Dubai Telegraph - Le Mondial-2026, point de bascule espéré pour le "soccer" aux Etats-Unis

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Le Mondial-2026, point de bascule espéré pour le "soccer" aux Etats-Unis
Le Mondial-2026, point de bascule espéré pour le "soccer" aux Etats-Unis / Photo: PATRICK HERTZOG - AFP/Archives

Le Mondial-2026, point de bascule espéré pour le "soccer" aux Etats-Unis

Lors de la première Coupe du monde aux Etats-Unis en 1994, peu d'Américains maitrisaient le "soccer". Le Mondial-2026, conjugué à un bon résultat de la "Team USA", doit être un point de bascule pour établir le championnat national MLS comme une place forte, estiment des experts.

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"On ne peut plus se contenter d'attentes minimales", assure Alexi Lalas, l'ancien défenseur barbu aux cheveux roux révélé lors du tournoi de 1994 et devenu commentateur pour la chaîne Fox Sports.

"Les infrastructures que nous avons construites depuis 1994 ont permis de former de meilleurs joueurs: tout résultat inférieur aux huitièmes de finale sera, au bout du compte, un échec", estime-t-il.

L'ancien milieu de terrain devenu consultant, Stu Holden, est plus ambitieux: "On s'attend à que ce groupe puisse atteindre les quarts de finale".

Depuis son premier Mondial en 1994, la sélection des Etats-Unis n'a atteint ce stade qu'une seule fois, en 2002.

Lors de la récente conférence "South by Southwest" à Austin, des personnalités du foot ont dressé le portrait d'un sport porté par une dynamique puissante mais encore à la traîne du reste du monde, même si beaucoup de choses ont changé en trois décennies.

Quand la Fifa a attribué la Coupe du monde 1994 aux États-Unis, c'était sous condition: les Américains devaient créer un championnat professionnel masculin de premier plan. C'était, à l'époque, un acte de foi, qui a été récompensé.

- 100 millions de passionnés -

En une trentaine d'années, la MLS a grandi et attiré des joueurs de renom: David Beckham, Thierry Henry, Zlatan Ibrahimovic, Son Heung-min, et bien sûr Lionel Messi, en 2023.

Cette année, plus de 387.000 personnes ont assisté aux matches de la première journée du Championnat, un record.

En parallèle, des internationaux américains se distinguent en Europe, comme Christian Pulisic à l'AC Milan, Weston McKennie à la Juventus, Folarin Balogun à Monaco...

"C'est en réalité le troisième sport le plus populaire aux Etats-Unis, devant le baseball", souligne Bettina Garibaldi, directrice marketing et de la communication du comité local d'organisation du Mondial pour New York/New Jersey.

"Il y a déjà 100 millions de personnes intéressées par le football aux États-Unis et environ 32 millions disent s'intéresser à Manchester City", rappelle Nuria Tarré, directrice marketing du club anglais et du City Football Group.

Pour son groupe, propriétaire du New York City FC, la conversion des fans — du téléspectateur occasionnel de la Coupe du monde au supporter encarté — est un enjeu commercial.

Cet été, "il y aura tout simplement plus de regards tournés vers le football, et probablement quelques nouveaux fans, dit-elle. "L'espoir de tous, dans l'écosystème, c'est de transformer ces nouveaux fans en supporters de clubs."

Pendant le Mondial-94, les Américains se sont intéressés à un sport longtemps ignoré. Des stades combles ont créé une onde d'enthousiasme qui s'est répandue dans les programmes de formation scolaires et universitaires.

- Une "usine" à Messi -

Cinq ans plus tard, le foot féminin, très en avance sur son homologue masculin, a offert quelque chose d'encore plus durable avec une deuxième Coupe du monde remportée par la Team USA - et surtout la première à domicile -, conclue par la célébration emblématique de Brandi Chastain.

L'image de la joueuse exultant à genou, en brassière après avoir enlevé son maillot fit la Une de Newsweek comme de Sports Illustrated. Un moment charnière de la culture populaire prouvant que le football pouvait captiver une nation.

Pour Carli Lloyd, double championne du monde qui sait ce qu'un tournoi à domicile peut apporter, "la mesure du succès de cette équipe (...) sera de voir à quel point elle inspirera le pays".

Mais l'enthousiasme et les attentes ont leurs limites et l'ancien international Jozy Altidore reste lucide.

"Les centres de formation à l'étranger sont de loin plus robustes", affirme-t-il, en citant la Masia du FC Barcelone: "c'est presque comme une usine: Messi quitte Barcelone, Yamal arrive. Ce n'est pas un hasard."

Même si plusieurs internationaux américains ont été formés aux Etats-Unis (McKennie et Tanner Tessmann au FC Dallas, Joe Scally au NYFC), les joueurs vedettes de Team USA l'ont été en Europe: Pulisic à Dortmund, Balogun à Arsenal, Timothy Weah au Paris SG.

Pour Jozy Altidore, il faut mettre en place une politique globale avec des investissements de base, notamment dédiés aux équipements et à la formation des entraîneurs, ainsi qu'une meilleure diffusion télévisée de la MLS.

Quant aux jeunes joueurs, ils doivent être mis au défi plutôt qu'être couvés: "c'est la seule façon de découvrir ce qui fait de vous un joueur spécial".

W.Darwish--DT