Dubai Telegraph - Submergée par les déplacés fuyant la guerre, Aden au bord du gouffre

EUR -
AED 4.27928
AFN 72.830397
ALL 95.473946
AMD 429.710635
ANG 2.086283
AOA 1069.6737
ARS 1621.711681
AUD 1.620051
AWG 2.100313
AZN 1.981292
BAM 1.946715
BBD 2.357657
BDT 143.061731
BGN 1.945827
BHD 0.44148
BIF 3485.108757
BMD 1.165222
BND 1.490519
BOB 8.053312
BRL 5.833109
BSD 1.170581
BTN 111.669453
BWP 16.487501
BYN 3.270408
BYR 22838.351572
BZD 2.354258
CAD 1.600951
CDF 2615.923177
CHF 0.914752
CLF 0.026467
CLP 1041.685501
CNY 7.906143
CNH 7.92055
COP 4415.86519
CRC 531.954833
CUC 1.165222
CUP 30.878384
CVE 110.425363
CZK 24.318242
DJF 208.443117
DKK 7.473059
DOP 69.381066
DZD 154.111905
EGP 61.626294
ERN 17.47833
ETB 182.772723
FJD 2.55877
FKP 0.861904
GBP 0.871161
GEL 3.122885
GGP 0.861904
GHS 13.294634
GIP 0.861904
GMD 84.4706
GNF 10264.198971
GTQ 8.891504
GYD 243.818981
HKD 9.125419
HNL 31.130505
HRK 7.532692
HTG 153.284881
HUF 359.105692
IDR 20479.184811
ILS 3.382175
IMP 0.861904
INR 111.718516
IQD 1526.440845
IRR 1532266.955489
ISK 143.60179
JEP 0.861904
JMD 185.079493
JOD 0.826149
JPY 184.70225
KES 150.605099
KGS 101.898821
KHR 4696.617559
KMF 491.723396
KPW 1048.66563
KRW 1745.654305
KWD 0.359506
KYD 0.971263
KZT 551.673027
LAK 25582.449105
LBP 104331.669901
LKR 379.070912
LRD 213.527012
LSL 19.214134
LTL 3.440597
LVL 0.704831
LYD 7.429972
MAD 10.730238
MDL 20.121509
MGA 4902.662098
MKD 61.636379
MMK 2446.809006
MNT 4171.646561
MOP 9.402598
MRU 46.776235
MUR 54.645266
MVR 17.94104
MWK 2029.346205
MXN 20.111272
MYR 4.59622
MZN 74.469317
NAD 19.214235
NGN 1595.387557
NIO 43.078244
NOK 10.824097
NPR 179.460027
NZD 1.97973
OMR 0.448027
PAB 1.165436
PEN 4.016559
PGK 5.099608
PHP 71.831306
PKR 326.029029
PLN 4.247006
PYG 7133.053439
QAR 4.247816
RON 5.200963
RSD 117.395846
RUB 85.352884
RWF 1712.132771
SAR 4.374416
SBD 9.340579
SCR 15.914979
SDG 699.71378
SEK 10.976823
SGD 1.488292
SHP 0.869956
SLE 28.723019
SLL 24434.12558
SOS 669.01743
SRD 43.35443
STD 24117.743219
STN 24.493316
SVC 10.197148
SYP 128.790513
SZL 19.20076
THB 37.848763
TJS 10.890833
TMT 4.078277
TND 3.365208
TOP 2.805575
TRY 53.066072
TTD 7.912868
TWD 36.732577
TZS 3023.751425
UAH 51.460657
UGX 4358.546858
USD 1.165222
UYU 46.412204
UZS 14035.099706
VES 594.436632
VND 30690.200147
VUV 137.586688
WST 3.156028
XAF 655.778043
XAG 0.014295
XAU 0.000252
XCD 3.149071
XCG 2.100389
XDR 0.815577
XOF 655.778043
XPF 119.331742
YER 278.079904
ZAR 19.262868
ZMK 10488.39105
ZMW 22.035987
ZWL 375.201015
  • AEX

    11.4100

    1021.54

    +1.13%

  • BEL20

    23.6900

    5532.41

    +0.43%

  • PX1

    74.4700

    8082.27

    +0.93%

  • ISEQ

    53.8800

    12585.15

    +0.43%

  • OSEBX

    1.5900

    1985.91

    +0.08%

  • PSI20

    51.7100

    9124.26

    +0.57%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    31.5800

    4133.29

    +0.77%

  • N150

    24.3700

    4226.84

    +0.58%

Submergée par les déplacés fuyant la guerre, Aden au bord du gouffre
Submergée par les déplacés fuyant la guerre, Aden au bord du gouffre / Photo: Saleh Al-OBEIDI - AFP

Submergée par les déplacés fuyant la guerre, Aden au bord du gouffre

Suffoquant sous l'afflux massif des déplacés fuyant la guerre, l'ancienne cité prospère d'Aden, dans le sud du Yémen, s'enfonce dans la crise: les coupures d'électricité sont constantes, l'eau courante manque et les maigres services publics encore debout menacent de s'effondrer.

Taille du texte:

Aden, devenue la capitale provisoire du gouvernement yéménite après la prise de Sanaa en 2014 par les rebelles houthis pro-iraniens, porte les stigmates de plus d'une décennie de guerre: immeubles éventrés, façades mitraillées, quartiers entiers en ruines.

Des centaines de milliers de personnes venant des zones contrôlées par les insurgés y ont afflué, en quête de sécurité et de travail.

Dans cette ville saturée, qui a doublé sa population en 20 ans, les habitants sont à bout.

Sous l'éclairage brûlant de projecteurs chargés au préalable pour faire face aux coupures de courant, Mohammed s'agace de la dernière panne qui a mis à l'arrêt pendant plusieurs heures les réseaux téléphonique et internet.

Ce fonctionnaire regrette que les services publics, déjà fragiles avant la guerre, ne cessent de se dégrader.

On doit "partager avec les déplacés les faibles réserves d'eau, l'électricité et les réseaux de télécommunications", relate cet homme de 37 ans qui refuse de donner son nom de famille.

En octobre, la ville a été plongée dans le noir pendant cinq jours, la troisième panne générale de l'année, faute de carburant.

- Camps de fortune -

Le conflit entre les rebelles et la coalition internationale menée par l'Arabie saoudite a engendré l'une des pires crises humanitaires actuelles et, malgré une trêve en vigueur depuis 2022, la majorité de la population dépend toujours de l'aide humanitaire pour survivre.

Dans ce qui fut un port pittoresque, visité par la reine Elizabeth II, générateurs, camions-citernes et checkpoints militaires font désormais partie du paysage.

Aden est aussi le point de chute de nombreux migrants venus de la Corne de l'Afrique, qui débarquent sur des bateaux de passeurs, espérant rejoindre les riches monarchies du Golfe mais se retrouvent bloqués dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Dans ce chaos, difficile d'avoir des données précises.

Selon le ministre yéménite des Affaires sociales et du Travail, Mohammed Saeed al-Zaouri, 755.000 déplacés sont officiellement recensés, sans compter un nombre indéterminé de non-enregistrés.

Il estime la population à environ 3,5 millions d'habitants, contre 1,5 million il y a vingt ans. "Ce nombre dépasse les capacités d'Aden", dit-il à l'AFP.

A ces difficultés s'ajoute une flambée des loyers.

Avec un salaire mensuel de 130.000 rials yéménites (80 dollars), Mohammed n'a pas les moyens de se loger et habite dans l'appartement familial, les loyers les plus bas atteignant la centaine de dollars. Il a même dû reporter son mariage.

De nombreux déplacés ne peuvent plus louer et se retrouvent dans des camps de fortune en périphérie de la ville.

- "Eaux usées" -

Abdulrahman Mohyiddin, qui a fui en 2018 Hodeida, dans l'ouest du Yémen, avec ses huit enfants, vit désormais dans une tente où il manque de tout: eau, électricité, lits.

A côté de récipients en plastique pour stocker l'eau et de vieilles casseroles, il raconte: "toute la ville souffre du manque d'eau. Nous marchons deux kilomètres pour remplir nos bidons. Les enfants sont extrêmement fatigués".

Ses deux filles grelottent de froid. Il se plaint de vivre avec 5.000 rials par jour, soit trois dollars, et de "l'absence de vêtements chauds, d'éducation et de nourriture".

Selon Farea al-Muslimi, spécialiste du Yémen du groupe de réflexion Chatham House à Londres, l'effondrement total des services "n'est qu'une question de temps".

"La ville est noyée dans les eaux usées, en proie à des coupures d'électricité constantes et, pire encore, à une mauvaise gouvernance", dit-il à l'AFP.

Dans le pays coupé en deux, entre les zones tenues par les Houthis et celles contrôlées par le gouvernement, des centaines de milliers de personnes sont mortes du fait du conflit ou de ses conséquences comme la malnutrition.

Même si les combats ont diminué, l'économie locale s'est effondrée en 2024 en raison de la chute de la monnaie, de l'arrêt des exportations de pétrole et du manque de fonds publics.

Des habitants ont confié à l'AFP que leurs enfants dépendaient des paquets de biscuits fortifiés distribués dans les écoles par les Nations unies.

En 2025, environ 19,5 millions de Yéménites, plus de la moitié de la population, ont eu besoin d'aide humanitaire, dont 4,8 millions de déplacés, selon l'ONU.

La pauvreté a même gagné les quartiers aisés d'Aden.

A l'entrée de l'hôtel Coral Aden, qui accueille missions diplomatiques et réunions politiques, un chien policier amaigri est incapable d'aboyer.

Le garde chargé de contrôler les véhicules avoue qu'il n'y a plus de budget pour nourrir l'animal. "Il est épuisé, tout comme nous", dit-il.

"Il partage notre pauvreté et nos restes".

Y.Al-Shehhi--DT