Dubai Telegraph - Un fonds pour une nation du Pacifique vulnérable au changement climatique investit dans les combustibles fossiles

EUR -
AED 4.235825
AFN 75.545802
ALL 93.537535
AMD 423.305618
AOA 1058.811708
ARS 1726.050045
AUD 1.636636
AWG 2.076101
AZN 1.961033
BAM 1.95855
BBD 2.32222
BDT 142.730393
BHD 0.434886
BIF 3452.671024
BMD 1.153389
BND 1.479477
BOB 14.003296
BRL 5.934074
BSD 1.152999
BTN 110.036059
BWP 15.679013
BYN 3.398271
BYR 22606.431288
BZD 2.318956
CAD 1.622248
CDF 2606.660577
CHF 0.933046
CLF 0.026726
CLP 1055.304781
CNY 7.789473
CNH 7.782898
COP 3701.468641
CRC 522.824977
CUC 1.153389
CUP 30.564818
CVE 110.898381
CZK 24.174001
DJF 204.980328
DKK 7.474932
DOP 67.343891
DZD 153.308454
EGP 57.874195
ERN 17.30084
ETB 184.37006
FJD 2.552393
FKP 0.858551
GBP 0.857378
GEL 3.016125
GGP 0.858551
GHS 13.511962
GIP 0.858551
GMD 85.350816
GNF 10132.525167
GTQ 8.794347
GYD 241.385765
HKD 9.045745
HNL 30.980157
HRK 7.535899
HTG 150.750346
HUF 360.8921
IDR 20725.88762
ILS 3.473801
IMP 0.858551
INR 109.684501
IQD 1510.94005
IRR 1586054.532116
ISK 141.797162
JEP 0.858551
JMD 182.305956
JOD 0.817769
JPY 181.856081
KES 149.249433
KGS 100.863577
KHR 4671.226492
KMF 493.651222
KRW 1647.050939
KWD 0.356917
KYD 0.960828
KZT 543.160821
LAK 26066.599277
LBP 103286.016357
LKR 387.123519
LRD 209.080658
LSL 19.065344
LTL 3.405659
LVL 0.697674
LYD 7.341378
MAD 10.751869
MDL 20.182899
MGA 4953.807106
MKD 61.54284
MMK 2421.733025
MNT 4134.092669
MOP 9.314976
MRU 46.262325
MUR 53.621184
MVR 17.831455
MWK 2003.437477
MXN 19.901041
MYR 4.723245
MZN 73.697531
NAD 19.065769
NGN 1572.5428
NIO 42.429571
NOK 11.006044
NPR 176.060187
NZD 1.961494
OMR 0.443477
PAB 1.153019
PEN 3.915185
PGK 5.098267
PHP 70.350996
PKR 320.440363
PLN 4.295418
PYG 6874.681812
QAR 4.204969
RON 5.24954
RSD 117.355054
RUB 92.995645
RWF 1693.175568
SAR 4.318554
SBD 9.309186
SCR 15.476883
SDG 692.597559
SEK 10.979563
SGD 1.478288
SLE 28.200099
SOS 658.925127
SRD 43.703089
STD 23872.830891
STN 24.91321
SVC 10.089165
SZL 19.065835
THB 38.33829
TJS 10.642103
TMT 4.036863
TND 3.39216
TRY 54.866503
TTD 7.82799
TWD 37.381464
TZS 3062.246425
UAH 51.556685
UGX 4317.987553
USD 1.153389
UYU 46.455425
UZS 13856.819878
VES 849.069652
VND 30292.041232
VUV 137.419199
WST 3.151308
XAF 656.879254
XAG 0.019387
XAU 0.000283
XCD 3.117093
XCG 2.078018
XDR 0.817877
XOF 654.547231
XPF 119.331742
YER 274.974351
ZAR 18.891917
ZMK 10381.891222
ZMW 21.817226
ZWL 371.390901
  • AEX

    10.2500

    1112.49

    +0.93%

  • BEL20

    39.6700

    5707.14

    +0.7%

  • PX1

    52.5500

    8666.63

    +0.61%

  • ISEQ

    82.3000

    13799.05

    +0.6%

  • OSEBX

    -4.0500

    2019.01

    -0.2%

  • PSI20

    -2.7500

    9169.02

    -0.03%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    33.0300

    4214.68

    +0.79%

  • N150

    12.8800

    4304.64

    +0.3%

Un fonds pour une nation du Pacifique vulnérable au changement climatique investit dans les combustibles fossiles
Un fonds pour une nation du Pacifique vulnérable au changement climatique investit dans les combustibles fossiles / Photo: TORSTEN BLACKWOOD - AFP/Archives

Un fonds pour une nation du Pacifique vulnérable au changement climatique investit dans les combustibles fossiles

Une enquête AFP révèle qu'un fonds fiduciaire, destiné à aider un archipel du Pacifique particulièrement en proie au changement climatique, a paradoxalement investi dans des mines de charbon, dans l'exploration gazière et dans la plus grande raffinerie de pétrole au monde.

Taille du texte:

Situées à mi-distance entre l'Australie et Hawaï, les Tuvalu sont composées d'atolls de faible altitude, particulièrement vulnérables au changement climatique et confrontés notamment à l'acidification des océans, aux maladies tropicales et à la montée des eaux.

"Le principal changement que nous observons est la montée du niveau de la mer. Nous commençons à voir de nouveaux endroits être inondés ou submergés", explique Richard Gokrun, militant local pour le climat.

L'économie du pays est fragile. Les Tuvalu dépendent donc d'un fonds fiduciaire gouvernemental pour contribuer à couvrir les coûts exponentiels de la crise climatique.

Mais la gestion de son principal actif financier est attribuée à la société de conseil Mercer, qui a investi dans des fonds détenant des participations dans de grandes entreprises de combustibles fossiles, selon des documents financiers et des rapports gouvernementaux consultés par l'AFP.

Après avoir pris connaissance des conclusions de l'AFP, les Tuvalu ont déclaré rééxaminer "l'exposition aux combustibles fossiles" du fonds de 200 millions de dollars.

M. Gokrun estime "vraiment choquant" de voir la nation ligotée aux entreprises de combustibles de cette façon.

"Nous défendons fermement l'abandon progressif des combustibles fossiles, parce que nous voyons les conséquences sur notre pays", a déclaré à l'AFP cet ancien météorologiste depuis la capitale Funafuti.

Le Tuvalu Trust Fund (fonds fiduciaire du Tuvalu) a été créé en 1987 avec l'aide de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni, fournissant des revenus essentiels à un pays dépendant de l’aide extérieure.

L'entreprise américaine Mercer en a repris la gestion en 2022.

- Combustibles fossiles -

Les attentes des Tuvalu sont exprimées clairement dans les "objectifs d'investissement" du fonds.

"Les Tuvalu sont particulièrement vulnérables aux effets néfastes du changement climatique et il est approprié d'en tenir compte dans la stratégie d'investissement", indique le document, qui précise que le fonds doit, autant que possible, réduire au minimum son exposition aux "réserves de combustibles fossiles et aux émissions de carbone".

Selon un rapport trimestriel daté de septembre 2025, Mercer a investi l'argent des Tuvalu dans des fonds spécialisés dans des secteurs tels que les "actions australiennes", les "actions internationales" et les "marchés émergents".

Mercer n'est pas tenu d'énumérer chacune des dizaines d'entreprises présentes dans ces fonds, mais publie les dix participations les plus importantes.

L'AFP a analysé ces données pour 14 fonds Mercer détenus par les Tuvalu.

Par exemple, selon les données arrêtées en décembre 2025, le fonds "marchés émergents" de Mercer a investi dans le conglomérat indien Reliance Industries.

Reliance industries détient le complexe pétrochimique de Jamnagar, dans l'ouest de l'Inde, une vaste installation industrielle devenue la plus grande raffinerie de pétrole brut au monde.

- Duke Energy, Woodside, BHP -

Les Tuvalu ont également investi dans un fonds géré par Mercer qui investit dans les entreprises de services publics américaines The Southern Company et Duke Energy, les deuxième et troisième plus grands émetteurs de gaz à effet de serre aux États-Unis, selon le Political Economy Research Institute.

La Southern Company a notamment versé 60 millions de dollars à "des groupes et des entreprises impliqués dans des campagnes de désinformation sur le climat entre 1993 et 2004", selon un rapport publié en 2024 par l'Energy and Policy Institute, basé aux États-Unis.

Et Mercer a placé l'argent des Tuvalu dans des fonds investis dans le géant minier Rio Tinto et dans le géant du pétrole et du gaz Woodside Energy, que les données du gouvernement classent parmi les dix plus grands émetteurs de gaz à effet de serre d'Australie.

Les investissements dans Woodside sont particulièrement gênants pour les Tuvalu, qui avaient exhorté l'Australie à rejeter, en 2025, une prolongation de 40 ans du projet gazier North West Shelf de Woodside, en vain.

A l'époque, le ministre du Climat Maina Talia avait prévenu que les émissions du projet menaceraient "la survie" des Tuvalu.

Environ 12% du Tuvalu Trust Fund - soit 25 millions de dollars - sont investis dans le "fonds d'actions australiennes" de Mercer, dont la principale participation est dans BHP, l'une des sociétés les plus valorisées d'Australie et le plus grand groupe minier au monde.

BHP s'est sensiblement désengagé du charbon thermique ces dernières années, mais détient toujours une participation dans des mines australiennes qui extraient ce combustible fossile pour la fabrication de l’acier.

- "Condamnation à mort" -

Cette année, les Tuvalu vont bénéficier d'une rare visibilité internationale en organisant un sommet spécial en amont de la COP31, une occasion de montrer les effets du changement climatique sur la région.

L'archipel espère faire de ce sommet un tremplin pour trouver de "nouveaux contributeurs" à son fonds fiduciaire, selon un rapport du gouvernement datant de septembre.

Son Premier ministre, Feleti Teo, considère qu'"ouvrir, subventionner et exporter des combustibles fossiles est immoral et inacceptable".

"Pour le dire clairement: c'est une condamnation à mort pour nous si les grandes nations continuent d'ouvrir de nouveaux projets liés aux combustibles fossiles", a-t-il déclaré en 2024.

Mais les investissements de Mercer semblent témoigner d'"une quasi-absence de prise en compte formelle du changement climatique", soutient Sebastian Gehricke, expert en finance climatique à l'université d'Otago.

Les révélations de l'AFP "justifient clairement une enquête plus approfondie", estime Ivan Diaz-Rainey, professeur de finance à l'université Griffith en Australie.

Il appelle à "une publication complète des participations et un compte rendu clair des mesures qui ont été prises pour mettre en oeuvre les engagements du fonds en matière d'action climatique".

Une porte-parole a déclaré que le Tuvalu Trust Fund (TTF) allait rééxaminer son exposition aux combustibles fossiles à la lumière des révélations de l'AFP.

"Étant donné que Tuvalu est particulièrement vulnérable aux effets néfastes du changement climatique, le TTF continue de chercher à minimiser l'exposition du fonds aux réserves de combustibles fossiles et aux émissions de carbone", a-t-elle ajouté.

Mercer, de son côté, a déclaré: "Nous ne fournissons aucun commentaire ni aucune analyse concernant nos clients ou leurs portefeuilles d'investissement".

I.Uddin--DT