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Un vaste champ d'hydrates de CO2, une sorte de glace contenant du CO2 emprisonné, a été découvert pour la première fois au fond de l'océan Indien, au large de Mayotte, a annoncé l'Ifremer vendredi dans un communiqué de presse.
"C'est la première fois qu'on observe des hydrates de CO2 dans le fond de l'océan", a déclaré à l'AFP Cécile Cathalot, chercheuse en géochimie des milieux marins à l’Ifremer et autrice principale d'une étude publiée vendredi.
Ces monticules ressemblent à de "gros bonhommes de neige agglutinés", dont certains mesurant "plus d'un mètre de haut", a décrit la chercheuse.
Ils se forment à partir du CO2 d'origine magmatique, qui s'échappe du plancher océanique sous forme liquide et se retrouve piégé sous l'effet de la pression et du froid (une eau à 4°C), à plus de 1.200 mètres de profondeur, dans la zone volcanique du "Fer à cheval", à 10 km à l'est de Mayotte.
La découverte, réalisée dès 2021 par une équipe internationale de chercheurs, fait l'objet d'une publication vendredi dans la revue scientifique Nature Geosciences.
Pour les auteurs de cette étude, la découverte peut permettre "d'étudier les voies de séquestration du CO2 par la formation d'hydrates de gaz", dans le cadre notamment des pistes de géoingénierie visant à limiter le changement climatique.
"Pour bien comprendre la stabilité à long terme de ces hydrates en milieu naturel, il est essentiel de mener des recherches plus approfondies sur les paramètres physico-chimiques qui influencent la cinétique de leur formation et de leur dissolution", soulignent-ils.
Une nouvelle campagne menée en août 2025 a permis de revisiter ce site, qui semble stable depuis 2021.
Les chercheurs ont également remarqué une mortalité accrue de coraux autour des sources d'émissions de CO2, sans doute sous l'effet de l'acidification de l'eau due à l'excès de gaz carbonique.
Sorte de laboratoire naturel, cette zone offre "la possibilité d'étudier les processus naturels, la réponse des écosystèmes et les effets à long terme de l'exposition à un excès de CO2 dans l'environnement sous-marin", écrivent-ils.
F.Damodaran--DT