Dubai Telegraph - Dans le Kenya rural, le difficile combat contre l'excision

EUR -
AED 4.246655
AFN 73.370436
ALL 95.85756
AMD 436.183723
ANG 2.069944
AOA 1060.363353
ARS 1591.997113
AUD 1.665235
AWG 2.084013
AZN 1.966403
BAM 1.949821
BBD 2.330235
BDT 141.986474
BGN 1.976541
BHD 0.436604
BIF 3434.327888
BMD 1.156339
BND 1.479029
BOB 7.994866
BRL 6.05679
BSD 1.156943
BTN 108.829124
BWP 15.767403
BYN 3.429104
BYR 22664.251381
BZD 2.327115
CAD 1.597489
CDF 2636.453561
CHF 0.915202
CLF 0.02686
CLP 1060.582781
CNY 7.980477
CNH 7.983586
COP 4280.13231
CRC 537.971372
CUC 1.156339
CUP 30.642993
CVE 110.574938
CZK 24.465772
DJF 205.504507
DKK 7.47252
DOP 69.814005
DZD 153.473986
EGP 60.744358
ERN 17.34509
ETB 181.886277
FJD 2.576551
FKP 0.864047
GBP 0.865283
GEL 3.116362
GGP 0.864047
GHS 12.661969
GIP 0.864047
GMD 84.988596
GNF 10152.659388
GTQ 8.855078
GYD 242.07657
HKD 9.041244
HNL 30.66647
HRK 7.536674
HTG 151.720034
HUF 387.345955
IDR 19705.641505
ILS 3.602979
IMP 0.864047
INR 109.375885
IQD 1514.804557
IRR 1518447.025122
ISK 143.189913
JEP 0.864047
JMD 182.245914
JOD 0.819814
JPY 184.257476
KES 150.034967
KGS 101.120955
KHR 4640.390011
KMF 493.756627
KPW 1040.72201
KRW 1739.191954
KWD 0.354522
KYD 0.964189
KZT 558.249982
LAK 24959.585362
LBP 103550.188888
LKR 363.877402
LRD 212.361533
LSL 19.588134
LTL 3.414369
LVL 0.699458
LYD 7.371702
MAD 10.785752
MDL 20.230929
MGA 4821.934928
MKD 61.639763
MMK 2428.506437
MNT 4127.516433
MOP 9.317536
MRU 46.404003
MUR 53.7238
MVR 17.865244
MWK 2008.561579
MXN 20.556765
MYR 4.584305
MZN 73.885704
NAD 19.577233
NGN 1602.061835
NIO 42.460666
NOK 11.201245
NPR 174.129602
NZD 1.99154
OMR 0.444574
PAB 1.157007
PEN 4.001516
PGK 4.983245
PHP 69.387276
PKR 322.676366
PLN 4.275582
PYG 7527.982307
QAR 4.213741
RON 5.094947
RSD 117.421631
RUB 93.661073
RWF 1688.25546
SAR 4.338214
SBD 9.299324
SCR 15.841485
SDG 694.960276
SEK 10.814438
SGD 1.481311
SHP 0.867554
SLE 28.387799
SLL 24247.870647
SOS 660.270118
SRD 43.178292
STD 23933.890033
STN 24.745662
SVC 10.124088
SYP 128.293837
SZL 19.516839
THB 37.892986
TJS 11.078991
TMT 4.047188
TND 3.396748
TOP 2.784187
TRY 51.294885
TTD 7.867183
TWD 36.946082
TZS 2971.860396
UAH 50.797502
UGX 4280.984429
USD 1.156339
UYU 46.837397
UZS 14107.339876
VES 534.333269
VND 30469.542036
VUV 138.191887
WST 3.16629
XAF 653.980002
XAG 0.016298
XAU 0.000256
XCD 3.125065
XCG 2.085287
XDR 0.812319
XOF 651.594744
XPF 119.331742
YER 275.960467
ZAR 19.642349
ZMK 10408.441873
ZMW 21.665598
ZWL 372.340801
  • AEX

    8.8700

    983.13

    +0.91%

  • BEL20

    108.2900

    5052.97

    +2.19%

  • PX1

    102.9900

    7846.55

    +1.33%

  • ISEQ

    267.3000

    12362.55

    +2.21%

  • OSEBX

    23.8700

    1980.05

    +1.22%

  • PSI20

    132.3400

    9014.42

    +1.49%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    80.4500

    3624.57

    +2.27%

  • N150

    55.6000

    3837.98

    +1.47%

Dans le Kenya rural, le difficile combat contre l'excision
Dans le Kenya rural, le difficile combat contre l'excision / Photo: Tony KARUMBA - AFP

Dans le Kenya rural, le difficile combat contre l'excision

Des femmes massaï éclatent d'un rire amer lorsqu’un ancien de la communauté, drapé d’une couverture traditionnelle rouge, assure que les mutilations génitales féminines ont quasiment cessé au sein de leur communauté dans le sud du Kenya.

Taille du texte:

Elles savent que l’excision des jeunes filles, consistant à enlever le clitoris et les petites lèvres - et présentée comme un rite de passage -, reste une pratique profondément ancrée dans certains villages reculés du comté de Narok, pourtant à quelques heures à peine de la capitale Nairobi.

Dans ces zones sous-développées, très loin de toute route bitumée, environ 80% des filles sont encore concernées, se désole une infirmière. Une loi a pourtant rendu illégale les mutilations génitales en 2011.

"Pourquoi dites-vous aux gens que vous avez arrêté, alors que nous avons des adolescentes qui arrivent à l'hôpital après avoir été excisées ?", crie une femme dans une foule rassemblée au village d'Entasekera pour discuter de la question.

Les femmes acquiescent vigoureusement, face à des hommes impassibles.

"Nous n’excisons plus les filles car la culture a changé", assure à l’AFP Moses Letuati, 50 ans, avant d'admettre que l'une de ses quatre filles a été excisée.

Plusieurs communautés pratiquent encore les mutilations génitales féminines (MGF) au Kenya, malgré des pressions continues pour qu'elles cessent, d'abord des colonisateurs britanniques, puis d'ONG kényanes et internationales.

Outre certains Massaï, pour qui les filles doivent être mutilées afin de pouvoir être mariées, la diaspora somalienne vivant dans le nord-est du pays connaît encore des taux d'excision supérieurs à 90%.

Alors que la proportion d'adolescentes excisées a chuté de 29% à 9% au Kenya entre 1998 et 2022, selon une enquête gouvernementale, la pratique subsiste même en milieu urbain, via des MGF désormais médicalisées.

- Cris et malédictions -

"Je criais et je me débattais", raconte Martha, 18 ans, qui avait 10 ans lorsque deux femmes l'ont excisée chez elle, dans l'est du comté de Narok.

Il lui a fallu un mois pour guérir, dit-elle. Sa mère et sa sœur lui ont expliqué que c’était la décision de son père.

Forcée ensuite à épouserun homme de 25 ans, elle s’est enfuie dans un refuge dirigé par Patrick Ngigi, fondateur de l’organisation Mission with a Vision, qui a secouru quelque 3.000 victimes de MGF depuis 1997.

Le refuge, soutenu par le Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), est sécurisé par des caméras et ses pensionnaires ont accès à des boîtiers d'alerte pour les protéger de leurs propres communautés.

Patrick Ngigi concède avoir "beaucoup d'ennemis" : il a été visé par des sorts, comme l'ont été des filles ayant refusé d'être excisées. Mais pour lui, la solution passe par le dialogue et l'arrêt de la corruption.

"Quand un policier arrive et surprend (quelqu'un pratiquant ces mutilations), il suffit de lui donner quelque chose pour pouvoir continuer", déplore-t-il.

Une accusation rejetée par Raphael Maroa, un policier local, qui reconnaît toutefois que la lutte contre l'excision est ardue, beaucoup de filles étant désormais emmenées discrètement en Tanzanie voisine pour y être mutilées.

Il pointe le manque d’éducation de la communauté — environ la moitié des habitants de Narok est analphabète, selon des chiffres de 2022 — avant d'admettre lui-même auprès de l’AFP que ses deux filles ont été excisées afin d’éviter "un conflit avec (ses) parents".

- Pratique "monstrueuse" -

Les Massaï comptent toujours parmi les communautés kényanes les plus pauvres. Des décennies durant, ils ont perdu leurs terres, accaparées par les colons puis le tourisme, et certains restent méfiants à l'égard des étrangers qui tentent de changer leur mode de vie.

Si les taux d'excision ont officiellement baissé dans le comté de Narok, de nombreux cas ne sont pas recensés, estime Rhoda Orido, infirmière-cheffe à l'hôpital du comté.

L’infirmière Loise Nashipa, 32 ans, du centre de santé d’Entasekera, décrit les MGF comme "monstrueuses" : "Il y a des saignements, de la douleur et des infections", dénonce-t-elle, la plupart des mutilations étant encore, selon elle, pratiquées par des femmes âgées utilisant des lames non désinfectées.

Les victimes souffrent ensuite souvent de fistules et de complications à l'accouchement.

Au refuge, les filles fêtent la remise de diplôme de psychologie de Cecilia Nairuko, 24 ans, une résidente qui a fui l'excision et un mariage forcé à 15 ans.

Son parcours ravit Patrick Ngigi, qui souligne toutefois que son travail n’est jamais terminé. Lors du rassemblement au village, des femmes l’ont dit-il discrètement abordé pour le supplier de prendre six filles qu’elles estimaient menacées.

Cecilia Nairuko rayonne en dansant dans sa toge de diplômée. Mais à l’instar de nombreuses autres résidentes, son visage s'assombrit lorsqu'elle parle de sa famille: son père et trois de ses quatre frères ne lui ont jamais pardonné de ne pas avoir été excisée.

Y.El-Kaaby--DT