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La première présidente de la Cour des comptes Amélie de Montchalin a affirmé vendredi avoir pour "première priorité" de "protéger l'indépendance de la Cour", lors de son audience solennelle d'installation à la tête de cette institution.
"La première priorité, c'est de protéger l'indépendance de la Cour pour renforcer notre démocratie", a déclaré l'ex-ministre de l'Action et des Comptes publics dans un discours prononcé en présence du président Emmanuel Macron et de plusieurs ministres.
"Protéger l’indépendance des juridictions financières signifie d’abord renforcer encore leur exemplarité", a-t-elle ajouté, soulignant que "la probité et l'exemplarité de ses membres sont la clé de voûte de la confiance, à commencer par la Première présidente".
Elle s'exprimait dans un discours après avoir prêté serment revêtue de la robe d'hermine.
"Dès mon entrée en fonctions, comme le prévoit le code des juridictions financières, j’ai remis ma déclaration d’intérêts au collège de déontologie, que je veux remercier pour ses observations", a-t-elle détaillé, soulignant que "les modalités concrètes de mise en œuvre de ses recommandations", qui ont été "décidées collégialement", "s'imposeraient" à elle.
Elle a par ailleurs indiqué qu'elle "partirait bien un jour".
Une polémique avait suivi l'annonce de sa nomination en février. Certains responsables de l'opposition avaient alors dénoncé un conflit d'intérêts, soulignant que l'ancienne ministre devrait se prononcer sur le déficit public ou les choix budgétaires d'un gouvernement dont elle a fait partie.
D'autres avaient soulevé la question de son âge, 40 ans, alors que ce mandat est irrévocable, seulement borné par une limite d'âge théorique à 68 ans.
Pour tenter d'éteindre cette controverse, la Cour des comptes avait indiqué dès sa prise de fonctions, le 23 février, que la nouvelle première présidente avait "décidé de s'abstenir de participer" aux débats sur les finances publiques 2025.
Mme de Montchalin a par ailleurs souligné dans son discours que sa deuxième priorité était "de donner plus d'impact" aux travaux de la Cour des comptes. "Publier ne suffit pas: encore faut-il veiller à la cohérence de nos messages, à leur pertinence et à leur calendrier, afin qu’ils aient le maximum d’impact possible", a-t-elle dit.
Première femme à la tête de la Cour des comptes, institution plus que bicentenaire chargée de veiller sur la bonne gestion des deniers publics, Amélie de Montchalin a par ailleurs salué dans son discours "toutes les femmes des juridictions financières, présentes ici ou ailleurs".
J.Alaqanone--DT