pauvres

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La Banque interaméricaine de développement (BID) s'inquiète du mauvais fléchage des aides aux plus pauvres
La Banque interaméricaine de développement (BID) s'inquiète du mauvais fléchage des aides aux plus pauvres / Photo: Sergio Lima - AFP/Archives

La Banque interaméricaine de développement (BID) s'inquiète du mauvais fléchage des aides aux plus pauvres

La Banque interaméricaine de développement (BID) a ouvert jeudi à Panama son assemblée en s'inquiétant du mauvais fléchage des aides publiques destinées aux plus pauvres.

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L'économiste de la BID Ana Maria Ibanez a souligné lors du premier séminaire de l'assemblée la nécessité d'identifier de manière précise les populations qui ont le plus besoin d'aides publiques.

"Aujourd'hui, 40% des plus pauvres ne sont pas sur la liste des programmes d'aide dans nos pays", a-t-elle déploré en relevant qu'en revanche "beaucoup de personnes qui ne sont pas pauvres reçoivent (l'aide) des programmes" publics.

Le Brésilien Ilan Goldfajn, qui a pris ses fonctions à la tête de la BID en janvier, avait souligné mercredi en conférence de presse que le "défi à relever" est de répondre "à beaucoup de demandes sociales avec peu de ressources".

- Coup de froid -

L'assemblée "annuelle" de la BID, se réunit après trois années de suspension pour cause de pandémie et en pleine tourmente après la faillite de trois banques aux Etats-Unis et les craintes de contagion.

La faillite en quelques heures de la banque californienne Silicon Valley Bank (SVB) et de deux autres banques américaines la semaine dernière a jeté un froid qui s'est répandu outre-Atlantique.

Avant de se reprendre jeudi, les cours des banques européennes ont cédé mercredi à un mouvement de panique, entraînés par la chute de jusqu'à 30% de l'action du géant bancaire Credit Suisse.

Le coup de froid sur le secteur bancaire peut avoir des conséquences négatives pour les économies d'Amérique latine en freinant l'octroi de prêts et en renchérissant leur coût, relèvent les experts.

Si le président de la BID n'a pas mentionné dans son discours d'ouverture les turbulences dans le secteur bancaire, il avait prédit la veille devant les journalistes que la "conjoncture" sera au menu de cette assemblée des 48 gouverneurs de banques centrales du continent américain.

- ressources limitées -

"Il y a toujours des questions conjoncturelles. Nous sommes dans un moment où le coût de l'argent est en hausse dans le monde (...) et le coût de l'argent a toujours un impact" sur les économies, avait relevé M. Goldfajn.

Créée en 1959, la BID, dont le siège est à Washington, est l'une des principales institutions de financement à long terme pour les pays d'Amérique latine et des Caraïbes.

Les Etats-Unis, l'Argentine et le Brésil disposent à eux trois de près de 53% des droits de vote.

Les gouverneurs du continent tiendront samedi et dimanche des réunions à huis clos après deux jours de séminaires avec des experts sur les thématiques de la sécurité alimentaire, des investissements nécessaires pour réduire la pauvreté, des infrastructures pour le développement, de la collaboration entre public et privé, de la protection de la biodiversité et de la lutte contre le changement climatique.

"Les citoyens veulent de meilleurs résultats, moins de pauvreté, plus d'égalité, plus d'éducation, plus de santé", mais "les pays ont des ressources limitées. Que ce soit en raison de la dette, du déficit public, (les ressources budgétaires) ne sont jamais infinies", a dit M. Goldfajn. "Il faut créer des ressources, mais pour cela il faut de la croissance", a-t-il fait valoir.

Les turbulences dans le secteur bancaire arrivent à un très mauvais moment pour l'Amérique latine et les Caraïbes. La dette totale de la région a explosé pour atteindre 5.800 milliards de dollars (contre 3.000 milliards en 2008), soit 117% du PIB de la région, s'inquiète la BID.

Au cours des 20 dernières années, la région a connu une croissance 12 fois inférieure à celle des pays asiatiques émergents, déplore le président de la BID. Ses économies se sont même contractées au cours des cinq années qui ont précédé la pandémie de coronavirus, alors que la croissance était de mise pratiquement partout ailleurs dans le monde, a-t-il souligné.

A.El-Ahbaby--DT