Dubai Telegraph - Cinq ans après l'exode au Bangladesh, les écoliers rohingyas doivent chanter l'hymne birman

EUR -
AED 4.254885
AFN 73.567814
ALL 94.598007
AMD 426.600616
ANG 2.074325
AOA 1063.000721
ARS 1664.575106
AUD 1.64142
AWG 2.085444
AZN 1.968596
BAM 1.952413
BBD 2.33465
BDT 142.294364
BGN 1.95902
BHD 0.436905
BIF 3465.31278
BMD 1.15858
BND 1.485024
BOB 8.039053
BRL 5.8981
BSD 1.159189
BTN 109.555933
BWP 15.532054
BYN 3.209232
BYR 22708.168
BZD 2.331355
CAD 1.623756
CDF 2687.90574
CHF 0.919142
CLF 0.026075
CLP 1026.223672
CNY 7.829047
CNH 7.832916
COP 3979.7223
CRC 527.98401
CUC 1.15858
CUP 30.70237
CVE 110.470693
CZK 24.100839
DJF 205.902683
DKK 7.456783
DOP 67.892723
DZD 153.950921
EGP 57.822639
ERN 17.3787
ETB 183.490132
FJD 2.587921
FKP 0.86213
GBP 0.864567
GEL 3.064443
GGP 0.86213
GHS 13.089289
GIP 0.86213
GMD 84.575974
GNF 10169.43481
GTQ 8.835747
GYD 242.479327
HKD 9.07799
HNL 30.930838
HRK 7.532973
HTG 151.387361
HUF 348.326662
IDR 20563.172988
ILS 3.381634
IMP 0.86213
INR 109.265098
IQD 1517.7398
IRR 1593047.499933
ISK 144.046287
JEP 0.86213
JMD 183.331941
JOD 0.821455
JPY 185.677505
KES 150.059488
KGS 101.317545
KHR 4648.794215
KMF 492.396282
KPW 1042.722405
KRW 1751.616548
KWD 0.356956
KYD 0.966024
KZT 565.294402
LAK 25523.517173
LBP 103750.839063
LKR 388.339628
LRD 211.03515
LSL 18.763038
LTL 3.420985
LVL 0.700814
LYD 7.38597
MAD 10.711092
MDL 20.227907
MGA 4866.035941
MKD 61.505117
MMK 2432.37726
MNT 4144.618153
MOP 9.352574
MRU 46.435939
MUR 54.604154
MVR 17.91193
MWK 2011.295178
MXN 19.943541
MYR 4.709401
MZN 74.035701
NAD 18.771217
NGN 1574.648845
NIO 42.415729
NOK 10.995446
NPR 175.288382
NZD 1.99468
OMR 0.445472
PAB 1.159189
PEN 3.953666
PGK 5.08356
PHP 69.946961
PKR 322.430713
PLN 4.226117
PYG 7073.727914
QAR 4.217813
RON 5.221762
RSD 117.098902
RUB 84.543374
RWF 1723.96704
SAR 4.34687
SBD 9.339805
SCR 16.353499
SDG 695.726506
SEK 10.894244
SGD 1.485334
SHP 0.864997
SLE 28.675193
SLL 24294.847556
SOS 662.137191
SRD 43.252139
STD 23980.266836
STN 24.793612
SVC 10.142492
SYP 128.060278
SZL 18.765381
THB 37.693822
TJS 10.745558
TMT 4.066616
TND 3.373496
TOP 2.789583
TRY 53.662906
TTD 7.874339
TWD 36.563049
TZS 3041.275941
UAH 51.914682
UGX 4288.559853
USD 1.15858
UYU 46.799213
UZS 13908.752735
VES 690.555849
VND 30500.77708
VUV 138.163938
WST 3.174178
XAF 654.820963
XAG 0.016607
XAU 0.000268
XCD 3.131121
XCG 2.089158
XDR 0.81529
XOF 654.597907
XPF 119.331742
YER 276.466182
ZAR 18.803829
ZMK 10428.609136
ZMW 20.488455
ZWL 373.062287
  • AEX

    9.4200

    1079.49

    +0.88%

  • BEL20

    27.7600

    5692.41

    +0.49%

  • PX1

    -30.4100

    8417.26

    -0.36%

  • ISEQ

    10.9500

    13692.59

    +0.08%

  • OSEBX

    0.5900

    1951.81

    +0.03%

  • PSI20

    36.0900

    9058.4

    +0.4%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -49.7600

    4166.99

    -1.18%

  • N150

    0.8500

    4269.39

    +0.02%

Cinq ans après l'exode au Bangladesh, les écoliers rohingyas doivent chanter l'hymne birman
Cinq ans après l'exode au Bangladesh, les écoliers rohingyas doivent chanter l'hymne birman / Photo: Munir uz Zaman - AFP

Cinq ans après l'exode au Bangladesh, les écoliers rohingyas doivent chanter l'hymne birman

Cinq ans après avoir échappé aux massacres des Rohingyas perpétrés par l'armée birmane, Mohammad Yusuf et ses camarades de classe, réfugiés apatrides au Bangladesh, doivent chanter chaque matin l'hymne national de Birmanie, leur pays d'origine qui leur refuse la citoyenneté.

Taille du texte:

Environ 750.000 Rohingyas ont fui une brutale offensive, lancée par l'armée en Birmanie, il y a exactement cinq ans jeudi, et ont trouvé asile au Bangladesh voisin, où se trouvaient déjà plus de 100.000 réfugiés, victimes de précédentes violences.

Des centaines de milliers d'enfants présents dans les camps du sud-est du Bangladesh, ont peu ou pas été scolarisés.

Le mois dernier, les autorités bangladaises ont accepté que l'Unicef intensifie son programme d'éducation qui doit devenir progressivement accessible à tous les enfants.

Mohammad Yusuf, un adolescent de 15 ans, est l'un des quelque 130.000 jeunes à en bénéficier.

Les Rohingyas, pour la plupart musulmans, survivent entassés dans des camps insalubres à l'abri de baraques de fortune.

Ils refusent de retourner en Birmanie, à majorité bouddhiste, tant qu'ils n'auront pas obtenu des droits de citoyenneté dont ils sont privés.

- La Birmanie, "ma patrie" -

L'espoir de les voir rentrer chez eux s'est plus que jamais amenuisé avec le coup d'État militaire en Birmanie l'an dernier.

La semaine dernière, en visite à Dacca, la Haute-commissaire de l'Onu aux droits humains, Michelle Bachelet, a insisté sur le fait qu'il n'était toujours pas sûr pour les réfugiés rohingyas de retourner en Birmanie.

Le Bangladesh craint d'encourager l'afflux de Rohingyas en provenance de la Birmanie voisine et de pérenniser la présence des centaines de milliers d'autres.

Le gouvernement bangladais redoute "qu'avec l'éducation des Rohingyas, la Birmanie en conclut que le Bangladesh finira par intégrer la minorité musulmane", explique à l'AFP Mahfuzur Rahman, un ancien général bangladais, en fonction au plus fort de l'exode.

Et les autorités bangladaises s'accrochent à la perspective de leur rapatriement.

Le programme scolaire, calqué sur celui de leur pays d'origine et dispensé en birman, "leur rappelle qu'ils sont de Birmanie où ils retourneront un jour", souligne auprès de l'AFP Shamsud Douza, commissaire adjoint aux réfugiés.

Pour la même raison, explique M. Douza, les enfants doivent chanter tous les matins à l'école l'hymne national birman alors même qu'ils sont apatrides et que la Birmanie est poursuivie pour génocide par la plus haute juridiction de l'Onu.

Mais Mohammad Yusuf et ses camarades de classe tournent cette obligation en revendication de citoyenneté adressée à la Birmanie.

"La Birmanie est ma patrie. Le pays ne nous a fait aucun mal. Ce sont des gens puissants qui l'ont fait. Ma jeune sœur est morte là-bas. Notre peuple a été massacré", affirme Mohammad Yusuf, "c'est quand même mon pays et je l'aimerai jusqu'au bout".

Alors il chante.

Aujourd'hui, Dacca "a réalisé" qu'il faut un plan de long terme, estime M. Rahman, notamment pour éviter qu'une génération de jeunes hommes, sans éducation, traîne dans les camps. Environ 50% des réfugiés en présence ont moins de 18 ans.

- "Des monstres" en devenir ? -

La sécurité dans les camps est devenue une préoccupation majeure avec une forte hausse de la criminalité.

Au cours des cinq dernières années, plus de 100 meurtres ont été commis et la contrebande d'amphétamines organisée par des gangs est florissante.

Des insurgés rohingyas se livrent aussi à des vendettas dans les camps où des dizaines de chefs communautaires ont été abattus.

Les jeunes, sans perspectives d'avenir, n'ayant pas le droit de sortir des camps ni de travailler, sont livrés à l'ennui. Ce sont des recrues faciles pour toutes sortes de trafics et d'activités criminelles aux conséquences dramatiques.

Toute cette jeunesse à l'abandon constitue "des bombes à retardement", estime M. Rahman. "Grandir dans un camp sans éducation, sans espoir et sans rêves, allez savoir quels monstres ils peuvent devenir!".

Mojib Ullah, un dirigeant de la diaspora rohingya, actuellement en Australie, juge si maigres les chances que les Rohingyas retournent dans leur pays, que l'effort d'une éducation birmane lui paraît bien inutile.

"Si nous ne retournons pas chez nous, à quoi bon étudier en birman ? C'est une pure perte de temps, une sorte de suicide collectif", dit-il,"nous avons déjà perdu cinq ans. Nous avons besoin de programmes d'études internationaux en anglais".

Mais cela n'empêche pas le jeune Mohammad, à l'abri de sa pauvre baraque, de se livrer à la lecture fascinée d'un ouvrage sur les frères Orville et Wilbur Wright, pionniers américains de l'aviation, ni d'espérer "voler un jour autour du globe".

"C'est mon seul rêve", dit-il.

H.Nadeem--DT