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Un soldat américain soupçonné d'avoir empoché plus de 400.000 dollars en pariant sur la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro grâce à des informations confidentielles a été inculpé pour fraude, a annoncé jeudi le ministère de la Justice, dans un contexte de multiplication des soupçons de délits d'initiés en lien avec les actions de l'administration Trump.
Le soldat Gannon Ken Van Dyke est accusé d'avoir utilisé des informations confidentielles pour parier sur l'intervention des Etats-Unis au Venezuela le 3 janvier, a détaillé le ministère.
Depuis début décembre, l'homme âgé de 38 ans avait placé plus de 30.000 dollars sur 13 paris du site Polymarket portant sur une intervention américaine au Venezuela ou sur la chute du président Maduro.
"Van Dyke a remporté ses paris sur ces contrats. Au total, il aurait réalisé un profit d'environ 409.881 dollars", d'après le ministère.
Or "il avait accès à des informations sensibles, non publiques et classifiées sur cette opération", a précisé cette source dans un communiqué.
Stationné à la base militaire de Fort Bragg, en Caroline du Nord (sud-est), il a en effet "participé à la planification et à l'exécution" de l'opération qui a permis de capturer Nicolas Maduro et de l'emmener aux Etats-Unis pour le traduire en justice pour narcotrafic, a-t-il été ajouté.
"Les hommes et les femmes qui servent sous l'uniforme ont accès à des informations classifiées (...) et il leur est interdit d'utiliser ces informations hautement sensibles pour un gain financier personnel", a rappelé le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche.
Le soldat est poursuivi notamment pour "utilisation illicite d'informations gouvernementales confidentielles à des fins personnelles", de "vol d'informations gouvernementales", de fraude électronique et de transaction monétaire illégale.
S'il est reconnu coupable de l'ensemble des chefs d'accusation, il encourt jusqu'à 50 ans de prison.
- "Le monde, un casino" -
Le site Polymarket a indiqué avoir saisi la justice et participé à l'enquête après avoir repéré le parieur. "Les délits d'initiés n'ont pas leur place sur Polymarket" et l'arrestation "prouve que le système fonctionne", a estimé l'entreprise jeudi sur X.
"Le monde entier, malheureusement, est devenu un espèce de casino… en Europe et partout ailleurs, ils font ce genre de paris", a réagi le président américain Donald Trump auprès des journalistes jeudi.
"Je n'ai jamais été vraiment favorable à cela", a ajouté le président américain qui, avant d'occuper ce poste, comptait plusieurs casinos dans son propre portefeuille d'affaires, dont plusieurs ont fait faillite.
Les sites comme Polymarket ou Kalshi, qui proposent aux internautes de parier sur la possibilité qu'un événement se produise, ont déjà été mis en cause à propos du conflit au Moyen-Orient.
Six comptes ouverts sur Polymarket ont ainsi empoché 1,2 million de dollars après avoir misé sur une attaque américaine sur l'Iran le 28 février, jour du début de l'offensive.
Aucune arrestation n’a été effectuée en lien avec ces paris et jusqu'à présent rien n'indique que l'entourage de Donald Trump, vers qui des regards se sont tournés, puisse être liés à ces transactions.
- "Kleptocratie" -
L'opposition accusent le président et sa famille de conflits d'intérêts depuis le début de son second mandat.
"La famille Trump a gagné 4 milliards de dollars grâce à la présidence", a dénoncé jeudi sur X le sénateur de gauche Bernie Sanders, chiffres détaillés à l'appui. "Une kleptocratie sans précédent".
Fin mars, des ventes massives sur le marché du pétrole quelques minutes avant une annonce de Donald Trump évoquant des discussions avec l'Iran, a alimenté les soupçons de traders et de politiques qui y ont vu la marque d'un délit d'initiés.
Selon les calculs d'un opérateur de marché pour l'AFP, ces opérations pourraient avoir généré plusieurs dizaines de millions de dollars de profits grâce à la brutale chute des cours de l'or noir qui ont suivi l'annonce du président.
Les membres de la famille Trump ont également engrangé des centaines de millions de dollars de profits grâce aux cryptomonnaies, un marché que le dirigeant a cherché à déréguler.
Le fils du président, Donald Jr., est par ailleurs associé de la société 1789 Capital, qui a investi plusieurs millions de dollars dans Polymarket l'année dernière, conduisant cette plateforme à le nommer conseiller de l'entreprise.
Y.Sharma--DT