Dubai Telegraph - En Irak, la jeunesse branchée accro aux fripes

EUR -
AED 4.250593
AFN 72.324867
ALL 95.930454
AMD 436.637368
ANG 2.071496
AOA 1061.158156
ARS 1617.145032
AUD 1.665045
AWG 2.085575
AZN 1.971949
BAM 1.953338
BBD 2.331262
BDT 142.030979
BGN 1.978023
BHD 0.436948
BIF 3434.010038
BMD 1.157206
BND 1.481046
BOB 8.015931
BRL 6.108085
BSD 1.157441
BTN 108.457108
BWP 15.860489
BYN 3.42671
BYR 22681.245746
BZD 2.327966
CAD 1.594856
CDF 2635.536793
CHF 0.916224
CLF 0.026909
CLP 1062.52355
CNY 7.976273
CNH 7.986744
COP 4289.833615
CRC 539.324876
CUC 1.157206
CUP 30.66597
CVE 110.368555
CZK 24.458023
DJF 205.658378
DKK 7.472359
DOP 69.287759
DZD 153.613393
EGP 60.854389
ERN 17.358096
ETB 182.115406
FJD 2.576756
FKP 0.864491
GBP 0.865538
GEL 3.141849
GGP 0.864491
GHS 12.61934
GIP 0.864491
GMD 84.47616
GNF 10160.272133
GTQ 8.863828
GYD 242.250938
HKD 9.056587
HNL 30.689286
HRK 7.538506
HTG 151.770015
HUF 391.574297
IDR 19578.775346
ILS 3.616675
IMP 0.864491
INR 108.945427
IQD 1515.940404
IRR 1521784.29691
ISK 143.783137
JEP 0.864491
JMD 182.659769
JOD 0.820422
JPY 184.13698
KES 149.857154
KGS 101.195963
KHR 4646.183459
KMF 491.81255
KPW 1041.452386
KRW 1737.904695
KWD 0.354834
KYD 0.964613
KZT 558.775699
LAK 24937.798398
LBP 103627.834229
LKR 363.834554
LRD 212.461728
LSL 19.499067
LTL 3.41693
LVL 0.699982
LYD 7.400305
MAD 10.833822
MDL 20.245095
MGA 4819.76486
MKD 61.649193
MMK 2429.704088
MNT 4130.036574
MOP 9.328386
MRU 46.41584
MUR 56.923438
MVR 17.878826
MWK 2010.068175
MXN 20.624886
MYR 4.578484
MZN 73.94226
NAD 19.464141
NGN 1596.824364
NIO 42.492237
NOK 11.24966
NPR 173.52728
NZD 1.994342
OMR 0.444953
PAB 1.157441
PEN 4.018968
PGK 4.982357
PHP 69.517947
PKR 323.150002
PLN 4.277843
PYG 7552.480583
QAR 4.216841
RON 5.09437
RSD 117.422922
RUB 93.154734
RWF 1689.521367
SAR 4.343819
SBD 9.317499
SCR 16.673401
SDG 695.480938
SEK 10.833142
SGD 1.482144
SHP 0.868205
SLE 28.409612
SLL 24266.052459
SOS 661.347025
SRD 43.210374
STD 23951.836413
STN 25.030375
SVC 10.128234
SYP 128.423928
SZL 19.499125
THB 37.8852
TJS 11.106389
TMT 4.050222
TND 3.361709
TOP 2.786275
TRY 51.314926
TTD 7.864156
TWD 36.992649
TZS 2974.020449
UAH 50.834846
UGX 4334.536595
USD 1.157206
UYU 47.170545
UZS 14123.703968
VES 528.269768
VND 30500.489496
VUV 138.237827
WST 3.181015
XAF 655.134076
XAG 0.016648
XAU 0.000264
XCD 3.127408
XCG 2.086089
XDR 0.814857
XOF 657.873131
XPF 119.331742
YER 276.167476
ZAR 19.76026
ZMK 10416.242604
ZMW 21.90539
ZWL 372.619994
  • AEX

    7.5400

    974.22

    +0.78%

  • BEL20

    4.9400

    4944.99

    +0.1%

  • PX1

    17.7700

    7743.92

    +0.23%

  • ISEQ

    7.2500

    12096.67

    +0.06%

  • OSEBX

    7.4100

    1956.18

    +0.38%

  • PSI20

    103.5900

    8881.98

    +1.18%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -57.9900

    3544.03

    -1.61%

  • N150

    22.5600

    3782.5

    +0.6%

En Irak, la jeunesse branchée accro aux fripes
En Irak, la jeunesse branchée accro aux fripes / Photo: AHMAD AL-RUBAYE - AFP

En Irak, la jeunesse branchée accro aux fripes

Dans une palmeraie au nord de Bagdad, des mannequins amateurs défilent, l'air blasé. Ici, pas de haute couture, mais des tenues vintage semblant sortir de films des années 1970. Pour ces jeunes Irakiens, la fripe c'est chic... et c'est un moyen d'éveiller à la protection de l'environnement.

Taille du texte:

Car le défilé est d'abord organisé pour sensibiliser aux effets du changement climatique subis de plein fouet par l'Irak. Il illustre aussi l'engouement récent pour les vêtements de seconde main chez les jeunes.

"Nous ne voulons pas une surproduction de vêtements. Il faut réutiliser", plaide Mohamed Qassem, 25 ans, coiffeur et organisateur du défilé dans les palmeraies du village d'Al-Hussainiya.

Exhibant une doudoune vert fluo, un long manteau noir en cuir usé, d'amples blazers croisés, à carreaux ou à rayures, les mannequins se succèdent sous les yeux médusés de bergers.

Dans un pays qui renoue avec une certaine normalité après des décennies de conflits et s'ouvre chaque jour un peu plus, les fripes permettent aux amateurs de cultiver leur différence à petits prix. Loin des enseignes de mode internationale et de "fast-fashion" qui font timidement leur apparition à Bagdad.

Parmi les tenues arborées au défilé, le vert domine comme un clin d'oeil, car l'initiative entend encourager le reboisement pour contrer la désertification galopante en mettant en valeur la palmeraie, vulnérable au changement climatique.

"L'objectif (est non seulement de) se concentrer sur les vêtements, mais aussi (sur) les vergers délaissés, les palmiers qui disparaissent chaque jour. Tout cela amplifie la pollution", souligne Mohamed Qassem.

- "Fripes de luxe" -

Veste rose, moustache à la Clark Gable et cheveux gominés, le jeune homme égrène les consignes, aidant un mannequin à rectifier sa démarche, suggérant des pauses à un autre.

Les vêtements présentés ne seront pas mis en vente. Mohamed Qassem a uniquement organisé le défilé pour la beauté du geste et pour éveiller à la protection de l'environnement.

"Les fripes, ce sont des vêtements d'excellente qualité. Quand tu les portes, tu as l'impression de revêtir des vêtements de luxe, c'est différent de ce que tu trouves dans le commerce", explique Ahmed Taher, styliste de 22 ans qui a fourni les ensembles.

Etudiant en commerce, il compte 47.000 abonnés sur son compte Instagram "Modern Outfit". Il y propose aux hipsters de Bagdad des vêtements d'occasion, parfois de grandes marques. Il vend des ensembles pantalon/chemise ou des tee-shirts à 20 dollars.

"On veut porter des vêtements uniques et ne pas tous ressembler les uns aux autres", ajoute M. Taher, vêtu d'une veste grise classique qui lui donne un air d'Al Pacino dans "Le Parrain".

Mannequin d'un jour, Safaa Haidar appelle à "planter un arbre chez soi". L'étudiante de 22 ans "s'intéresse à la mode en général" et confirme son attrait pour les fripes, assurant choisir ses vêtements "en fonction de (sa) personnalité".

Mais la sape d'occasion est aussi un choix économique.

Dans un pays où près d'un tiers des 42 millions d'Irakiens sont pauvres, les allées tortueuses du grand marché aux fripes de Bagdad ne désemplissent pas le vendredi.

Devant les étals croulant sous les chemises, chaussures et jeans, des hommes essayent des vêtements. Ici, une chemise coûte parfois à peine deux dollars. D'autres pièces peuvent se vendre jusqu'à 200 dollars.

- "Durer toute une vie" -

Mohamed Ali, étudiant en ingénierie de 20 ans, est venu acheter des chaussures. A l'époque de l'embargo occidental contre l'Irak dans les années 1990, il raconte comment ses parents "portaient le même pantalon à l'endroit et à l'envers, jusqu'à l'usure, car ils n'avaient pas les moyens d'acheter de vêtements".

Des décennies plus tard, la démarche a changé. "La plupart de mes amis achètent des fripes", confirme-t-il. "Ce n'est pas qu'on n'a pas les moyens d'acheter neuf. Mais on trouve des pièces de meilleure qualité et uniques."

Hassan Refaat propose des vêtements achetés puis abandonnés par des consommateurs en Europe et qui retrouvent une seconde vie dans les penderies irakiennes. Sa marchandise est aussi importée du Kurdistan, région autonome du nord de l'Irak à la frontière avec un géant de la production textile, la Turquie.

"Les fripes sont de meilleure qualité que les vêtements neufs disponibles sur le marché. Bien souvent, il s'agit de pièces de marques", résume M. Refaat, 22 ans. "Et les marques durent toute une vie".

A.Murugan--DT