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Les résultats exceptionnels de l'équipe de France de biathlon cette saison "m'obligent à continuer l'excellent travail" réalisé, affirme le nouvel entraîneur de tir tricolore Siegfried Mazet, de retour chez les Bleus après dix ans en Norvège.
Dans un entretien accordé à l'AFP et RMC sport, le Drômois de 48 ans dévoile les raisons qui l'ont poussé à rejoindre la France, dans la perspective des Jeux olympiques d'hiver dans les Alpes françaises en 2030, "à la maison".
QUESTION: C'est beaucoup d'émotions de revenir dans le giron français après dix ans d'une riche expérience en Norvège, avec l'objectif de Alpes 2030 ?
REPONSE: "Absolument, c'est l'une des raisons. Il y a eu cet engouement français pendant les quinze jours des Jeux de Paris. J'étais gamin en 1992 pendant les Jeux d'Albertville. Si tu as les JO à la maison, j'ai du mal à me voir dans un autre pays. Je voulais en être. Cette équipe de France a grandi, elle se renforce jour après jour par ses résultats. Le biathlon aujourd'hui en France est bien plus qu'une référence mondiale, avec sa densité. Je suis content d'en faire partie et de reprendre le flambeau. Pour l'instant, je ne sais pas si ça sera avec l'équipe masculine ou féminine. Les deux groupes m'intéressent mais je suis à leur disposition. Les résultats qu'il y a eu m'obligent aussi à continuer l'excellent travail qui a été fait".
Q: Vous revenez dans une équipe sacrément différente de celle que vous avez laissée en 2016...
R: "Exactement. A part Quentin Fillon Maillet que j'ai eu, ce n'est plus du tout l'équipe de France que j'ai quittée. Et justement c'est ce qui va être motivant. C'est devenu une écurie encore plus grosse avec cette densité d'athlètes qu'il y a à la fois chez les gars et chez les filles. Ca va être hyper intéressant pour moi parce que j'ai eu cette expérience avec la densité masculine chez les hommes en Norvège".
Q: L'équipe de France "connaît un pic" selon le président de la FFS. Est-ce que c'est une contrainte ou un défi supplémentaire ?
R: "Quand on gagne tout, il va y avoir de l'exigence en arrivant aux JO-2030 c'est sûr. Mais ça n'est pas contraignant, au contraire. La tâche sera ardue mais il y a quand même des athlètes qui sont expérimentés. Ils savent déjà ce qu'ils ont à faire".
Q: A quel point le Siegfried Mazet d'avant 2016 et d'après 2026 est différent ?
R: "Ces dix années en Norvège m'ont appris beaucoup de choses à la fois sur moi-même en tant que coach et dans ma façon de coacher. Je ne dirais pas que j'ai plus d'autorité mais que je sais encore mieux où je veux aller, je sais encore mieux ce que je veux pour des athlètes. J'ai coaché Johannes Boe dans des situations difficiles, quelqu'un qui était une star dans son pays, qui a une pression. Ca j'ai la prétention de dire que je connais. Je n'ai pas la prétention de dire que j'y arrive à chaque fois mais je sais ce qu'on doit faire en tant que coach dans ces moments-là. Ca va m'apporter beaucoup pour la période qui arrive".
Q: Ca va être un peu plus facile aussi de coacher en français ?
R: "Disons que ça va me coûter un peu moins d'énergie. Là-bas c'était en anglais puis en norvégien. Je ne pouvais pas tout dire parce qu'il me manquait du vocabulaire. Je ne pouvais pas être aussi précis que ce que j'aurais voulu avec le vocabulaire que j'avais à ma disposition. Mais c'était un très bon exercice aussi car ça permet d'aller à l'essentiel. C'est ce que je vais garder de ce point de vue là, avoir un discours simple qui percute tout de suite.
G.Gopalakrishnan--DT