Dubai Telegraph - Au Brésil, l'avenir de l'épandage aérien de pesticides en question

EUR -
AED 4.326998
AFN 75.393857
ALL 95.5279
AMD 434.702457
ANG 2.108524
AOA 1081.424837
ARS 1646.882189
AUD 1.625688
AWG 2.123385
AZN 2.007315
BAM 1.958422
BBD 2.372365
BDT 144.530626
BGN 1.965061
BHD 0.444591
BIF 3504.616123
BMD 1.178022
BND 1.4937
BOB 8.139898
BRL 5.789277
BSD 1.177872
BTN 111.230009
BWP 15.815175
BYN 3.328957
BYR 23089.235637
BZD 2.368961
CAD 1.611929
CDF 2727.12188
CHF 0.914805
CLF 0.026656
CLP 1049.09994
CNY 8.011435
CNH 8.006045
COP 4417.229942
CRC 541.476707
CUC 1.178022
CUP 31.217589
CVE 110.402975
CZK 24.303664
DJF 209.358573
DKK 7.472714
DOP 70.053793
DZD 155.802101
EGP 62.103687
ERN 17.670333
ETB 183.933564
FJD 2.572216
FKP 0.865636
GBP 0.864374
GEL 3.15756
GGP 0.865636
GHS 13.269767
GIP 0.865636
GMD 85.996041
GNF 10334.916001
GTQ 8.994042
GYD 246.469993
HKD 9.222129
HNL 31.315928
HRK 7.533499
HTG 154.22649
HUF 354.383295
IDR 20450.46585
ILS 3.417801
IMP 0.865636
INR 111.208774
IQD 1543.166109
IRR 1546625.381397
ISK 143.789847
JEP 0.865636
JMD 185.658574
JOD 0.835264
JPY 184.485395
KES 152.142024
KGS 102.983297
KHR 4726.32797
KMF 493.591725
KPW 1060.162209
KRW 1722.139364
KWD 0.362466
KYD 0.981714
KZT 544.390349
LAK 25833.587986
LBP 105047.746667
LKR 379.223933
LRD 216.159411
LSL 19.325575
LTL 3.478394
LVL 0.712574
LYD 7.448308
MAD 10.772663
MDL 20.14397
MGA 4920.148927
MKD 61.660503
MMK 2473.383461
MNT 4216.02678
MOP 9.498017
MRU 47.08404
MUR 55.155446
MVR 18.206379
MWK 2042.2343
MXN 20.257447
MYR 4.619071
MZN 75.280013
NAD 19.325575
NGN 1601.462759
NIO 43.344169
NOK 10.842499
NPR 177.984299
NZD 1.975367
OMR 0.452939
PAB 1.177977
PEN 4.07249
PGK 5.201501
PHP 71.273294
PKR 328.276462
PLN 4.233989
PYG 7194.991899
QAR 4.305381
RON 5.219078
RSD 117.387604
RUB 87.410372
RWF 1726.912122
SAR 4.455323
SBD 9.462179
SCR 16.493534
SDG 707.406677
SEK 10.861006
SGD 1.492205
SHP 0.879513
SLE 28.983666
SLL 24702.532559
SOS 673.201333
SRD 44.056898
STD 24382.681668
STN 24.530657
SVC 10.306881
SYP 130.223224
SZL 19.312858
THB 37.941785
TJS 10.990615
TMT 4.134858
TND 3.421581
TOP 2.836395
TRY 53.436978
TTD 7.982977
TWD 36.926878
TZS 3060.965929
UAH 51.739962
UGX 4413.515765
USD 1.178022
UYU 46.978711
UZS 14287.856164
VES 584.545302
VND 30991.408731
VUV 139.037421
WST 3.18548
XAF 656.836423
XAG 0.014592
XAU 0.000249
XCD 3.183664
XCG 2.122853
XDR 0.819328
XOF 656.777804
XPF 119.331742
YER 281.080331
ZAR 19.296287
ZMK 10603.617886
ZMW 22.427027
ZWL 379.322676
  • AEX

    -1.9400

    1017.5

    -0.19%

  • BEL20

    -6.5600

    5463.32

    -0.12%

  • PX1

    -89.4000

    8112.57

    -1.09%

  • ISEQ

    -222.6400

    12721.67

    -1.72%

  • OSEBX

    -8.9100

    1970.28

    -0.45%

  • PSI20

    -66.6800

    9067.26

    -0.73%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -6.0000

    3992.65

    -0.15%

  • N150

    -9.6600

    4189.18

    -0.23%

Au Brésil, l'avenir de l'épandage aérien de pesticides en question
Au Brésil, l'avenir de l'épandage aérien de pesticides en question / Photo: NELSON ALMEIDA - AFP/Archives

Au Brésil, l'avenir de l'épandage aérien de pesticides en question

Le premier consommateur mondial de pesticides est-il prêt à modérer sa pratique? Le débat monte au Brésil autour de l'épandage aérien de ces produits, de plus en plus critiqués au nom de la santé publique.

Taille du texte:

La Cour suprême brésilienne a donné gain de cause aux pourfendeurs de l'épandage aérien, en validant fin mai une loi de l'Etat du Ceara (nord-est) qui bannit cet usage depuis 2019. Des mesures similaires sont en discussion désormais dans d'autres Etats du Brésil.

Un coup de tonnerre étant donné que le Brésil, géant agricole d'envergure mondiale, a consommé 719.507 tonnes de pesticides en 2021, soit 20% du total commercialisé dans le monde, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.

Moteur de l'économie brésilienne, l'agro-négoce suit un modèle productiviste dont l'un des piliers est l'usage intensif, notamment par voie aérienne, de pesticides – que les acteurs locaux du secteur préfèrent appeler "produits phytosanitaires" ou "défensifs agricoles".

La question n'a jamais paru aussi sensible: l'usage massif de pesticides par les producteurs brésiliens est l'un des arguments brandis par ceux qui, en Europe, s'opposent à un accord de libre-échange entre Union européenne et Mercosur, dont le Brésil est le poids lourd.

- "Risque de dérive" -

Le débat fait notamment rage dans l'Etat de Sao Paulo (sud-est), deuxième région brésilienne la plus consommatrice de "produits phytosanitaires", où la culture de canne à sucre occupe environ 30% des terres agricoles.

Le procureur Gabriel Lino de Paula Pires enquête sur des plaintes dans la région du Pontal do Paranapanema, dans l'ouest de l'Etat.

"Ici, en 20 ans, cette monoculture s'est étendue de manière significative, atteignant la bordure de communautés paysannes", explique-t-il à l'AFP.

Or, de petits producteurs ruraux dénoncent les effets de l'application aérienne de pesticides dans les champs de canne à sucre environnants.

"Quand les avions survolent nos habitations, nous en ressentons les effets sur notre santé, les yeux piquent, la peau est irritée, nous toussons...", raconte Diogenes Rabello, leader local de l'organisation paysanne Mouvement des sans-terre (MST).

La loi interdit les épandages aériens à moins de 500 mètres des villes et villages et à moins de 250 mètres des sources d'eau. Mais, selon M. Pires, vu les conditions météorologiques dans la région, il n'est "pas possible d'y appliquer des pesticides par avion en toute sécurité".

Pourtant, Fabio Kagi, un responsable du syndicat de l'industrie brésilienne des produits de défense végétale (Sindiveg), observe que "parmi les méthodes de pulvérisation, la méthode aérienne est la plus réglementée".

Pour le secteur, cette technique, plus rapide que l'épandage au sol, se justifie dans des exploitations souvent immenses, pour des cultures difficilement accessibles par voie terrestre ou que les tracteurs risqueraient d'aplatir.

Entre autres obligations, les pilotes doivent avoir des licences spécifiques et un ingénieur agronome doit être présent, souligne-t-il. Mais pour le procureur Pires, le contrôle par les autorités publiques est "défaillant".

- Interdits dans l'UE -

Une autre source de préoccupation concerne le type de pesticides pulvérisés.

Une étude de l'Université fédérale de Santa Catarina sur l'épandage aérien dans les plantations de canne à sucre de cinq régions de Sao Paulo révèle que 30% des produits phytosanitaires appliqués en 2019 contenaient des principes actifs potentiellement cancérigènes et pointe une corrélation possible avec l'incidence de cancers dans ces zones, supérieure à la moyenne nationale.

Selon cette étude, 40% des pesticides appliqués par avion contenaient des principes actifs bannis ou non homologués dans l'UE.

Des rapports obtenus auprès des autorités par le bureau du Défenseur public de Sao Paulo (organe qui porte assistance juridique aux démunis), indiquent par exemple que Tereos Açucar & Energia Brasil, filiale brésilienne du groupe coopératif sucrier français Tereos, a fait épandre en 2020 de l'Actara 750 SG, un insecticide à base de thiaméthoxame commercialisé par la multinationale Syngenta.

Ce principe actif, banni dans l'UE depuis 2019, y est classé comme "très toxique pour la vie aquatique" et "susceptible de nuire à la fertilité et à l'enfant à naître".

Les entreprises sucrières brésiliennes Sao Martinho et Usina Pitangueiras ont quant à elles fait pulvériser du fongicide Opera, produit par le groupe allemand BASF, selon d'autres rapports analysés par le Défenseur public. Considéré comme un "perturbateur endocrinien" et un "cancérogène suspecté" par l'Agence française de sécurité sanitaire, son principe actif, l'époxiconazole, n'est plus autorisé dans l'UE.

Contacté par l'AFP, Tereos dit utiliser des produits "autorisés par les autorités brésiliennes" et respecter "consciencieusement toutes les recommandations d'application définies par celles-ci". Quant à Sao Martinho, le groupe assure que ses épandages aériens suivent les "réglementations et directives des autorités compétentes" et les "recommandations de la notice". Usina Pitangueiras n'a pas répondu à l'AFP.

D'après les estimations du Syndicat brésilien des entreprises d'aviation agricole, l'épandage aérien concerne entre 25% et 30% des pulvérisations de pesticides dans le pays, qui dispose de la deuxième plus grande flotte mondiale, derrière les Etats-Unis. La législation européenne interdit depuis 2009 ce mode de dispersion, "susceptible d'avoir des effets néfastes importants sur la santé humaine et l'environnement".

En dépit des critiques, un projet de loi est actuellement examiné par les parlementaires à Brasilia pour faciliter l'homologation des pesticides.

Y.I.Hashem--DT