Dubai Telegraph - Submergée par les déplacés fuyant la guerre, Aden au bord du gouffre

EUR -
AED 4.181136
AFN 72.289455
ALL 94.02056
AMD 418.946025
ANG 2.03837
AOA 1044.575935
ARS 1689.481599
AUD 1.651944
AWG 2.052143
AZN 1.93708
BAM 1.954183
BBD 2.293762
BDT 140.311448
BGN 1.925064
BHD 0.429437
BIF 3388.137306
BMD 1.138498
BND 1.476353
BOB 7.898327
BRL 5.90607
BSD 1.138838
BTN 108.539293
BWP 16.258263
BYN 3.317897
BYR 22314.562051
BZD 2.290465
CAD 1.619206
CDF 2578.69819
CHF 0.923202
CLF 0.026716
CLP 1051.380574
CNY 7.734899
CNH 7.741035
COP 3891.374997
CRC 518.362027
CUC 1.138498
CUP 30.170199
CVE 110.171914
CZK 24.25405
DJF 202.798652
DKK 7.474377
DOP 67.622864
DZD 151.692765
EGP 55.879648
ERN 17.077471
ETB 183.818489
FJD 2.557351
FKP 0.858786
GBP 0.859822
GEL 3.005607
GGP 0.858786
GHS 12.905096
GIP 0.858786
GMD 83.682903
GNF 9983.564718
GTQ 8.685661
GYD 238.228717
HKD 8.930316
HNL 30.473253
HRK 7.531278
HTG 148.904188
HUF 355.815371
IDR 20445.37593
ILS 3.392954
IMP 0.858786
INR 108.278339
IQD 1491.939435
IRR 1566573.336177
ISK 143.79474
JEP 0.858786
JMD 179.10182
JOD 0.807152
JPY 185.233069
KES 147.378202
KGS 99.561629
KHR 4583.127638
KMF 491.831375
KPW 1024.648656
KRW 1773.677522
KWD 0.352525
KYD 0.949098
KZT 545.838812
LAK 25537.423001
LBP 101985.131046
LKR 382.576754
LRD 206.705351
LSL 18.689109
LTL 3.361689
LVL 0.688667
LYD 7.317945
MAD 10.697215
MDL 20.140983
MGA 4843.907301
MKD 61.63082
MMK 2390.403738
MNT 4079.220213
MOP 9.201226
MRU 45.287736
MUR 53.68014
MVR 17.600738
MWK 1974.831432
MXN 19.960036
MYR 4.661239
MZN 72.693012
NAD 18.689109
NGN 1566.937878
NIO 41.914586
NOK 11.312157
NPR 173.663269
NZD 2.006927
OMR 0.437757
PAB 1.138838
PEN 3.886816
PGK 5.001752
PHP 70.202052
PKR 316.677834
PLN 4.295679
PYG 6922.151358
QAR 4.151974
RON 5.240102
RSD 117.364363
RUB 88.681949
RWF 1669.289589
SAR 4.270963
SBD 9.182033
SCR 15.539131
SDG 683.664805
SEK 11.095859
SGD 1.47641
SHP 0.850004
SLE 28.229064
SLL 23873.739321
SOS 650.850086
SRD 42.698804
STD 23564.611303
STN 24.479317
SVC 9.964581
SYP 125.840579
SZL 18.685213
THB 38.000813
TJS 10.534499
TMT 3.996128
TND 3.375607
TOP 2.741231
TRY 53.135503
TTD 7.731468
TWD 36.268108
TZS 2988.585855
UAH 51.054339
UGX 4173.473762
USD 1.138498
UYU 45.781319
UZS 13586.52052
VES 708.423043
VND 29943.068327
VUV 136.731763
WST 3.166031
XAF 655.403239
XAG 0.019399
XAU 0.000283
XCD 3.076848
XCG 2.052466
XDR 0.814047
XOF 655.414743
XPF 119.331742
YER 271.644648
ZAR 18.704527
ZMK 10247.848882
ZMW 20.733482
ZWL 366.595912
  • AEX

    -6.3700

    1073.83

    -0.59%

  • BEL20

    -37.3800

    5713.73

    -0.65%

  • PX1

    -69.7500

    8333.95

    -0.83%

  • ISEQ

    -153.5000

    13675.74

    -1.11%

  • OSEBX

    -6.6700

    1900.2

    -0.35%

  • PSI20

    -73.9700

    9058.33

    -0.81%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    287.3700

    4576.51

    +6.7%

  • N150

    -6.6400

    4142.36

    -0.16%

Submergée par les déplacés fuyant la guerre, Aden au bord du gouffre
Submergée par les déplacés fuyant la guerre, Aden au bord du gouffre / Photo: Saleh Al-OBEIDI - AFP

Submergée par les déplacés fuyant la guerre, Aden au bord du gouffre

Suffoquant sous l'afflux massif des déplacés fuyant la guerre, l'ancienne cité prospère d'Aden, dans le sud du Yémen, s'enfonce dans la crise: les coupures d'électricité sont constantes, l'eau courante manque et les maigres services publics encore debout menacent de s'effondrer.

Taille du texte:

Aden, devenue la capitale provisoire du gouvernement yéménite après la prise de Sanaa en 2014 par les rebelles houthis pro-iraniens, porte les stigmates de plus d'une décennie de guerre: immeubles éventrés, façades mitraillées, quartiers entiers en ruines.

Des centaines de milliers de personnes venant des zones contrôlées par les insurgés y ont afflué, en quête de sécurité et de travail.

Dans cette ville saturée, qui a doublé sa population en 20 ans, les habitants sont à bout.

Sous l'éclairage brûlant de projecteurs chargés au préalable pour faire face aux coupures de courant, Mohammed s'agace de la dernière panne qui a mis à l'arrêt pendant plusieurs heures les réseaux téléphonique et internet.

Ce fonctionnaire regrette que les services publics, déjà fragiles avant la guerre, ne cessent de se dégrader.

On doit "partager avec les déplacés les faibles réserves d'eau, l'électricité et les réseaux de télécommunications", relate cet homme de 37 ans qui refuse de donner son nom de famille.

En octobre, la ville a été plongée dans le noir pendant cinq jours, la troisième panne générale de l'année, faute de carburant.

- Camps de fortune -

Le conflit entre les rebelles et la coalition internationale menée par l'Arabie saoudite a engendré l'une des pires crises humanitaires actuelles et, malgré une trêve en vigueur depuis 2022, la majorité de la population dépend toujours de l'aide humanitaire pour survivre.

Dans ce qui fut un port pittoresque, visité par la reine Elizabeth II, générateurs, camions-citernes et checkpoints militaires font désormais partie du paysage.

Aden est aussi le point de chute de nombreux migrants venus de la Corne de l'Afrique, qui débarquent sur des bateaux de passeurs, espérant rejoindre les riches monarchies du Golfe mais se retrouvent bloqués dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Dans ce chaos, difficile d'avoir des données précises.

Selon le ministre yéménite des Affaires sociales et du Travail, Mohammed Saeed al-Zaouri, 755.000 déplacés sont officiellement recensés, sans compter un nombre indéterminé de non-enregistrés.

Il estime la population à environ 3,5 millions d'habitants, contre 1,5 million il y a vingt ans. "Ce nombre dépasse les capacités d'Aden", dit-il à l'AFP.

A ces difficultés s'ajoute une flambée des loyers.

Avec un salaire mensuel de 130.000 rials yéménites (80 dollars), Mohammed n'a pas les moyens de se loger et habite dans l'appartement familial, les loyers les plus bas atteignant la centaine de dollars. Il a même dû reporter son mariage.

De nombreux déplacés ne peuvent plus louer et se retrouvent dans des camps de fortune en périphérie de la ville.

- "Eaux usées" -

Abdulrahman Mohyiddin, qui a fui en 2018 Hodeida, dans l'ouest du Yémen, avec ses huit enfants, vit désormais dans une tente où il manque de tout: eau, électricité, lits.

A côté de récipients en plastique pour stocker l'eau et de vieilles casseroles, il raconte: "toute la ville souffre du manque d'eau. Nous marchons deux kilomètres pour remplir nos bidons. Les enfants sont extrêmement fatigués".

Ses deux filles grelottent de froid. Il se plaint de vivre avec 5.000 rials par jour, soit trois dollars, et de "l'absence de vêtements chauds, d'éducation et de nourriture".

Selon Farea al-Muslimi, spécialiste du Yémen du groupe de réflexion Chatham House à Londres, l'effondrement total des services "n'est qu'une question de temps".

"La ville est noyée dans les eaux usées, en proie à des coupures d'électricité constantes et, pire encore, à une mauvaise gouvernance", dit-il à l'AFP.

Dans le pays coupé en deux, entre les zones tenues par les Houthis et celles contrôlées par le gouvernement, des centaines de milliers de personnes sont mortes du fait du conflit ou de ses conséquences comme la malnutrition.

Même si les combats ont diminué, l'économie locale s'est effondrée en 2024 en raison de la chute de la monnaie, de l'arrêt des exportations de pétrole et du manque de fonds publics.

Des habitants ont confié à l'AFP que leurs enfants dépendaient des paquets de biscuits fortifiés distribués dans les écoles par les Nations unies.

En 2025, environ 19,5 millions de Yéménites, plus de la moitié de la population, ont eu besoin d'aide humanitaire, dont 4,8 millions de déplacés, selon l'ONU.

La pauvreté a même gagné les quartiers aisés d'Aden.

A l'entrée de l'hôtel Coral Aden, qui accueille missions diplomatiques et réunions politiques, un chien policier amaigri est incapable d'aboyer.

Le garde chargé de contrôler les véhicules avoue qu'il n'y a plus de budget pour nourrir l'animal. "Il est épuisé, tout comme nous", dit-il.

"Il partage notre pauvreté et nos restes".

Y.Al-Shehhi--DT