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La Chine et la Russie ont affirmé leur proximité mercredi face à la guerre au Moyen-Orient, et Moscou a offert à Pékin de "compenser" le déficit de ressources énergétiques qu'elle subirait à cause du conflit.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, actuellement à Pékin pour deux jours, a confirmé une visite en Chine du président russe Vladimir Poutine au cours du premier semestre 2026.
Le président chinois Xi Jinping pourrait ainsi recevoir successivement dans les prochaines semaines son homologue américain Donald Trump, annoncé mi-mai, et russe, dans une période de fortes tensions géostratégiques.
La Chine et la Russie, pays voisins et membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, ont d'étroites relations diplomatiques et économiques. Ils sont des partenaires de l'Iran et des rivaux des Etats-Unis.
Signe d'une intense activité diplomatique, Sergueï Lavrov, reçu mercredi par le président Xi, se trouve à Pékin en même temps qu'une série d'autres leaders étrangers.
Tous sont concernés à des titres divers par les retombées du conflit, lancé par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.
Xi Jinping a reçu mercredi le président vietnamien To Lam, dont le pays subit les contrecoups économiques de la guerre.
Le président chinois s'était entretenu la veille avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, l'une des principales voix occidentales opposées au conflit, et le prince héritier d'Abou Dhabi, Khaled ben Mohammed ben Zayed Al Nahyane, dont le territoire était visé ces dernières semaines par des frappes iraniennes.
- "Manière équitable" -
Pékin suit de près le conflit au Moyen-Orient, qui impacte ses approvisionnements en pétrole. L'Iran envoyait au géant asiatique plus de 80% de ses exportations de brut avant la guerre, selon la société d'analyse Kpler.
Par ailleurs, plus de la moitié des importations chinoises de pétrole transporté par voie maritime provenait de la région, d'après Kpler.
Or le trafic maritime est fortement perturbé en raison du conflit et le nouveau blocus des ports iraniens lancé par les Etats-Unis, que Pékin a jugé mardi "dangereux et irresponsable", n'arrange rien.
"La Russie peut sans aucun doute compenser le déficit de ressources qui est apparu, aussi bien pour la République populaire de Chine que pour tous les pays désireux de travailler avec nous d'une manière équitable et mutuellement bénéfique", a dit Sergueï Lavrov cité par les agences de presse russe.
La Chine parvient pour l'heure à amortir le choc énergétique grâce à ses stocks et à la diversification de ses approvisionnements, selon des analystes. Mais la donne pourrait changer si le conflit dure.
M. Lavrov a assuré que les relations de la Russie et de la Chine "demeurent inébranlables face à toutes les tempêtes".
"Confrontées à des changements sans précédent depuis un siècle, la Chine et la Russie doivent renforcer leur coopération stratégique afin de sauvegarder fermement leurs intérêts légitimes", a dit M. Xi selon les médias d'Etat chinois, alors qu'il était resté silencieux en public sur la guerre jusqu'à mardi.
"Elles doivent tirer pleinement parti de leurs atouts de voisinage et de complémentarité", a-t-il dit.
Ja Ian Chong, professeur à l'Université Nationale de Singapour, distingue dans les visites de cette semaine à Pékin celles planifiées de longue date et d'autres, comme celles de Sergueï Lavrov et du prince héritier d'Abou Dhabi, davantage liées à l'actualité au Moyen-Orient.
Chine et Russie souhaitent "probablement explorer les possibilités de dialogue avec l'Iran sans aggraver la situation" mais leurs intérêts économiques peuvent diverger, selon lui.
"La flambée des prix de l'énergie et la levée temporaire (par les Etats-Unis) des sanctions sur le pétrole et le gaz russes profitent à l'économie et à l'appareil militaire russes, alimentant ainsi son agression en Ukraine", note M. Chong.
Mais côté chinois, cette hausse des cours, "conjuguée aux perturbations des approvisionnements en engrais, en hélium et en aluminium, pèse sur l'économie", observe-t-il.
Un rôle important a été attribué à la diplomatie chinoise dans le cessez-le-feu actuel entre l'Iran et les Etats-Unis.
Mais la Chine n'a offert pour l'heure qu'un soutien mesuré à l'Iran, ne souhaitant pas s'aliéner les pays du Golfe, avec lesquels elle a fortement renforcé ses relations durant la décennie écoulée.
S.Al-Balushi--DT