Dubai Telegraph - Pédocriminels : en Autriche, des familles face au mur du silence

EUR -
AED 4.229931
AFN 73.136344
ALL 94.043196
AMD 424.098629
ANG 2.062159
AOA 1056.766288
ARS 1654.812476
AUD 1.637547
AWG 2.073213
AZN 1.95705
BAM 1.940962
BBD 2.320957
BDT 141.459817
BGN 1.947531
BHD 0.434342
BIF 3444.988935
BMD 1.151785
BND 1.476314
BOB 7.991905
BRL 5.863508
BSD 1.15239
BTN 108.913395
BWP 15.440959
BYN 3.19041
BYR 22574.986
BZD 2.317682
CAD 1.624806
CDF 2672.141339
CHF 0.920293
CLF 0.025922
CLP 1020.204933
CNY 7.78313
CNH 7.790472
COP 3956.381475
CRC 524.887416
CUC 1.151785
CUP 30.522303
CVE 109.822789
CZK 23.959489
DJF 204.695076
DKK 7.41305
DOP 67.494536
DZD 153.048008
EGP 57.483513
ERN 17.276775
ETB 182.413974
FJD 2.572743
FKP 0.857074
GBP 0.865499
GEL 3.04647
GGP 0.857074
GHS 13.012521
GIP 0.857074
GMD 84.079942
GNF 10109.791704
GTQ 8.783926
GYD 241.057201
HKD 9.025755
HNL 30.749431
HRK 7.532904
HTG 150.499483
HUF 346.283748
IDR 20442.571251
ILS 3.383766
IMP 0.857074
INR 108.624265
IQD 1508.83835
IRR 1583704.374934
ISK 143.201465
JEP 0.857074
JMD 182.25671
JOD 0.816638
JPY 184.588518
KES 149.179398
KGS 100.723324
KHR 4621.529325
KMF 489.508408
KPW 1036.606903
KRW 1741.343426
KWD 0.354863
KYD 0.960358
KZT 561.978985
LAK 25373.823324
LBP 103142.346813
LKR 386.06204
LRD 209.797442
LSL 18.652994
LTL 3.400922
LVL 0.696703
LYD 7.342652
MAD 10.648272
MDL 20.109272
MGA 4837.496941
MKD 61.144393
MMK 2418.111518
MNT 4120.310224
MOP 9.297722
MRU 46.163595
MUR 54.283904
MVR 17.806878
MWK 1999.499056
MXN 19.892099
MYR 4.681781
MZN 73.601486
NAD 18.661125
NGN 1565.413627
NIO 42.166964
NOK 11.073029
NPR 174.260327
NZD 1.987875
OMR 0.442859
PAB 1.15239
PEN 3.930478
PGK 5.053745
PHP 69.536726
PKR 320.539677
PLN 4.201331
PYG 7032.240938
QAR 4.193076
RON 5.191137
RSD 116.412124
RUB 84.047533
RWF 1713.85608
SAR 4.321376
SBD 9.285027
SCR 16.257587
SDG 691.646113
SEK 10.925188
SGD 1.476623
SHP 0.859924
SLE 28.507014
SLL 24152.359778
SOS 658.253797
SRD 42.998468
STD 23839.624055
STN 24.648199
SVC 10.083006
SYP 127.309212
SZL 18.655324
THB 37.47275
TJS 10.682536
TMT 4.042765
TND 3.35371
TOP 2.773222
TRY 53.491481
TTD 7.828156
TWD 36.348609
TZS 3023.439046
UAH 51.610206
UGX 4263.407715
USD 1.151785
UYU 46.524738
UZS 13827.178761
VES 686.505781
VND 30321.89191
VUV 137.353615
WST 3.155562
XAF 650.980478
XAG 0.016647
XAU 0.000267
XCD 3.112757
XCG 2.076905
XDR 0.810508
XOF 650.758731
XPF 119.331742
YER 274.844725
ZAR 18.791079
ZMK 10367.437479
ZMW 20.368291
ZWL 370.8743
  • AEX

    -0.9700

    1081.68

    -0.09%

  • BEL20

    -15.4000

    5688.53

    -0.27%

  • PX1

    25.2900

    8455.75

    +0.3%

  • ISEQ

    -38.4700

    13699.09

    -0.28%

  • OSEBX

    0.5900

    1952.4

    +0.03%

  • PSI20

    -40.9100

    9050.22

    -0.45%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    122.0900

    4288.88

    +2.93%

  • N150

    -13.2600

    4263.27

    -0.31%

Pédocriminels : en Autriche, des familles face au mur du silence
Pédocriminels : en Autriche, des familles face au mur du silence / Photo: Joe Klamar - AFP

Pédocriminels : en Autriche, des familles face au mur du silence

Lorsque son fils Elias, âgé de trois ans, lui parle des violences sexuelles commises sur lui par son mari, un pédopsychiatre, l'assistante sociale autrichienne Alina porte plainte, pensant obtenir rapidement de l'aide.

Taille du texte:

Mais elle se heurte à un mur, apprenant à ses dépens qu'il est difficile de relayer la parole des enfants, face à celle d'adultes parfois puissants.

Son mari a mis fin à ses jours en 2003 après un autre témoignage de mineur en dehors de la cellule familiale et "malheureusement", dit-elle à l'AFP, "en se suicidant, c'est lui qui a protégé mon fils contre lui-même, personne d'autre".

Le témoignage d'Alina, qui tient à rester anonyme comme les autres personnes rencontrées pour cette enquête, est loin d'être unique en Autriche.

Les dernières révélations sur la pédocriminalité cachée du fondateur de la prestigieuse ONG de protection de l'enfance SOS-Kinderdorf, Hermann Gmeiner, y ont réveillé des souvenirs douloureux.

Le pays alpin prospère de 9,2 millions d'habitants connaît son lot de scandales longtemps étouffés.

Outre les violences dans l'église, il y a eu d'abord l'affaire du pédopsychiatre Franz Wurst, condamné en 2002 pour avoir fait assassiner son épouse par l'un des anciens garçons qu'il avait violés.

- Dans un tiroir -

Cette histoire d'un homme protégé par sa renommée avait inspiré à Elfriede Jelinek un livret d'opéra mettant les pieds dans le plat.

Mais toute prix Nobel de littérature qu'elle soit, l'écrivaine n'essuiera que des refus pour monter le projet de la part des responsables d'institutions culturelles.

Son oeuvre, pourtant achevée, repose dans un tiroir.

Autre traumatisme quatre ans plus tard : Natascha Kampusch, enlevée à dix ans et séquestrée huit ans et demi par son ravisseur, Wolfgang Priklopil. La victime déplore dans une biographie n'avoir pu compter que sur elle-même pour s'échapper.

En octobre dernier, il apparaît que Hermann Gmeiner, le bien-aimé fondateur de SOS-Kinderdorf, mort en 1986, avait été visé par des accusations de violences sexuelles entre les années 1950 et 1980. Des faits restés sous silence jusqu'à peu.

Plusieurs de ses collaborateurs sont aujourd'hui inquiétés.

Depuis, on déboulonne ses bustes, comme en novembre à Vienne, et on promet de débaptiser un parc de la capitale qui porte toujours son nom.

Mais comment tous ces enfants ont-ils pu être violentés, durant des décennies, sous la chape de plomb du silence?

Selon les documents de justice consultés par l'AFP dans deux affaires distinctes, le doute a profité au suspect, faute de preuves et d'aveux.

Comme dans le cas du petit Elias, dont la mère ne peut témoigner publiquement car elle s'exposerait à des poursuites en diffamation.

- Nuitées autorisées -

En 2000, quand son mari passe à l'acte, Elias lui raconte toute la scène de l'inceste.

Pour trancher, le juge a besoin de s'appuyer sur un rapport d'expertise.

Il est écrit par un confrère de l'accusé qui, contre toute attente, recommande à la justice "d'accorder au père, étant donnée sa profession, un droit de visite étendu".

Il conseille même, après une phase de test, d'autoriser les nuitées chez lui, sans jamais l'avoir rencontré.

La plainte est très vite classée, à la grand sidération de la jeune femme, qui se voit reprocher en retour d'avoir enlevé ses deux enfants.

Dans son journal intime, consulté par l'AFP, le mari écrivait souhaiter devenir pédopsychiatre pour trouver une "proximité" des mineurs.

Plusieurs de ses confrères savaient, selon Alina, qu'il était pédophile.

Maria, une psychologue, affirme à l'AFP avoir été confrontée plusieurs fois aux abus de pouvoir de psychiatres pour enfants.

L'un d'entre eux est celui qui avait écrit l'expertise défavorable à la mère dans le cas d'Elias.

Elle raconte qu'il a écrit une lettre à l'association pour laquelle elle travaille, afin de réclamer la discrétion dans un cas d'inceste impliquant un membre de l'Opus Dei.

- "Les faits sautaient aux yeux" -

Une autre fois, c'en est un autre, complètement étranger au dossier, qui l'appelle pour s'enquérir du traitement suivi par le fils d'un confrère incriminé, en violation du secret médical.

Enfin à sa grande surprise, un troisième écarte tout viol dans son expertise, alors que "les faits sautaient pourtant aux yeux", déplore-t-elle.

Impuissante, elle parle de familles "broyées", qui renoncent à se lancer dans une bataille qu'elles savent perdue d'avance.

Ce n'est pas ce qu'a fait Nicole, qui a soulevé ciel et terre pour que ses petits-fils, des jumeaux, ne se retrouvent plus seuls avec leur père, son beau-fils.

Âgés alors de moins de trois ans, ils racontent, l’un comme l’autre, des violences sexuelles commises sur eux en 2009.

Ils décrivent également des séances répétées au cours desquelles, sous les ordres de leur père et en présence d'autres hommes, ils devaient adopter des positions à caractère sexuel pendant que des photographies étaient prises.

Ces éléments sont pourtant jugés "non plausibles" par la justice.

- "Quelque chose ne fonctionne pas" -

Malgré des rapports d'expertise sans ambiguïté, elle exige qu'ils soient rendus au père, en vertu de son droit à la vie de famille.

La fille de Nicole se cache avec les enfants.

Ensuite, la procédure est interminable. Très coûteuse aussi. Le dossier passe entre les mains de plusieurs magistrats, jusqu'à ce qu'une procureure ne décide, dans l'intérêt des jumeaux, de les laisser à leur mère.

L'un des juges n'hésite pas à l'interrompre, quand elle commence à rapporter les témoignages de ses enfants : "Vous y étiez ? Et la procureure, elle y était ? - Personne n'y était".

En recherchant son nom sur Internet, Nicole tombe des nues.

Quelques années auparavant, il a été surpris avec un garçon de treize ans dans des toilettes publiques.

Placé en détention provisoire puis inculpé, il se défend en affirmant qu'il le croyait majeur sexuellement, c'est à dire âgé d'un an de plus.

Acquitté, il reprend la robe.

Selon l'ONG contre les violences familiales StoP, qui réagissait au scandale touchant SOS-Kinderdorf, "quelque chose ne fonctionne pas dans l'Etat de droit, comme le montrent les exemples récents", les "auteurs étant davantage protégés que les enfants".

"Même au cours des procédures judiciaires ainsi que dans les procédures de garde et de droit de visite, la violence exercée contre les enfants et leurs mères n’est pas prise en considération", déplore-t-elle.

Elle réclame des formations pour le personnel judiciaire.

En janvier, le parlement a demandé au gouvernement "d'identifier les lacunes légales en matière de protection de l'enfance et de les combler aussi rapidement que possible", les cas d’abus survenant "à 80 % dans le cercle familial le plus proche".

D.Farook--DT