Dubai Telegraph - En Tunisie, des femmes pêcheuses combattent les inégalités et le changement climatique

EUR -
AED 4.198299
AFN 72.583816
ALL 94.019914
AMD 420.704666
ANG 2.046432
AOA 1049.274168
ARS 1670.45311
AUD 1.632462
AWG 2.057401
AZN 1.939879
BAM 1.952061
BBD 2.302989
BDT 140.470942
BGN 1.932678
BHD 0.430854
BIF 3411.85707
BMD 1.143001
BND 1.478768
BOB 7.900867
BRL 5.896059
BSD 1.14341
BTN 108.191769
BWP 15.518276
BYN 3.199272
BYR 22402.813593
BZD 2.299695
CAD 1.618758
CDF 2588.896631
CHF 0.924596
CLF 0.026327
CLP 1036.164256
CNY 7.737658
CNH 7.746767
COP 3936.631549
CRC 518.706468
CUC 1.143001
CUP 30.289518
CVE 110.054202
CZK 24.196125
DJF 203.133759
DKK 7.47443
DOP 66.841971
DZD 152.617101
EGP 56.886119
ERN 17.14501
ETB 184.3477
FJD 2.569179
FKP 0.86376
GBP 0.862983
GEL 3.028998
GGP 0.86376
GHS 12.835415
GIP 0.86376
GMD 84.020825
GNF 10018.809946
GTQ 8.719299
GYD 239.201832
HKD 8.960612
HNL 30.589409
HRK 7.534667
HTG 149.363908
HUF 352.275669
IDR 20397.647477
ILS 3.396255
IMP 0.86376
INR 108.10552
IQD 1497.930859
IRR 1571625.953592
ISK 144.006235
JEP 0.86376
JMD 180.673937
JOD 0.810347
JPY 184.599152
KES 147.950338
KGS 99.95507
KHR 4591.205992
KMF 490.916285
KPW 1028.701024
KRW 1756.82062
KWD 0.352799
KYD 0.952875
KZT 557.312522
LAK 25252.631045
LBP 102395.671068
LKR 382.337669
LRD 208.111383
LSL 18.787415
LTL 3.374984
LVL 0.69139
LYD 7.310307
MAD 10.659483
MDL 20.107486
MGA 4822.762468
MKD 61.647195
MMK 2400.2077
MNT 4091.064279
MOP 9.233115
MRU 45.720427
MUR 54.646421
MVR 17.670543
MWK 1984.24915
MXN 19.840075
MYR 4.743112
MZN 73.041041
NAD 18.787415
NGN 1562.173531
NIO 42.079401
NOK 11.081275
NPR 173.106431
NZD 2.000579
OMR 0.439488
PAB 1.14341
PEN 3.869089
PGK 5.094242
PHP 69.879064
PKR 318.021261
PLN 4.275383
PYG 6970.648402
QAR 4.168416
RON 5.237913
RSD 117.41016
RUB 84.863008
RWF 1674.69229
SAR 4.290586
SBD 9.214213
SCR 15.629856
SDG 686.359388
SEK 10.991398
SGD 1.478329
SHP 0.853365
SLE 28.289887
SLL 23968.157231
SOS 653.448383
SRD 42.783084
STD 23657.806647
STN 24.453162
SVC 10.004837
SYP 126.338264
SZL 18.783023
THB 37.661299
TJS 10.605486
TMT 4.000502
TND 3.380924
TOP 2.752072
TRY 53.102442
TTD 7.754148
TWD 36.167989
TZS 3004.071008
UAH 51.425699
UGX 4174.0051
USD 1.143001
UYU 45.722423
UZS 13703.751799
VES 693.381551
VND 30083.778254
VUV 135.276765
WST 3.145305
XAF 654.70298
XAG 0.017475
XAU 0.000273
XCD 3.089016
XCG 2.060753
XDR 0.813463
XOF 653.79697
XPF 119.331742
YER 272.702952
ZAR 18.739068
ZMK 10288.378745
ZMW 20.26718
ZWL 368.045757
  • AEX

    4.7400

    1082.93

    +0.44%

  • BEL20

    58.1700

    5705.83

    +1.03%

  • PX1

    -21.0500

    8400.11

    -0.25%

  • ISEQ

    170.9400

    13956.43

    +1.24%

  • OSEBX

    -3.7100

    1946.67

    -0.19%

  • PSI20

    65.5400

    9168.22

    +0.72%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    94.6000

    4336.96

    +2.23%

  • N150

    -2.5400

    4233.39

    -0.06%

En Tunisie, des femmes pêcheuses combattent les inégalités et le changement climatique
En Tunisie, des femmes pêcheuses combattent les inégalités et le changement climatique / Photo: Mohamed KHALIL - AFP

En Tunisie, des femmes pêcheuses combattent les inégalités et le changement climatique

Devant la côte plate des îles Kerkennah, en Tunisie, Sara Souissi rame vers le large dans son petit bateau de pêche. Rare femme dans un métier dominé par les hommes, elle combat les stéréotypes de genre et des problèmes environnementaux qui menacent son gagne-pain.

Taille du texte:

"J'adore la mer et j'adore pêcher, c'est pour ça que j'ai persisté, même si la société n'accepte pas tellement qu'une femme pêche", raconte à l'AFP Mme Souissi, 43 ans, qui s'adonne à cette passion depuis l'adolescence.

Dans ce secteur essentiel en Tunisie, environ 13% du PIB en incluant l'aquaculture, les femmes jouent "un rôle actif et varié tout au long" de la filière, mais peu reconnu, selon une récente étude de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

S'il n'existe aucune statistique sur leur poids exact sur 44.000 pêcheurs au total en 2023 selon l'Observatoire national de l'Agriculture, 60% des actifs de l'économie informelle du pays sont des femmes.

Les pêcheuses "ne sont souvent pas considérées comme de vraies travailleuses" par leurs homologues masculins et ont moins d'accès aux aides, aux formations et aux banques qui les classent comme des "emprunteuses à haut risque", selon la FAO.

Celles qui travaillent avec des hommes de leurs familles, en partie à cause d'une législation qui les défavorise en termes de droits à la propriété, sont "perçues comme des aides familiales non rémunérées", selon l'étude.

A Raoued, au nord de Tunis, l'association de pêche durable TSSF a animé en juin une formation de femmes aux métiers de la pêche. "L'idée est de créer des ressources supplémentaires (pour les familles, ndlr) tout en s'adaptant au contexte de changement climatique, de diminution des ressources marines et de mauvaises pratiques de pêche", explique à l'AFP Ryma Moussaoui, coordinatrice de l'atelier.

Mais ce jour-là la majorité des femmes ont surtout pour ambition d'assister les hommes de leur entourage. "Mon mari et mon père sont pêcheurs", explique Safa Ben Khalifa, une participante, pour qui sa principale contribution consistera à "fabriquer des filets de pêche".

- changement climatique -

A l'inverse, Sara Souissi tient à son indépendance et est fière de son apport au foyer qu'elle compose avec son mari, également pêcheur, et leur enfant.

Outre les préjugés sur le genre, elle affronte aussi des défis comme le réchauffement des océans qui frappe de plein fouet son archipel, à 300 km au sud de Tunis. En août, la Méditerranée a battu des records de températures avec 28,9 degrés de moyenne quotidienne, rendant ses eaux inhabitables pour certaines espèces.

Sur les 1.300 km de côtes tunisiennes, la pression sur la faune est aggravée par la surpêche et des méthodes non durables comme les casiers en plastique servant à piéger les poissons ou les chaluts pélagiques qui ratissent les fonds marins et arrachent les herbiers, nid et vivier des poissons.

"Ils ne respectent pas les règles, ils attrapent tout ce qu'ils peuvent, même en dehors des périodes de pêche" autorisées, déplore, casquette blanche sur la tête, Mme Souissi, à propos de certains de ses collègues.

Autre problème majeur, la pollution.

Au sud des Kerkennah, des ramasseuses de palourdes avaient créé en 2017 une association pour développer cette activité à Skhira, dans le Golfe de Gabès, à 350 km au sud de Tunis.

- "Pas d'autres emplois" -

L'association avait permis à une quarantaine de femmes "de s'affranchir des intermédiaires" par lesquels elles passaient pour exporter vers l'Europe, ne récupérant qu'un dixième du prix de vente final, explique à l'AFP Houda Mansour, sa présidente.

Mais en 2020, face à une baisse des populations de ce fruit de mer, décimées par la pollution et le réchauffement climatique, le gouvernement a interdit la collecte et l'association a fermé ses portes.

"Elles n'ont pas de diplôme et ne peuvent pas trouver d'autres emplois", souligne Mme Mansour, elle-même reconvertie dans la pâtisserie.

Les palourdes ne sont pas la seule espèce à pâtir des eaux polluées et en surchauffe du Golfe de Gabès "devenues défavorables à la vie des poissons", selon Emna Benkahla, chercheuse à l'Université El Manar à Tunis. Pour la chercheuse, il faut oeuvrer à une pêche plus durable car la diminution généralisée des ressources halieutiques va "sans nul doute aggraver le chômage".

Avec sa barque sans moteur et ses filets de petite taille, Mme Souissi fait figure de pionnière et n'envisage pas de renoncer à son métier: "Pour rester à la maison et faire le ménage ? Pas question, je veux continuer à pêcher".

A.Ansari--DT