Dubai Telegraph - En Tunisie, cuisine nomade et innovation pour revivifier une oasis

EUR -
AED 4.31516
AFN 75.186175
ALL 95.293746
AMD 434.669939
ANG 2.102729
AOA 1078.452193
ARS 1630.2308
AUD 1.624055
AWG 2.116081
AZN 1.972096
BAM 1.949543
BBD 2.366794
BDT 144.45575
BGN 1.95966
BHD 0.443305
BIF 3494.983871
BMD 1.174784
BND 1.487719
BOB 8.119904
BRL 5.802732
BSD 1.175123
BTN 111.184676
BWP 15.724465
BYN 3.318535
BYR 23025.776091
BZD 2.363405
CAD 1.602048
CDF 2720.800684
CHF 0.915216
CLF 0.026764
CLP 1053.358606
CNY 8.00175
CNH 8.003695
COP 4381.253041
CRC 536.176843
CUC 1.174784
CUP 31.131789
CVE 110.371275
CZK 24.334502
DJF 208.783018
DKK 7.472646
DOP 69.958736
DZD 155.303645
EGP 61.942028
ERN 17.621767
ETB 184.561449
FJD 2.56679
FKP 0.865372
GBP 0.864271
GEL 3.159791
GGP 0.865372
GHS 13.216641
GIP 0.865372
GMD 86.346819
GNF 10314.60781
GTQ 8.970172
GYD 245.810019
HKD 9.204719
HNL 31.240732
HRK 7.535039
HTG 153.770943
HUF 357.845822
IDR 20346.562573
ILS 3.41111
IMP 0.865372
INR 111.018189
IQD 1538.967688
IRR 1542492.041252
ISK 143.805836
JEP 0.865372
JMD 185.157308
JOD 0.83289
JPY 183.801491
KES 151.759011
KGS 102.700249
KHR 4714.997648
KMF 492.234745
KPW 1057.310151
KRW 1699.372266
KWD 0.361786
KYD 0.979253
KZT 544.161183
LAK 25810.015627
LBP 105201.95124
LKR 376.191003
LRD 215.661076
LSL 19.425102
LTL 3.468833
LVL 0.710615
LYD 7.448409
MAD 10.806258
MDL 20.200081
MGA 4896.264456
MKD 61.652583
MMK 2466.517899
MNT 4205.316758
MOP 9.48422
MRU 46.876763
MUR 54.984854
MVR 18.156291
MWK 2046.474994
MXN 20.267324
MYR 4.610988
MZN 75.080436
NAD 19.425034
NGN 1600.056316
NIO 43.241033
NOK 10.928374
NPR 177.895283
NZD 1.972428
OMR 0.451734
PAB 1.175123
PEN 4.067693
PGK 5.109601
PHP 71.29591
PKR 327.500562
PLN 4.231549
PYG 7191.917329
QAR 4.280899
RON 5.267261
RSD 117.367963
RUB 87.820039
RWF 1715.185362
SAR 4.407583
SBD 9.436172
SCR 16.301074
SDG 705.462002
SEK 10.849505
SGD 1.490061
SHP 0.877095
SLE 28.958687
SLL 24634.638952
SOS 671.372647
SRD 43.949817
STD 24315.667154
STN 24.421514
SVC 10.281956
SYP 130.640379
SZL 19.149458
THB 37.85511
TJS 10.981508
TMT 4.11762
TND 3.414342
TOP 2.828599
TRY 53.113764
TTD 7.963407
TWD 36.875262
TZS 3045.25641
UAH 51.522813
UGX 4418.798927
USD 1.174784
UYU 47.218451
UZS 14189.398315
VES 579.75196
VND 30926.201816
VUV 138.918767
WST 3.198451
XAF 653.855648
XAG 0.01523
XAU 0.000251
XCD 3.174915
XCG 2.117894
XDR 0.818154
XOF 653.858422
XPF 119.331742
YER 280.332926
ZAR 19.270342
ZMK 10574.444756
ZMW 22.239527
ZWL 378.280128
  • AEX

    16.9400

    1031.44

    +1.67%

  • BEL20

    114.7900

    5555.15

    +2.11%

  • PX1

    237.0300

    8299.42

    +2.94%

  • ISEQ

    528.6200

    12937.6

    +4.26%

  • OSEBX

    -32.3400

    2001.32

    -1.59%

  • PSI20

    103.5400

    9266.81

    +1.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    89.9300

    4086.79

    +2.25%

  • N150

    70.6800

    4252.9

    +1.69%

En Tunisie, cuisine nomade et innovation pour revivifier une oasis
En Tunisie, cuisine nomade et innovation pour revivifier une oasis

En Tunisie, cuisine nomade et innovation pour revivifier une oasis

"Dans une palmeraie tout pousse", le jardinier Mohamed Bougaa se souvient du paradis qu'était autrefois l'oasis de Nefta, qu'une poignée d'amoureux du sud tunisien tentent de revivifier avec la cuisine nomade et des projets innovants.

Taille du texte:

"Dans la +corbeille de Nefta+, il y avait 152 sources qui donnaient 700 litres d'eau par seconde", se rappelle M. Bougaa, 63 ans, dont 40 comme métayer à Nefta.

Mais l'eau a été surexploitée pour créer d'autres palmeraies et produire la fameuse datte "deglet nour", "les sources de Nefta se sont taries il y a 20 ans", explique-t-il à l'AFP dans cette oasis à 500 km au sud de Tunis.

Normalement, "on peut vivre de la palmeraie, il y a tout ce qu'il faut: de la salade, des fruits, des petits piments, des tomates, des carottes. Tout pousse dès lors qu'on a du soleil et de l'eau", ajoute-t-il, en montrant une pompe alimentée désormais par la nappe phréatique.

L'arbre-roi, le palmier-dattier, peut satisfaire les besoins essentiels: "A midi, les travailleurs ici mangent un peu de dattes avec du lait, c'est nourrissant". Cette année, la récolte est médiocre: avec l'absence de pluies et 55 degrés en août, les dattes sont "un peu sèches", note Mohamed.

- "Cuisine ancestrale" -

Pourtant, la palmeraie c'est "la permaculture (système de production d'aliments organiques imitant la nature, ndlr) avant l'heure: une culture à trois étages, avec le palmier qui protège l'arbre fruitier, le fruitier qui protège le potager, c'est naturel dans une oasis", souligne Patrick Ali El Ouarghi, un Franco-Tunisien qui a créé, en 2011, une maison d'hôte écologique à Nefta.

Dar Hi est aussi un laboratoire d'idées, le "Palm Lab", où sont invités artistes, architectes et ingénieurs pour imaginer comment préserver "ce monde merveilleux" qu'est Nefta, haut lieu du soufisme. Il faut "redonner envie aux investisseurs, aux agriculteurs, de réinvestir l'oasis, qui est un peu en perdition", estime M. Ouarghi, 54 ans.

Avec ses associés, ce fan d'innovation y a "introduit de nouvelles techniques, comme l'irrigation goutte-à-goutte et l'énergie solaire". Il déplore le gâchis du système actuel d'inondation des parcelles -- une fois par semaine -- avec de l'eau pompée à 100 mètres de profondeur.

Pour relancer Nefta, M. Ouarghi et ses amis ont également écrit un livre, "La cuisine de l'oasis - Se nourrir de l'essentiel", car "dans une oasis on n'a rien mais on ne manque de rien".

"C'est une cuisine ancestrale et simple qui date de l'arrivée des nomades", relate-il, quand Nefta était "un lieu de passage des caravanes" qui "déposaient des saveurs et épices inconnues, restées ici comme une tradition".

"L'une des particularités de Nefta c'est qu'on fabrique nos épices. Ce n'est pas la même chose que les acheter au marché: le nettoyage des feuilles, l'odeur, le goût, tu sais exactement comment faire", confirme Najah Ameur, la cheffe cuisinière de Dar Hi.

Mme Ameur, 40 ans, prépare "les recettes de sa mère" et d'autres inventées par "Fegh" (Frédérick E. Grasser-Hermé), figure de la gastronomie française. "Beaucoup d'ingrédients viennent de la palmeraie: le persil, le céleri, les blettes, les fèves vertes, les petits pois", dit-elle.

- Poudre de datte -

Non loin de Dar Hi, d'autres pionniers tentent de valoriser l'oasis.

Kevin Klay, ex-coopérant américain à Sousse (nord), est tombé amoureux des dattes et du Sud. "On a réalisé que 20 à 30% des dattes sont jetées ou données comme nourriture aux chameaux, juste parce qu'elles n'ont pas un bel aspect", dit-il.

Il a acheté quelques kilos, les a fait sécher chez lui puis les a broyées dans une machine à moudre le café. Résultat: une poudre "cinq fois moins calorique" que le sucre blanc et "bien plus saine", contenant "plus de potassium qu'une banane".

M. Klay, 35 ans, a lancé sa fabrique Dateible en 2018. Elle emploie une dizaine de personnes. Sa société reçoit, dit-il, "une forte demande des Etats-Unis où elle exporte en gros, et a lancé la vente au détail, prévoyant cet été une présence dans les supermarchés (bios) +Whole Foods+ et de se développer en Europe".

Et puisque rien ne se perd dans la palmeraie, d'autres idées ont germé dans les oasis pour recycler les dattes: du café au noyau de datte ou de la mélasse pour pâtisserie.

R.Mehmood--DT