Dubai Telegraph - "Simple, pratique, bon marché": comment le plastique à usage unique reste omniprésent dans le monde

EUR -
AED 4.234388
AFN 72.639376
ALL 96.011315
AMD 433.39967
ANG 2.063966
AOA 1057.301233
ARS 1609.805313
AUD 1.62247
AWG 2.0754
AZN 1.940597
BAM 1.953961
BBD 2.315661
BDT 141.069083
BGN 1.970833
BHD 0.435613
BIF 3413.661617
BMD 1.153
BND 1.469149
BOB 7.944662
BRL 5.987513
BSD 1.149738
BTN 106.172928
BWP 15.624568
BYN 3.448515
BYR 22598.799575
BZD 2.312264
CAD 1.579426
CDF 2611.544593
CHF 0.906777
CLF 0.026482
CLP 1045.666943
CNY 7.940538
CNH 7.925027
COP 4266.07686
CRC 538.904553
CUC 1.153
CUP 30.554499
CVE 110.163243
CZK 24.43234
DJF 204.730891
DKK 7.471889
DOP 70.175483
DZD 152.323995
EGP 60.280107
ERN 17.295
ETB 179.488186
FJD 2.545881
FKP 0.864114
GBP 0.863885
GEL 3.124702
GGP 0.864114
GHS 12.526429
GIP 0.864114
GMD 84.74113
GNF 10075.736774
GTQ 8.806865
GYD 240.537816
HKD 9.038067
HNL 30.430024
HRK 7.536472
HTG 150.81135
HUF 387.957396
IDR 19549.114633
ILS 3.556613
IMP 0.864114
INR 106.632955
IQD 1506.095763
IRR 1515041.971732
ISK 143.583084
JEP 0.864114
JMD 180.863721
JOD 0.817461
JPY 183.356399
KES 149.279234
KGS 100.829866
KHR 4613.758297
KMF 492.330847
KPW 1037.675076
KRW 1715.906425
KWD 0.353532
KYD 0.958107
KZT 553.973492
LAK 24671.99659
LBP 102955.700213
LKR 358.026187
LRD 210.395658
LSL 19.233667
LTL 3.404509
LVL 0.697439
LYD 7.360201
MAD 10.781241
MDL 20.056474
MGA 4786.495705
MKD 61.582582
MMK 2421.419221
MNT 4117.480227
MOP 9.280048
MRU 45.734953
MUR 53.625825
MVR 17.813637
MWK 1993.52401
MXN 20.307593
MYR 4.512267
MZN 73.688038
NAD 19.233667
NGN 1561.55408
NIO 42.311101
NOK 11.057616
NPR 169.877821
NZD 1.967928
OMR 0.443342
PAB 1.149653
PEN 3.929653
PGK 4.96044
PHP 68.676104
PKR 320.996397
PLN 4.2612
PYG 7453.115586
QAR 4.191828
RON 5.092684
RSD 117.424906
RUB 95.932062
RWF 1681.417715
SAR 4.329541
SBD 9.276095
SCR 15.83784
SDG 692.952707
SEK 10.714045
SGD 1.472421
SHP 0.865049
SLE 28.361738
SLL 24177.845527
SOS 655.896995
SRD 43.381655
STD 23864.771654
STN 24.477496
SVC 10.059621
SYP 127.505379
SZL 19.237231
THB 37.33442
TJS 11.019921
TMT 4.04703
TND 3.389169
TOP 2.776147
TRY 50.9769
TTD 7.800727
TWD 36.713862
TZS 3002.100271
UAH 50.514064
UGX 4339.991167
USD 1.153
UYU 46.736829
UZS 13951.991593
VES 516.322799
VND 30338.31193
VUV 137.890567
WST 3.15196
XAF 655.340297
XAG 0.014494
XAU 0.000231
XCD 3.11604
XCG 2.072068
XDR 0.815033
XOF 655.351654
XPF 119.331742
YER 275.048129
ZAR 19.182034
ZMK 10378.384256
ZMW 22.425286
ZWL 371.265523
  • AEX

    2.5300

    1015.36

    +0.25%

  • BEL20

    25.3200

    5192.14

    +0.49%

  • PX1

    84.5300

    8058.75

    +1.06%

  • ISEQ

    275.6500

    12526.69

    +2.25%

  • OSEBX

    13.4100

    1985.8

    +0.68%

  • PSI20

    32.1100

    9207.71

    +0.35%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    7.5600

    3787.95

    +0.2%

  • N150

    39.2800

    3928.47

    +1.01%

"Simple, pratique, bon marché": comment le plastique à usage unique reste omniprésent dans le monde
"Simple, pratique, bon marché": comment le plastique à usage unique reste omniprésent dans le monde / Photo: Chanakarn Laosarakham - AFP/Archives

"Simple, pratique, bon marché": comment le plastique à usage unique reste omniprésent dans le monde

Chaque année, 400 millions de tonnes de déchets plastiques sont produites dans le monde, dont une grande partie a été jetée après quelques minutes d'utilisation seulement.

Taille du texte:

Les négociateurs espèrent parvenir en 2024 à un premier traité mondial contre la pollution plastique, mais dans cinq pays très différents, l'AFP a constaté que le plastique à usage unique reste extrêmement populaire en tant que choix bon marché et pratique, illustrant les défis à venir.

Bangkok

Dans une rue de Bangkok bordée de vendeurs ambulants, les clients font la queue pour les célèbres gourmandises traditionnelles de Maliwan.

Des gâteaux cuits à la vapeur -- verts avec des feuilles de pandan ou bleus avec des pois papillon -- sont placés dans des sacs en plastique transparent, à côté de rangées de pudding au taro dans des boîtes en plastique.

Ce petit commerce fondé il y a 40 ans utilise chaque jour au moins deux kilos de plastique à usage unique.

"Le plastique est simple, pratique et bon marché", souligne la propriétaire, Watchararas Tamrongpattarakit, 44 ans.

Les feuilles de bananier, autrefois courantes, sont devenues de plus en plus chères et difficiles à trouver, en plus d'être contraignantes à utiliser, car il faut nettoyer chaque feuille et vérifier qu'elle n'est pas déchirée.

La Thaïlande a commencé à limiter les plastiques à usage unique avant la pandémie de Covid, en demandant aux grands détaillants de ne plus distribuer de sacs gratuits.

Mais cette politique est largement restée lettre morte et les vendeurs ambulants de produits alimentaires ne l'ont guère adoptée.

La Thaïlande produit deux millions de tonnes de déchets plastiques par an. La Banque mondiale estime que 11% de ces déchets ne sont pas collectés et sont brûlés, jetés à même le sol ou déversés dans les rivières et les océans.

Watchararas s'efforce de regrouper les achats dans un nombre réduit de sacs et certains clients apportent leurs propres récipients et sacs réutilisables.

Mais Radeerut Sakulpongpaisal, une cliente de Maliwan depuis 30 ans, trouve le plastique "pratique", bien qu'elle comprenne aussi "l'impact sur l'environnement".

Lagos

Sur le marché d'Obalende, au coeur de la capitale économique du Nigeria, Lagos, des sachets d'eau vides jonchent le sol.

Chaque jour, Lisebeth Ajayi voit des dizaines de clients déchirer avec leurs dents les sachets d'"eau pure" et boire.

"Ils n'ont pas les moyens d'acheter de l'eau en bouteille", explique cette femme de 58 ans, qui vend des bouteilles et des sachets d'eau, du savon et des éponges.

Deux sachets de 500 ml se vendent entre 50 et 250 nairas (2-13 centimes d'euros), contre 250 à 300 nairas pour une bouteille de 750 ml.

Depuis leur apparition dans les années 1990, les sachets d'eau sont devenus un polluant majeur dans une grande partie de l'Afrique, mais ils restent populaires pour boire, cuisiner et se laver.

Quelque 200 entreprises produisent des sachets à Lagos et même si plusieurs centaines d'autres recyclent le plastique, la plupart des déchets finissent sur le sol dans un pays où les poubelles publiques sont peu nombreuses et où l'éducation à l'environnement est peu développée.

Lagos a interdit le plastique à usage unique en janvier, mais l'impact a été limité jusqu'à présent.

Les Nations unies estiment que jusqu'à 60 millions de sachets d'eau sont jetés chaque jour au Nigeria.

Rio

Chaque jour, des vendeurs arpentent le sable de certaines des plus belles plages de Rio de Janeiro, au Brésil, transportant des récipients métalliques remplis de maté, une boisson semblable au thé.

Le breuvage glacé, infusé de jus de fruits, est distribué dans des gobelets en plastique aux adeptes du bronzage qui se pressent le long du front de mer.

"Boire du maté fait partie de la culture de Rio de Janeiro", raconte Arthur Jorge da Silva, 47 ans, à l'affût de clients.

Il reconnaît l'impact environnemental de ses tours de gobelets en plastique, dans un pays classé quatrième producteur de déchets plastiques en 2019.

Mais "c'est compliqué" de trouver des alternatives abordables, dit-il à l'AFP.

Selon lui, les vendeurs de maté sur la plage utilisent du plastique depuis aussi longtemps qu'il s'en souvienne.

Il paie un dollar pour une tour de 20 gobelets et fait payer aux clients 1,80 dollar par boisson.

Les poubelles situées le long des plages de Rio reçoivent quelque 130 tonnes de déchets par jour, mais le plastique n'est pas trié et seuls 3% des déchets brésiliens sont recyclés chaque année.

Evelyn Talavera, 24 ans, affirme qu'elle fait de son mieux pour nettoyer lorsqu'elle quitte la plage. "Nous devons prendre soin de notre planète, jeter les déchets, garder l'environnement propre."

Les pailles en plastique sont interdites dans les restaurants et les bars de Rio depuis 2018 et les magasins ne sont plus tenus de fournir des sacs en plastique gratuitement -- bien que beaucoup le fassent encore.

Le Congrès brésilien envisage également une législation qui interdirait tout plastique à usage unique.

Paris

En France, dans un pays qui interdit de nombreux objets en plastique depuis plusieurs années, les gobelets, pailles ou fourchettes en plastique ont certes quasiment disparu, mais un article fait de la résistance: le sac.

"Un sac ? Et voilà". Sur le marché d'Aligre, à Paris, la vingtaine d'étals présentent la même configuration: des fruits, des légumes et une flopée de sacs plastiques.

Laurent Benacer, maraîcher depuis 35 ans, se fournit "par cartons de 2.000, à 24 euros l'unité, ils me font une semaine".

La plupart sont estampillés "réutilisable et 100% recyclable". Car si les sacs plastiques à usage unique sont interdits en France depuis 2016, les sacs réutilisables (en plastique légèrement plus épais), "biosourcés" ou compostables sont toujours distribuables.

"Le biosourcé (à base de matières premières naturelles, NDLR) n'a strictement aucun intérêt. Ce qui est important, c'est la biodégradabilité en condition naturelle", indique cependant Nathalie Gontard, de l'Institut national de la recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae).

Sur le marché, commerçants et riverains se renvoient la balle. "A Paris, tout le monde nous demande des sacs. J'avais arrêté, mais comme les voisins ont continué, j'ai été obligé de reprendre", se désole Laurent Benacer.

Les alternatives existent, à l'instar des poches en papier kraft. Mais "le sac plastique reste pratique, pour ne pas tout éparpiller", résume Catherine Salé, riveraine de 80 ans.

Dubaï

Au restaurant Allo Beirut à Dubaï, les contenants en plastique sont empilés, attendant d'être remplis et livrés à travers la ville.

"Nous recevons plus de 1.200 commandes par jour", assure Mohammed Chanane, responsable des livraisons, précisant utiliser "des boîtes en plastique parce qu'elles sont plus hermétiques et qu'elles préservent mieux les aliments."

Avec peu de piétons et un climat souvent brûlant, les 3,7 millions d'habitants de Dubaï comptent sur la livraison pour tout, de l'essence au café.

Les habitants des Emirats arabes unis produisent l'un des plus grands volumes de déchets par habitant au monde et le plastique à usage unique représente 40% de l'ensemble du plastique utilisé dans le pays.

Depuis le mois de juin, les sacs en plastique à usage unique et plusieurs articles similaires sont interdits. Les récipients en polystyrène suivront l'année prochaine.

Allo Beirut envisage d'utiliser des conteneurs en carton, une mesure que Youmna Asmar, une cliente, accueillerait favorablement.

Elle avoue être horrifiée par l'accumulation de plastique dans ses poubelles après un week-end de commandes familiales.

"Je me dis que si tout le monde fait pareil, c'est beaucoup", souffle-t-elle.

burs/sah/lpa/tmt

I.Uddin--DT