Dubai Telegraph - Les papillons d'Equateur : joyaux ailés et thermomètres du changement climatique

EUR -
AED 4.321909
AFN 75.902
ALL 95.771107
AMD 434.467785
ANG 2.106391
AOA 1080.330027
ARS 1642.274312
AUD 1.625962
AWG 2.118295
AZN 1.985882
BAM 1.96238
BBD 2.377953
BDT 144.865714
BGN 1.963074
BHD 0.445872
BIF 3513.892011
BMD 1.176831
BND 1.494673
BOB 8.158284
BRL 5.796837
BSD 1.180659
BTN 111.287441
BWP 15.808002
BYN 3.336559
BYR 23065.882674
BZD 2.374541
CAD 1.605985
CDF 2725.54041
CHF 0.915221
CLF 0.026641
CLP 1048.521452
CNY 8.008392
CNH 8.002473
COP 4400.052486
CRC 541.588257
CUC 1.176831
CUP 31.186015
CVE 110.63689
CZK 24.298083
DJF 210.243129
DKK 7.472605
DOP 70.211831
DZD 155.647877
EGP 62.040143
ERN 17.652461
ETB 184.342777
FJD 2.57014
FKP 0.86476
GBP 0.864176
GEL 3.153737
GGP 0.86476
GHS 13.282534
GIP 0.86476
GMD 85.908987
GNF 10361.476442
GTQ 9.015457
GYD 247.018217
HKD 9.214544
HNL 31.386969
HRK 7.538657
HTG 154.634526
HUF 355.073961
IDR 20429.781797
ILS 3.419051
IMP 0.86476
INR 111.146603
IQD 1546.685821
IRR 1545061.090179
ISK 143.796851
JEP 0.86476
JMD 185.96351
JOD 0.834342
JPY 184.35583
KES 151.987652
KGS 102.879134
KHR 4735.676856
KMF 493.092378
KPW 1059.089938
KRW 1725.280964
KWD 0.361998
KYD 0.983899
KZT 546.773254
LAK 25909.651267
LBP 105366.039227
LKR 380.181465
LRD 216.662884
LSL 19.263123
LTL 3.474875
LVL 0.711853
LYD 7.467976
MAD 10.82119
MDL 20.312934
MGA 4902.165513
MKD 61.626661
MMK 2470.881826
MNT 4211.762597
MOP 9.52313
MRU 47.236169
MUR 55.099474
MVR 18.187949
MWK 2047.150739
MXN 20.28109
MYR 4.611415
MZN 75.198752
NAD 19.263287
NGN 1601.972297
NIO 43.445112
NOK 10.868008
NPR 178.045885
NZD 1.972016
OMR 0.452493
PAB 1.180659
PEN 4.089512
PGK 5.137987
PHP 71.222983
PKR 328.964472
PLN 4.2283
PYG 7226.166922
QAR 4.303639
RON 5.239285
RSD 117.378579
RUB 87.440025
RWF 1730.903477
SAR 4.448625
SBD 9.452608
SCR 16.208029
SDG 706.681291
SEK 10.842374
SGD 1.491351
SHP 0.878623
SLE 28.948494
SLL 24677.547872
SOS 674.762384
SRD 44.049995
STD 24358.020485
STN 24.581269
SVC 10.330637
SYP 130.091513
SZL 19.257568
THB 37.882439
TJS 11.033723
TMT 4.130676
TND 3.42477
TOP 2.833526
TRY 53.386632
TTD 7.986779
TWD 36.903646
TZS 3065.225138
UAH 51.696576
UGX 4415.805578
USD 1.176831
UYU 47.210295
UZS 14306.969264
VES 583.95408
VND 30962.416997
VUV 138.896796
WST 3.182259
XAF 658.127258
XAG 0.014651
XAU 0.000249
XCD 3.180444
XCG 2.127834
XDR 0.818499
XOF 658.163731
XPF 119.331742
YER 280.790888
ZAR 19.301631
ZMK 10592.883433
ZMW 22.491219
ZWL 378.939021
  • AEX

    -3.5700

    1015.84

    -0.35%

  • BEL20

    -4.9200

    5465.02

    -0.09%

  • PX1

    -63.9700

    8137.75

    -0.78%

  • ISEQ

    -138.5000

    12805.22

    -1.07%

  • OSEBX

    -1.7800

    1977.32

    -0.09%

  • PSI20

    -50.2400

    9084.33

    -0.55%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -88.2800

    3998.61

    -2.16%

  • N150

    -2.1000

    4196.99

    -0.05%

Les papillons d'Equateur : joyaux ailés et thermomètres du changement climatique
Les papillons d'Equateur : joyaux ailés et thermomètres du changement climatique / Photo: Daniel MUNOZ - AFP

Les papillons d'Equateur : joyaux ailés et thermomètres du changement climatique

L'odeur fétide de poisson en décomposition emplit le sentier au milieu de la jungle. Dans la réserve de Cuyabeno, en pleine Amazonie équatorienne, une équipe de biologistes et de gardes forestiers a accroché dans les branches des pièges à papillons, ces bijoux ailés remplis d'informations permettant de mesurer les effets dévastateurs du changement climatique.

Taille du texte:

À l'intérieur de filets, un verre contenant un appât de poisson ou de banane fermentée entend séduire les individus adultes, dont la vie éphémère permet de comprendre à court terme l'extinction de certaines espèces.

Depuis août, l'équipe mène un projet de surveillance des papillons avec le soutien de l'ONG Rainforest Partnership, basée aux Etats-Unis.

La sueur, la longue marche et la pestilence sont récompensées : en une semaine, l'équipe a recueilli 169 papillons, principalement de la famille des nymphalidés. Parmi eux, 97 ont été marqués sur leurs ailes et relâchés. Les autres, appartenant probablement à de nouvelles espèces, seront étudiés.

- Des saisons "mortelles" -

La biologiste Maria Fernanda Checa dirige le projet et étudie depuis dix ans les papillons dans le parc national voisin de Yasuni, une réserve de biosphère où d'importants gisements de pétrole sont en cours d'exploitation.

Ses travaux ont été étendus en 2023 à la réserve de Cuyabeno, dans la province de Sucumbios, dans le nord-est du pays. Les résultats seront bientôt connus, mais Mme Checa, professeur à la Pontificia universidad catolica del Ecuador (PUCE), s'attend déjà à quelques découvertes.

Le nombre d'espèces qui tombent dans les pièges a chuté de 10%, et en ce qui concerne la quantité d'individus, "la diminution est également très importante, nous parlons d'environ 50%", observe-t-elle. "C'est quelque chose qui nous inquiète", explique Mme Checa à l'AFP.

La biologiste Elisa Levy, que l'AFP a accompagnée en expédition, est en charge du suivi des papillons à Cuyabeno, une forêt où les arbres poussent au milieu des lagunes.

Tout en battant l'air pour faire fuir les moustiques, Mme Levy donne des instructions à des gardes forestiers du ministère de l'Environnement et un étudiant.

"Ne touchez pas les ailes! Elles se détachent, et c'est comme les écorcher", prévient-elle à l'intention de son équipe qui retourne dans la forêt tropicale tous les deux mois chasser les précieux lépidoptères.

- Effet domino -

Les chercheurs tiennent l'abdomen des papillons dans leurs mains, soufflent doucement sur leur torse pour qu'ils rétractent leurs pattes et, à l'aide de pinces, écartent leurs ailes multicolores. C'est une explosion enchanteresse de rouges et de bleus vifs, des marques qui simulent des yeux de prédateurs et des motifs semblables à la fourrure tachetée des jaguars ou aux rayures des zèbres.

"Par une simple couleur, un petit trait, on peut déjà dire qu'il s'agit d'une autre espèce. C'est passionnant", s'émerveille le garde forestier Nilo Riofrio, capable d'attraper les papillons en plein vol sans les blesser.

Les papillons sont des "bio-indicateurs", c'est-à-dire qu'ils sont "très sensibles, même à de petits changements dans l'écosystème", en raison de leur cycle de vie qui commence par des œufs, puis des chenilles et enfin une brève vie d'adulte, explique Mme Checa. Les saisons de sécheresse notamment "sont mortelles" pour les insectes.

Mme Levy explique l'effet domino de la crise climatique sur l'écosystème. "Si la plante hôte (dont se nourrit la chenille) ne s'adapte pas à ces changements climatiques, le papillon ne pourra pas survivre".

- "Problème grave" -

En Equateur, il existe environ 4.000 espèces de papillons, un nombre proche de celui des pays voisins, le Pérou et la Colombie, qui sont quatre fois plus grands.

Dans les zones tropicales, les papillons ne sont pas adaptés aux changements climatiques, comme c'est le cas dans les pays à quatre saisons des régions aux climats plus tempérés.

"Si le climat se refroidit ou se réchauffe (jusqu'à des températures excessives), ils n'ont pas beaucoup de chances de s'adapter rapidement", prévient Mme Levy.

Selon un document publié par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) en 2023, quelque 35% des espèces d'insectes de la planète sont menacées d'extinction.

"C'est un problème grave pour nous" en raison des fonctions qu'ils remplissent dans la nature, comme la pollinisation, souligne Mme Checa. Et le plus grave, c'est que dans des endroits très diversifiés comme la réserve de Yasuni, "le taux de découverte d'espèces est plus lent que le taux d'extinction", ajoute-t-elle.

C.Masood--DT