Dubai Telegraph - En Colombie, une usine à moustique pour lutter contre la dengue et la désinformation

EUR -
AED 4.257664
AFN 73.026624
ALL 96.238144
AMD 437.582231
ANG 2.074968
AOA 1062.937298
ARS 1598.08421
AUD 1.645579
AWG 2.089361
AZN 1.97515
BAM 1.95864
BBD 2.333975
BDT 142.192527
BGN 1.981339
BHD 0.43431
BIF 3442.663586
BMD 1.159146
BND 1.482068
BOB 8.007716
BRL 6.159011
BSD 1.158876
BTN 108.338579
BWP 15.802121
BYN 3.515914
BYR 22719.261378
BZD 2.33067
CAD 1.591566
CDF 2637.057544
CHF 0.913917
CLF 0.027244
CLP 1075.745893
CNY 7.982348
CNH 8.005172
COP 4303.433806
CRC 541.282631
CUC 1.159146
CUP 30.717369
CVE 111.1046
CZK 24.515015
DJF 206.003881
DKK 7.48519
DOP 68.390029
DZD 152.108556
EGP 59.995792
ERN 17.38719
ETB 182.160246
FJD 2.566871
FKP 0.868268
GBP 0.86899
GEL 3.147128
GGP 0.868268
GHS 12.640533
GIP 0.868268
GMD 85.201694
GNF 10174.408376
GTQ 8.876835
GYD 242.454744
HKD 9.082315
HNL 30.787368
HRK 7.547552
HTG 152.028504
HUF 393.739159
IDR 19654.711213
ILS 3.60393
IMP 0.868268
INR 109.016
IQD 1518.481245
IRR 1525001.44174
ISK 144.047519
JEP 0.868268
JMD 182.063242
JOD 0.82188
JPY 184.581294
KES 150.229726
KGS 101.364887
KHR 4648.175821
KMF 494.955743
KPW 1043.174412
KRW 1744.874492
KWD 0.35536
KYD 0.965713
KZT 557.135552
LAK 24904.251971
LBP 103801.523689
LKR 361.50269
LRD 212.558441
LSL 19.717515
LTL 3.422657
LVL 0.701156
LYD 7.395793
MAD 10.850191
MDL 20.181528
MGA 4833.639175
MKD 61.634787
MMK 2433.943509
MNT 4137.774242
MOP 9.354025
MRU 46.516967
MUR 53.904625
MVR 17.920835
MWK 2013.436982
MXN 20.747095
MYR 4.565921
MZN 74.073751
NAD 19.508864
NGN 1572.092184
NIO 42.564277
NOK 11.093021
NPR 173.341379
NZD 1.985179
OMR 0.442313
PAB 1.158896
PEN 4.032714
PGK 4.997948
PHP 69.723065
PKR 323.63785
PLN 4.282755
PYG 7568.943802
QAR 4.224512
RON 5.101986
RSD 117.884032
RUB 96.003268
RWF 1691.193997
SAR 4.352659
SBD 9.33305
SCR 16.654324
SDG 696.647132
SEK 10.831104
SGD 1.486377
SHP 0.86966
SLE 28.486057
SLL 24306.724357
SOS 662.456177
SRD 43.45349
STD 23991.981659
STN 24.939026
SVC 10.139705
SYP 128.393177
SZL 19.508855
THB 38.008825
TJS 11.130786
TMT 4.068602
TND 3.372
TOP 2.790945
TRY 51.328032
TTD 7.862368
TWD 37.135217
TZS 2998.321243
UAH 50.766603
UGX 4380.333447
USD 1.159146
UYU 46.697721
UZS 14135.785719
VES 527.05282
VND 30499.449254
VUV 137.980492
WST 3.180888
XAF 656.918161
XAG 0.017031
XAU 0.000257
XCD 3.13265
XCG 2.08852
XDR 0.81819
XOF 661.296951
XPF 119.331742
YER 276.576393
ZAR 19.853279
ZMK 10433.709028
ZMW 22.627107
ZWL 373.244535
  • AEX

    -16.0300

    961.62

    -1.64%

  • BEL20

    -88.0900

    4916.79

    -1.76%

  • PX1

    -142.1000

    7665.62

    -1.82%

  • ISEQ

    -203.0200

    11881.24

    -1.68%

  • OSEBX

    -31.9800

    1966.5

    -1.6%

  • PSI20

    -190.5700

    8756.26

    -2.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -27.8400

    3634.93

    -0.76%

  • N150

    -58.3500

    3755.58

    -1.53%

En Colombie, une usine à moustique pour lutter contre la dengue et la désinformation
En Colombie, une usine à moustique pour lutter contre la dengue et la désinformation / Photo: JAIME SALDARRIAGA - AFP

En Colombie, une usine à moustique pour lutter contre la dengue et la désinformation

Au milieu des bocaux remplis de larves stagnant dans l'eau, bourdonnent des nuées de moustiques sous une cage de tissu blanc: une espèce d'usine à moustiques dont certains s'échappent de leur cage et piquent le visiteur.

Taille du texte:

Bien qu'identiques aux insectes vecteurs de la dengue, ils sont pourtant inoffensifs et font partie d'une expérience ambitieuse menée en Colombie pour lutter contre cette maladie.

Depuis près de dix ans, le World Mosquito Program (WMP) remplace la population locale de moustiques Aedes aegypti -le célèbre moustique tigre à rayures- par des individus biologiquement modifiés afin de prévenir la transmission de la dengue, qui a déjà causé 4.500 décès cette année en Amérique latine.

"Nous utilisons la vie pour préserver la vie", explique à l'AFP le biologiste Nelson Grisales qui dirige ce laboratoire à Medellin, la deuxième ville du pays.

Le projet, soutenu par le multi-milliardaire américain Bill Gates, a obtenu des résultats prometteurs : l'incidence de la dengue dans le département d'Antioquia (nord-ouest) a été réduite de 95% par rapport à la décennie précédente, selon les autorités sanitaires de cette région de 4,4 millions d'habitants.

Une victoire malgré la campagne de désinformation sur les médias sociaux, selon laquelle Bill Gates utiliserait ces moustiques à des fins obscures.

- Bactéries contre virus -

Bien qu'ils piquent toujours, les moustiques fabriqués en laboratoire ne propagent pas la dengue, une maladie endémique des zones tropicales qui provoque fièvres, maux de tête, vomissements, douleurs musculaires et, dans les cas les plus graves, des hémorragies mortelles.

Contrairement à leurs congénères sauvages, ils contiennent la bactérie Wolbachia, qui "crée une barrière et empêche la transmission de la dengue", explique Beatriz Giraldo, une autre biologiste du WMP.

La découverte a été faite par le scientifique australien Scott O'Neill, un des porte-drapeaux dans la lutte contre la maladie depuis le début des années 1990.

Dans ses recherches, il a trouvé cette bactérie présente dans la moitié des espèces de moustiques, mais pas chez l'Aedes aegypti. O'Neill a eu l'intuition qu'en l'infectant avec Wolbachia, la transmission de la dengue serait ainsi stoppée.

"Ils ont extrait Wolbachia du moustique fruitier et l'ont injecté dans des millions d'œufs d'Aedes aegypti jusqu'à ce qu'ils parviennent à établir une colonie capable de se reproduire avec Wolbachia pendant de nombreuses générations", explique M. Grisales.

"Il ne s'agit pas d'une modification génétique", souligne Mme Giraldo. "La bactérie pénètre dans la cellule du moustique et y apporte une modification biologique, mais pas une modification génétique".

- Un problème croissant -

Les moustiques modifiés et élevés sous moustiquaires sont ensuite transportés dans des bocaux vers les zones touchées par la dengue, où ils sont relâchés. Là, ils se reproduisent avec des moustiques sauvages et remplacent progressivement la population locale.

Les premiers insectes WMP en Colombie ont été lâchés en 2015 dans la municipalité de Bello, dans la zone métropolitaine de Medellin.

L'incidence de la dengue est passée de 144,7 cas annuels pour 100.000 habitants avant l'expérience, à 6,4 cas annuels pour 100.000 habitants à partir de 2021.

Avant Medellin, le programme a été mis en oeuvre à Jakarta, en Indonésie, et à Niteroy, au Brésil, avec des résultats tout aussi probants. L'initiative a été également introduite dans la ville colombienne de Cali, et le sera bientôt au Salvador.

"Tout cela s'accélère en même temps que le problème de la dengue", observe M. Grisales.

L'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a prévenu cette année que l'Amérique latine et les Caraïbes connaîtraient leur "pire saison de dengue", avec quelque 3,5 millions de cas.

La combinaison du phénomène El Niño et du changement climatique favorise la propagation du moustique qui se reproduit dans les terres chaudes et dans l'eau.

L'agence sanitaire de l'Union européenne a prévenu que les cas de dengue étaient également en augmentation en Europe en raison de la hausse des températures.

- Désinformation -

Le laboratoire a été la cible de théories du complot associées à l'image de Bill Gates.

En septembre, une poignée d'individus ont manifesté à Medellin, répondant à un appel sur les réseaux sociaux où des dizaines de messages accusent le WMP de propager la "fièvre jaune", le "paludisme" et autres prétendus fléaux.

Ils affirment "par exemple que les moustiques que nous lâchons sont équipés de puces de contrôle mental de Bill Gates, qu'ils peuvent rendre les gens homosexuels ou qu'ils transmettent des maladies plus fortes", énumère M. Grisales.

Pour l'instant, le projet fonctionne comme une initiative privée autorisée par les autorités locales, mais M. Grisales espère qu'il sera bientôt considéré comme une "politique publique".

Dans la Comuna 18 de Cali, où les moustiques Wolbachia volent depuis 2019, "beaucoup de gens n'ont pas aimé le premier impact des lâchers de moustiques", raconte Albency Orozco, une habitante. "Mais à force d'explications et d'explications les gens ont accepté", ajoute-t-elle.

I.Menon--DT