Dubai Telegraph - Gestion de l'eau à Mayotte: trois ans de coupures et un procès qui pointe des dysfonctionnements

EUR -
AED 4.332827
AFN 75.506935
ALL 95.708935
AMD 441.469974
ANG 2.111708
AOA 1081.877662
ARS 1611.349391
AUD 1.651805
AWG 2.117744
AZN 2.007301
BAM 1.957013
BBD 2.377444
BDT 145.160001
BGN 1.968029
BHD 0.444927
BIF 3558.891463
BMD 1.179801
BND 1.501124
BOB 8.157057
BRL 5.880014
BSD 1.180417
BTN 109.862184
BWP 15.816739
BYN 3.353979
BYR 23124.10916
BZD 2.374062
CAD 1.62451
CDF 2725.341259
CHF 0.92131
CLF 0.026583
CLP 1046.223864
CNY 8.043474
CNH 8.038754
COP 4240.489699
CRC 543.434631
CUC 1.179801
CUP 31.264739
CVE 110.332472
CZK 24.336234
DJF 210.197652
DKK 7.472939
DOP 70.353322
DZD 155.930836
EGP 61.914209
ERN 17.697022
ETB 184.310193
FJD 2.593616
FKP 0.876694
GBP 0.869219
GEL 3.167747
GGP 0.876694
GHS 13.042976
GIP 0.876694
GMD 86.711708
GNF 10357.333853
GTQ 9.024519
GYD 246.963119
HKD 9.246989
HNL 31.352306
HRK 7.535162
HTG 154.63522
HUF 363.302761
IDR 20219.673857
ILS 3.557538
IMP 0.876694
INR 110.170451
IQD 1546.358757
IRR 1552766.232829
ISK 143.815074
JEP 0.876694
JMD 186.394777
JOD 0.836455
JPY 187.458502
KES 152.607804
KGS 103.173256
KHR 4735.916241
KMF 493.156757
KPW 1061.790688
KRW 1739.021509
KWD 0.364842
KYD 0.98371
KZT 560.837725
LAK 25936.080608
LBP 105705.438341
LKR 372.480942
LRD 217.603071
LSL 19.329585
LTL 3.483647
LVL 0.71365
LYD 7.477541
MAD 10.91877
MDL 20.214533
MGA 4881.005583
MKD 61.658596
MMK 2477.437583
MNT 4218.457946
MOP 9.524446
MRU 46.909687
MUR 54.565766
MVR 18.239444
MWK 2046.860398
MXN 20.354531
MYR 4.660233
MZN 75.454216
NAD 19.329585
NGN 1595.387122
NIO 43.437668
NOK 11.131438
NPR 175.78024
NZD 1.997622
OMR 0.453639
PAB 1.180437
PEN 3.981168
PGK 5.193176
PHP 70.816367
PKR 329.243639
PLN 4.238596
PYG 7552.586649
QAR 4.303332
RON 5.091431
RSD 117.402069
RUB 88.929388
RWF 1728.664462
SAR 4.426568
SBD 9.495644
SCR 16.692388
SDG 709.060724
SEK 10.829929
SGD 1.499663
SHP 0.880841
SLE 29.082169
SLL 24739.842774
SOS 674.615409
SRD 44.159673
STD 24419.508787
STN 24.514992
SVC 10.328404
SYP 130.522854
SZL 19.323899
THB 37.717932
TJS 11.178478
TMT 4.135204
TND 3.427496
TOP 2.840679
TRY 52.793988
TTD 8.020973
TWD 37.297008
TZS 3068.925606
UAH 51.362828
UGX 4379.715464
USD 1.179801
UYU 47.499047
UZS 14335.888382
VES 562.799347
VND 31062.993371
VUV 140.790556
WST 3.255472
XAF 656.361168
XAG 0.014837
XAU 0.000245
XCD 3.188473
XCG 2.127419
XDR 0.816303
XOF 656.355602
XPF 119.331742
YER 281.41212
ZAR 19.275247
ZMK 10619.624149
ZMW 22.57471
ZWL 379.895598
  • AEX

    2.9600

    1022.63

    +0.29%

  • BEL20

    -8.2300

    5477.64

    -0.15%

  • PX1

    -39.9800

    8288.17

    -0.48%

  • ISEQ

    -28.2600

    12819.17

    -0.22%

  • OSEBX

    -5.4900

    2027.54

    -0.27%

  • PSI20

    7.4900

    9369.47

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    138.3400

    4113.63

    +3.48%

  • N150

    11.8400

    4095.01

    +0.29%

Gestion de l'eau à Mayotte: trois ans de coupures et un procès qui pointe des dysfonctionnements
Gestion de l'eau à Mayotte: trois ans de coupures et un procès qui pointe des dysfonctionnements / Photo: Marine GACHET - AFP/Archives

Gestion de l'eau à Mayotte: trois ans de coupures et un procès qui pointe des dysfonctionnements

Trois ans que les robinets de Mayotte ne coulent que par intermittence. Alors que le tribunal de Paris rend jeudi son délibéré dans le procès de l'ancienne direction du syndicat des eaux, les Mahorais subissent des "tours d'eau", héritage d'une sécheresse historique en 2023, mais aussi d'une gestion défaillante et d'infrastructures à bout de souffle.

Taille du texte:

"On se ruine en bouteilles d'eau, on se ruine en système de filtration... On s'habitue à vivre au rythme des coupures d'eau", déplore Sedji, Mahoraise qui a lancé en 2023 le collectif PADO Mayotte pour dénoncer le caractère structurel de cette crise.

Devant le tribunal correctionnel de Paris, dix-huit personnes et six sociétés ont comparu en janvier pour détournement de fonds publics et favoritisme dans la gestion du Sieam, l'ancien syndicat des eaux, dans une affaire remontée jusqu'au Parquet national financier (PNF).

Avec quatre ans de prison, dont deux ans avec sursis, la peine la plus lourde a été requise contre Vitta "Bavi" Mouhamadi, l'ex-président du syndicat.

Sur l'île, 92% de la ressource en eau dépend de la pluviométrie, selon les services de l'Etat. Or, les saisons humides se raccourcissent depuis 1961, conséquence du bouleversement climatique. Dans le même temps, la population a explosé: de 160.000 habitants en 2002, elle est passée à 329.000 début 2025, selon l'Insee.

Les deux retenues artificielles de Combani et Dzoumogné, mises en service à la fin des années 1990, ne suffisent plus. Les besoins quotidiens atteignent 47.500 mètres cubes quand la capacité de production plafonne à 37.000 m³, selon la stratégie quinquennale pour la reconstruction et le développement de Mayotte 2026-2031.

"Le réseau conventionnel est sous-dimensionné", constate François Flor, coordinateur à Mayotte pour Solidarités International.

En parallèle, la déforestation et la pollution des rivières accentuent encore la pression. "Tout ça n'est pas bon pour la capacité de l'île à régénérer son eau", ajoute Baptiste Filloux, d'Oxfam France.

- "Du vent" -

La pénurie ne s'explique toutefois pas uniquement par le manque d'eau brute. "C'est aussi une question de gestion", insiste François Flor.

Après une précédente crise en 2017, l'usine de dessalement de Petite-Terre devait voir sa capacité portée à 5.300 m³ par jour. Elle ne produit aujourd'hui que de 3.500 à 4.800 m³, tout en étant menacée par l'érosion.

Surtout, environ un tiers de l'eau traitée se perd dans les fuites du réseau, selon Oxfam. "Sur une île, cela n'a pas les mêmes conséquences que dans l'Hexagone", souligne Baptiste Filloux, rappelant aussi que près de 30% de la population n'est pas raccordée à l'eau potable.

Le syndicat Les Eaux de Mayotte (Lema, ex-Sieam), chargé des infrastructures, et la Société mahoraise des eaux, responsable de la distribution, sont régulièrement pointés du doigt pour ces dysfonctionnements.

"Les financements manquent énormément. Donc quand ceux qui existent ne sont pas utilisés de manière optimale (...), c'est un vrai problème", estime François Flor.

Les Mahorais ne sont pourtant pas restés les bras croisés. En 2023, le collectif PADO et l'association Mayotte a soif obtenaient du tribunal judiciaire une réduction de 70% sur les factures des abonnés.

"La première sécheresse date des années 1980. L'Etat a eu plus de 40 ans pour anticiper la situation actuelle et ce n'est pas pour autant qu'il a réagi", rappelle Racha Mousdikoudine, présidente de Mayotte a soif, qui a rejoint 13 "sinistrés climatiques" dans un recours devant le Conseil d'État pour une meilleure protection face au dérèglement climatique.

Les plans de l'Etat, eux, se multiplient: selon le dernier "Plan Eau 2024-2027", une deuxième usine de dessalement doit entrer en service en 2027 à Ironi Bé, au sud de Mamoudzou, et une troisième retenue collinaire de trois millions de m³ est prévue pour 2032.

Mais les Mahorais ont appris à se méfier. La nouvelle usine devait être en service en 2025. La troisième retenue collinaire était prévue pour 2020. "Jusqu'ici, tout ce qu'on nous a vendu à Mayotte, ça a toujours été du vent", lâche la représentante du collectif PADO.

A.Ansari--DT