Dubai Telegraph - Après 15 ans de croissance, la Côte d'Ivoire mise sur l'émergence de champions économiques locaux

EUR -
AED 4.211677
AFN 73.968915
ALL 91.38047
AMD 416.654997
ANG 2.053218
AOA 1051.629082
ARS 1736.567358
AUD 1.610412
AWG 2.067134
AZN 1.955189
BAM 1.953237
BBD 2.309279
BDT 140.685364
BGN 1.930595
BHD 0.432361
BIF 3434.710672
BMD 1.146815
BND 1.462281
BOB 11.259272
BRL 5.861599
BSD 1.1466
BTN 109.79738
BWP 15.560646
BYN 3.456963
BYR 22477.572345
BZD 2.305984
CAD 1.60901
CDF 2649.14242
CHF 0.941059
CLF 0.027533
CLP 1087.145904
CNY 7.678384
CNH 7.674032
COP 3675.782635
CRC 512.929066
CUC 1.146815
CUP 30.390595
CVE 110.555803
CZK 24.323772
DJF 203.811519
DKK 7.475548
DOP 67.604896
DZD 153.266769
EGP 59.534263
ERN 17.202224
ETB 187.236886
FJD 2.566799
FKP 0.856283
GBP 0.857571
GEL 2.975973
GGP 0.856283
GHS 13.205568
GIP 0.856283
GMD 84.321157
GNF 10040.364511
GTQ 8.750516
GYD 239.836284
HKD 8.99682
HNL 30.778606
HRK 7.536293
HTG 149.853332
HUF 361.691087
IDR 20480.967577
ILS 3.456558
IMP 0.856283
INR 109.764236
IQD 1502.028732
IRR 1576698.486292
ISK 138.202299
JEP 0.856283
JMD 180.702845
JOD 0.813033
JPY 180.461671
KES 148.546839
KGS 100.288394
KHR 4649.187712
KMF 493.130706
KPW 1032.133789
KRW 1571.83025
KWD 0.353701
KYD 0.95545
KZT 514.427107
LAK 25723.058848
LBP 102697.275884
LKR 378.992609
LRD 198.227383
LSL 18.636465
LTL 3.386247
LVL 0.693697
LYD 7.288071
MAD 10.947502
MDL 20.138658
MGA 5004.453954
MKD 61.537605
MMK 2407.878621
MNT 4123.885768
MOP 9.265281
MRU 45.941701
MUR 54.657101
MVR 17.729925
MWK 1991.435455
MXN 19.740165
MYR 4.677844
MZN 73.282792
NAD 18.647011
NGN 1521.433219
NIO 42.194624
NOK 10.824413
NPR 175.676208
NZD 2.008027
OMR 0.44095
PAB 1.1465
PEN 3.87042
PGK 5.106298
PHP 71.963786
PKR 317.736401
PLN 4.3464
PYG 6824.044097
QAR 4.1908
RON 5.263998
RSD 117.300823
RUB 96.04453
RWF 1686.593861
SAR 4.306368
SBD 9.175107
SCR 15.988087
SDG 689.80932
SEK 11.279888
SGD 1.463181
SHP 0.857271
SLE 28.2683
SLL 24048.126061
SOS 655.242913
SRD 43.246963
STD 23736.753342
STN 24.467995
SVC 10.031834
SYP 14910.887824
SZL 18.6536
THB 38.108973
TJS 10.576965
TMT 4.02532
TND 3.375969
TOP 2.761255
TRY 55.981658
TTD 7.790809
TWD 36.42181
TZS 3027.571908
UAH 51.329435
UGX 4506.105815
USD 1.146815
UYU 46.069538
UZS 13563.199603
VES 971.908557
VND 29842.99114
VUV 135.230759
WST 3.15407
XAF 655.957
XAG 0.01719
XAU 0.000262
XCD 3.099325
XCG 2.066397
XDR 0.810858
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 271.278841
ZAR 18.616545
ZMK 10322.71197
ZMW 22.386717
ZWL 369.273935
SSP 6550.622818
MXV 2.237558
  • AEX

    7.2300

    1102.35

    +0.66%

  • BEL20

    50.2800

    5763.48

    +0.88%

  • PX1

    74.2000

    8138.94

    +0.92%

  • ISEQ

    120.7900

    14331.48

    +0.85%

  • OSEBX

    -9.9500

    2107.46

    -0.47%

  • PSI20

    75.3800

    9617.39

    +0.79%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    25.0900

    4277.39

    +0.59%

Après 15 ans de croissance, la Côte d'Ivoire mise sur l'émergence de champions économiques locaux
Après 15 ans de croissance, la Côte d'Ivoire mise sur l'émergence de champions économiques locaux / Photo: Issouf SANOGO - AFP/Archives

Après 15 ans de croissance, la Côte d'Ivoire mise sur l'émergence de champions économiques locaux

Cosmétiques naturels, banque en ligne, distribution de pétrole et gaz, compagnie aérienne: après 15 ans de croissance soutenue, la Côte d'Ivoire mise sur l'émergence de robustes entreprises, des "champions nationaux" privés, acteurs clés de son plan de développement à l'horizon 2030.

Taille du texte:

Au cœur de la zone industrielle de Yopougon, en périphérie d'Abidjan, des ouvrières remplissent à la chaîne des milliers de bouteilles de cosmétiques à base de beurre de karité.

Dans le tumulte des machines, Fodé Yattabaré raconte comment son entreprise, Kaera, a modestement démarré dans un petit appartement à la fin des années 2000.

Aujourd'hui forte de 600 salariés, la société de ce quadragénaire vend ses produits de beauté dans toute l'Afrique de l'Ouest, et jusqu'à Paris et Dubaï - une trentaine de pays au total.

"Il y a un écosystème propice à l'éclosion d'entrepreneurs comme nous. Cela renforce notre confiance dans les perspectives", pointe le PDG, qui espère désormais conquérir le marché européen.

Après presque une décennie de crise politico-militaire (2002-2011) ayant considérablement affaibli son économie, la Côte d'Ivoire a retrouvé la stabilité, avec une croissance régulièrement supérieure à 6% qui l'a replacée parmi les locomotives d'Afrique de l'Ouest.

- Confiance -

"La Côte d'Ivoire reste l'un des pays les plus stables de la région. L'infrastructure est excellente, l'environnement est sûr, et donc ça attire et rassure les investisseurs. C'est plus facile pour nous de lever des fonds en venant d'un pays politiquement stable", abonde Régis Bamba, co-fondateur de l'entreprise Djamo.

Cette start-up financière ivoirienne lancée en 2020 propose des services à mi-chemin entre la banque traditionnelle et le paiement par téléphone mobile. Cette solution de simplicité a déjà séduit deux millions d'utilisateurs, dont une majorité n'avait pas de compte bancaire.

Djamo, comme Kaera ou encore le distributeur de carburant Pétro Ivoire, font partie des ces "champions nationaux", des entreprises ivoiriennes qui ont vocation à être des moteurs du développement économique et entraîner notamment dans leur sillage des PME (petites et moyennes entreprises).

"Ca nous donne une responsabilité très forte, une responsabilité d'exemplarité", explique Sébastien Kadio Morokro, le patron de Pétro Ivoire.

"C'est le rôle de l'État de faire ce premier investissement massif, de créer des champions nationaux qui vont à leur tour former, éduquer, créer de la valeur et permettre, après, de réinvestir", ajoute Régis Bamba.

"La Côte d'Ivoire travaille à mettre en œuvre une politique pour les PME. Parce que pour devenir champion, il faut être d'abord dans une pépinière, il faut être entretenu, il faut être accompagné", confirme le ministre du Plan, Souleymane Diarrassouba, qui espère voir naître "plusieurs centaines de champions nationaux" dans les prochaines années.

Signe de la confiance des investisseurs, la Côte d'Ivoire a obtenu début juillet 80 milliards de dollars (70 milliards d'euros) de financements publics internationaux - quatre fois plus qu'espéré - pour son "Plan national de développement 2026-2030". Elle attend aussi près de 150 milliards de dollars (131 milliards d'euros) supplémentaires du côté du secteur privé.

Selon l'économiste Blaise Makaye, chercheur à l'université de Bouake (centre), "c'est la dernière phase de la stratégie visant à faire de la Côte d'Ivoire un pays à revenu intermédiaire d'ici 2030", c'est-à-dire avec un revenu brut annuel par habitant supérieur à 4.000 dollars (3.500 euros) par an, contre 2.700 dollars (2.360 euros) actuellement.

Et malgré un secteur informel toujours écrasant - près de 90% des emplois -, les voyants macroéconomiques sont au vert pour la Côte d'Ivoire, avec notamment le relèvement en décembre de sa note souveraine (BB) par l'agence Fitch.

- Numérisation de l'économie -

Du côté des entrepreneurs, on appelle à encore plus de numérisation de l'économie pour faciliter les échanges, dans un pays où bureaucratie et corruption restent élevées et qui est toujours inscrit sur la liste grise du Groupe d’action financière sur le blanchiment de capitaux (Gafi).

"La digitalisation de l'administration permet aussi à l’État d'élargir l'assiette fiscale et donc d'avoir davantage de recettes pour financer le développement", rappelle Blaise Makaye, qui ajoute que les découvertes de pétrole et de gaz de ces dernières années devraient également donner un coup de pouce.

Autre souhait récurrent dans le secteur privé: l'accélération de la mise en place de la Zlecaf, la zone de libre échange à l'échelle du continent qui pourrait ouvrir un marché de près d'un milliard et demi de consommateurs.

"Le principal obstacle, ce sont les différentes normes et réglementations entre les pays africains. Avec la Zlecaf, on pourrait avoir davantage d'harmonisation", plaide Fodé Yattabaré, le patron de Kaera.

"Plus de libre-échange, c'est plus de business, plus de facilité, plus de valeur qui est débloquée", renchérit Régis Bamba, de Djamo.

B.Gopalan--DT