Dubai Telegraph - Démographie : toujours moins de bébés en France, à mi-2026

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Démographie : toujours moins de bébés en France, à mi-2026
Démographie : toujours moins de bébés en France, à mi-2026 / Photo: PHILIPPE HUGUEN - AFP/Archives

Démographie : toujours moins de bébés en France, à mi-2026

Toujours moins de bébés : le nombre de naissances a encore reculé en France au premier semestre 2026, dans la lignée du déclin historique de la natalité enregistré ces dernières années, une tendance qui devrait se poursuivre, selon des experts interrogés par l'AFP.

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Entre janvier et juin, un peu moins de 314.000 bébés ont vu le jour dans l'Hexagone, contre plus de 317.000 au premier semestre 2025, selon les données provisoires de l'Institut national de la statistique, publiées jeudi. Cela représente une baisse de 1,1% du nombre quotidien de naissances moyen entre les deux périodes.

La baisse se poursuit toutefois à un rythme ralenti par rapport à ces dernières années. En 2023, le nombre de naissances annuel s'est replié de 6,6%, en 2024 de 2,8% et en 2025 de 2,3%.

"On atteint des niveaux bas, peut-être qu'on arrive sur un plateau mais rien n'indique que ça pourra remonter", commente auprès de l'AFP Didier Breton, professeur de démographie à l'Université de Strasbourg. "Construire des projets devient de moins en moins évident pour les gens".

- Multiples facteurs -

Difficultés à trouver un emploi stable, à louer ou acheter un logement suffisamment grand, craintes vis-à-vis de la conjoncture économique ou du réchauffement climatique : autant de facteurs qui peuvent amener à différer ou renoncer à un projet d'enfant, selon les spécialistes.

"Les canicules qui viennent d'arriver sont angoissantes, je pense qu'elles vont renforcer le manque de confiance dans l'avenir", anticipe Didier Breton. "Or pour avoir un enfant, il faut être capable de se projeter".

Si la tendance baissière se poursuit, le nombre de naissances pourrait s'approcher des 635.000 en 2026. Il serait ainsi au plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour la cinquième année consécutive.

Le déclin s'inscrit dans une tendance de plus long terme. En 2025, 644.000 bébés ont vu le jour, soit près d'un quart de moins qu'en 2010, date du dernier pic des naissances, selon l'Insee.

Le déclin de la natalité agite la classe politique, qui s'inquiète notamment du financement futur du système de protection sociale. Il avait conduit le président de la République, Emmanuel Macron, à appeler au "réarmement démographique" de la France.

Pour soutenir les familles, le gouvernement a mis en place un nouveau congé de naissance indemnisé, de deux mois maximum, accessible à chaque parent depuis juillet. Une mesure vue d'un bon oeil par les experts, qui la considèrent toutefois comme insuffisante pour changer la donne.

- Rebond difficile -

"La tendance est bien installée, on est à un point bas et on continue à creuser, cela peut descendre très bas, comme on peut le voir en Italie, au Japon ou en Corée", observe auprès de l'AFP l'économiste Maxime Sbaihi, auteur de l'essai "Les Balançoires vides".

"Plus la natalité baisse, plus il devient difficile et long pour la voir rebondir", précise Maxime Sbaihi. Car moins de bébés signifie "que le nombre de futurs parents potentiels se réduit" et que les gens s'habituent à la "nouvelle norme sociale" d'avoir peu d'enfants ou de ne pas en avoir.

En Corée du Sud, par exemple, le taux de fécondité était de 0,8 enfant par femme en moyenne en 2025, bien en-deça du seuil de 2,1 nécessaire pour maintenir la population

La France est toutefois encore loin de ce cas de figure, selon l'économiste. Le taux de fécondité s'est établi à 1,61 enfant par femme en 2024, il s'agit du deuxième plus élevé de l'Union européenne, derrière la Bulgarie.

L'été dernier, une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) avait toutefois révélé que le désir d'enfant a nettement reculé en 20 ans, ce qui présage d'une poursuite de la baisse de la fécondité.

Parallèlement à la baisse des naissances, le nombre de décès augmente, en lien avec l'arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité.

Conséquence des deux phénomènes, la France a connu en 2025 pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale un solde naturel de population négatif, soit la différence entre le nombre de naissances et de décès. Il devrait être à nouveau dans le rouge en 2026, de façon plus marquée.

T.Jamil--DT