Dubai Telegraph - Pour la rhubarbe forcée, qui pousse dans le noir, le printemps arrive en janvier

EUR -
AED 4.178755
AFN 72.822412
ALL 91.838311
AMD 414.626955
ANG 2.037168
AOA 1044.54648
ARS 1734.921684
AUD 1.620778
AWG 2.048131
AZN 1.935159
BAM 1.954504
BBD 2.294059
BDT 140.157086
BGN 1.915505
BHD 0.429406
BIF 3430.550429
BMD 1.137851
BND 1.455203
BOB 13.958808
BRL 5.900439
BSD 1.138935
BTN 109.07261
BWP 15.509582
BYN 3.441288
BYR 22301.873531
BZD 2.290761
CAD 1.61056
CDF 2662.570312
CHF 0.945708
CLF 0.027709
CLP 1094.100142
CNY 7.638676
CNH 7.64015
COP 3760.312069
CRC 517.84533
CUC 1.137851
CUP 27.337799
CVE 110.119899
CZK 24.38249
DJF 202.823761
DKK 7.475395
DOP 67.73361
DZD 152.221654
EGP 58.862588
ERN 17.06776
ETB 184.769452
FJD 2.545606
FKP 0.858868
GBP 0.859589
GEL 2.97548
GGP 0.858868
GHS 13.229288
GIP 0.858868
GMD 83.63506
GNF 10017.183287
GTQ 8.698387
GYD 238.313064
HKD 8.924624
HNL 30.570063
HRK 7.531315
HTG 149.059874
HUF 366.779304
IDR 20455.14186
ILS 3.472988
IMP 0.858868
INR 109.239922
IQD 1492.097738
IRR 1564359.80361
ISK 137.008873
JEP 0.858868
JMD 180.198958
JOD 0.806765
JPY 179.478314
KES 147.477176
KGS 99.502992
KHR 4631.888698
KMF 492.689799
KPW 1024.065983
KRW 1550.935678
KWD 0.35138
KYD 0.949162
KZT 504.245572
LAK 25547.839172
LBP 101996.087852
LKR 376.097118
LRD 195.913568
LSL 18.582918
LTL 3.359778
LVL 0.688275
LYD 7.282109
MAD 10.930102
MDL 20.21742
MGA 5028.622207
MKD 61.528804
MMK 2389.299296
MNT 4091.79201
MOP 9.202219
MRU 45.820618
MUR 54.014313
MVR 17.579594
MWK 1974.973384
MXN 20.206038
MYR 4.647668
MZN 72.720028
NAD 18.584387
NGN 1510.894962
NIO 41.911479
NOK 10.830975
NPR 174.509479
NZD 2.008585
OMR 0.4375
PAB 1.1382
PEN 3.866637
PGK 5.074502
PHP 71.109992
PKR 315.612699
PLN 4.374245
PYG 6713.490458
QAR 4.151766
RON 5.276098
RSD 117.392509
RUB 95.761103
RWF 1683.369258
SAR 4.273783
SBD 9.103388
SCR 15.851666
SDG 684.41638
SEK 11.310469
SGD 1.455135
SHP 0.859079
SLE 28.04769
SLL 23860.150813
SOS 650.96274
SRD 42.859989
STD 23551.211979
STN 24.46776
SVC 9.966305
SYP 14794.334965
SZL 18.578521
THB 38.2435
TJS 10.507419
TMT 3.993856
TND 3.37188
TOP 2.739671
TRY 55.73261
TTD 7.747409
TWD 36.169655
TZS 3009.598021
UAH 51.002641
UGX 4461.062253
USD 1.137851
UYU 45.630753
UZS 13480.063729
VES 969.939714
VND 29542.017473
VUV 134.040061
WST 3.124217
XAF 655.957
XAG 0.018429
XAU 0.000272149604
XCD 3.075098
XCG 2.052721
XDR 0.804519
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 269.272166
ZAR 18.658851
ZMK 10242.018811
ZMW 22.203743
ZWL 366.387458
SSP 6500.076631
MXV 2.288281
  • AEX

    5.1200

    1117.26

    +0.46%

  • BEL20

    26.2400

    5730.6

    +0.46%

  • PX1

    23.4200

    8100.42

    +0.29%

  • ISEQ

    81.9800

    14464.7

    +0.57%

  • OSEBX

    10.4100

    2093.18

    +0.5%

  • PSI20

    25.2300

    9730.1

    +0.26%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    43.8100

    4469.44

    +0.99%

  • N150

    13.9700

    4248.13

    +0.33%

Pour la rhubarbe forcée, qui pousse dans le noir, le printemps arrive en janvier
Pour la rhubarbe forcée, qui pousse dans le noir, le printemps arrive en janvier

Pour la rhubarbe forcée, qui pousse dans le noir, le printemps arrive en janvier

Dans la pénombre, Robert Tomlinson cueille des tiges de rhubarbe dite "forcée", à la lumière de la bougie. Depuis quatre générations, sa famille perpétue cette tradition dans le nord de l'Angleterre, malgré des menaces comme le réchauffement climatique.

Taille du texte:

Dans le hangar de la ferme familiale à Pudsey, près de Leeds, des centaines de plants d'un rose vif se dressent vers le plafond.

La température est d'environ 14 degrés et l'obscurité quasi totale.

Seul le craquement des pétioles (tiges) prélevés d'un geste expert et le vrombissement intermittent du chauffage viennent perturber le calme quasi religieux.

Avec cette douceur de l'air, "on leur fait croire que c'est le printemps" raconte Robert Tomlinson, 41 ans, slalomant entre ses plants de rhubarbe forcée qui bénéficient d'une appellation d'origine protégée (AOP).

L'obscurité a elle aussi une explication: "Comme il n'y a pas de lumière, la plante ne peut produire de chlorophylle et le sucre va dans la tige plutôt que dans la feuille donc vous avez des tiges plus tendres, plus sucrées".

Autre avantage: la rhubarbe forcée se récolte en hiver, à un moment où il y a peu de fruits et légumes frais.

Dans les étals, elle sera vendue plus cher que sa cousine poussée en plein air, qui ne sera pas cueillie avant le mois de mai.

Avant de passer quelques semaines à l'abri, la rhubarbe forcée est restée deux ans en plein champ.

Une fois à l'intérieur, les tiges grandissent en quelques semaines.

"On les entend littéralement pousser, ça fait comme des +pops+", décrit Robert Tomlinson, qui habite un coin du Yorkshire surnommé le "triangle de la rhubarbe" en raison de la concentration des producteurs.

- Redécouverte -

Son arrière-grand-père a commencé à faire pousser cette plante originaire d'Asie et de Russie à la fin des années 1880. Jusqu'aux années 1960, son goût acidulé était prisé des Britanniques. Puis elle est passée de mode et face à une faible demande, de nombreux producteurs ont jeté l'éponge.

Autrefois plus de 200, ils ne sont désormais plus qu'une dizaine.

Mais ces dernières années, des chefs ont redécouvert ce produit comme Tom Cenci, qui supervise l'approvisionnement à 26 Grains et Stoney street, deux restaurants londoniens.

"Le nombre de recettes est infini", décrit-il avant de faire revenir quelques morceaux dans le jus d'une orange, ajoutant du sucre et un peu de gingembre.

"Elle a un goût légèrement plus sucré" que la rhubarbe poussée en plein air qui peut être plus "filandreuse" compare ce chef. Il n'hésite pas à la marier avec du poisson ou du canard.

La rhubarbe forcée se décline aussi en boissons, du soda aromatisé au gin en passant par le vin effervescent ou le sirop.

Ce regain d'intérêt a permis à Robert Tomlinson de traverser la pandémie sans trop de dommages, malgré la fermeture un temps des restaurants.

Après l'avoir stockée dans des paquets rouge et jaune tamponnés du mot "Harbinger" (la variété cultivée), il envoie sa production "partout dans le pays" mais aussi à "Paris, Berlin, Zurich et même à New York", énumère le cultivateur avec fierté.

Si la demande a grimpé ces dernières années, le Brexit complique cependant ses exportations vers l'Europe, désormais plus chères.

La production demande par ailleurs "beaucoup de travail" et c'est "difficile de trouver des gens pour le faire", confie-t-il tout en empaquetant des tiges aidé seulement de son épouse Paula. Le weekend, leurs deux enfants de 13 et 14 ans leur donnent un coup de main.

Autre défi: le réchauffement climatique, cause d'hivers plus doux.

"Jadis, la saison commençait bien plus tôt qu'aujourd'hui. Le changement climatique l'a un peu décalé", explique Robert Tomlinson. C'est un problème "parce que (les plantes) ont besoin d'une période de froid à l'automne pour regagner en énergie avant que nous les mettions à l'abri".

Malgré ces aléas, le procédé reste le même depuis l'époque de son arrière-grand-père: "La manière de cultiver est quasi inchangée par rapport à cette époque car il n'y a pas d'autres façons de le faire. Donc je continuerai à cueillir à la lumière de la bougie, à la main".

G.Rehman--DT