Dubai Telegraph - A Simandou, la Guinée s'apprête à exploiter son trésor de fer

EUR -
AED 4.202411
AFN 73.235002
ALL 94.010822
AMD 420.942906
ANG 2.048741
AOA 1049.890918
ARS 1708.312595
AUD 1.651213
AWG 2.062583
AZN 1.949836
BAM 1.956929
BBD 2.306993
BDT 141.221492
BGN 1.934858
BHD 0.431849
BIF 3406.765878
BMD 1.14429
BND 1.478053
BOB 7.931577
BRL 5.916437
BSD 1.145441
BTN 109.123599
BWP 15.448995
BYN 3.32335
BYR 22428.090154
BZD 2.30369
CAD 1.624836
CDF 2570.076459
CHF 0.918962
CLF 0.026815
CLP 1055.367966
CNY 7.768706
CNH 7.764588
COP 3833.921811
CRC 521.801106
CUC 1.14429
CUP 30.323693
CVE 110.328665
CZK 24.19568
DJF 203.971962
DKK 7.478628
DOP 67.853899
DZD 152.60404
EGP 56.395058
ERN 17.164355
ETB 183.674631
FJD 2.586612
FKP 0.856767
GBP 0.856761
GEL 3.015251
GGP 0.856767
GHS 13.011508
GIP 0.856767
GMD 82.965454
GNF 10044.796361
GTQ 8.741044
GYD 239.578249
HKD 8.976557
HNL 30.657834
HRK 7.538017
HTG 149.806446
HUF 353.483164
IDR 20590.817625
ILS 3.431327
IMP 0.856767
INR 109.305071
IQD 1500.365788
IRR 1574486.25789
ISK 144.089478
JEP 0.856767
JMD 181.327312
JOD 0.811347
JPY 184.654568
KES 148.094492
KGS 100.065561
KHR 4586.646729
KMF 493.189526
KPW 1029.861683
KRW 1749.36247
KWD 0.355062
KYD 0.954551
KZT 541.642555
LAK 25863.732889
LBP 102571.960304
LKR 383.658213
LRD 207.8945
LSL 18.57902
LTL 3.378792
LVL 0.69217
LYD 7.34175
MAD 10.710881
MDL 20.148035
MGA 4856.141746
MKD 61.673553
MMK 2402.656197
MNT 4102.12012
MOP 9.252339
MRU 45.710377
MUR 53.839292
MVR 17.691161
MWK 1986.285054
MXN 19.989726
MYR 4.65845
MZN 73.132026
NAD 18.57902
NGN 1567.769704
NIO 42.144319
NOK 11.261005
NPR 174.597958
NZD 2.005065
OMR 0.44155
PAB 1.145361
PEN 3.897349
PGK 5.031904
PHP 70.375043
PKR 318.454328
PLN 4.293435
PYG 6964.50578
QAR 4.186916
RON 5.227162
RSD 117.370878
RUB 88.277295
RWF 1676.884883
SAR 4.289228
SBD 9.22131
SCR 15.409196
SDG 687.15054
SEK 11.051625
SGD 1.477741
SHP 0.854328
SLE 27.863894
SLL 23995.199932
SOS 654.623517
SRD 42.986453
STD 23684.499186
STN 24.514146
SVC 10.021783
SYP 126.480809
SZL 18.576018
THB 37.956532
TJS 10.617227
TMT 4.016459
TND 3.380351
TOP 2.755177
TRY 53.515602
TTD 7.763022
TWD 36.546387
TZS 3005.852736
UAH 51.014004
UGX 4180.412311
USD 1.14429
UYU 46.066583
UZS 13720.91767
VES 731.090824
VND 30090.258096
VUV 137.090696
WST 3.173322
XAF 656.381655
XAG 0.018332
XAU 0.000274
XCD 3.092502
XCG 2.064191
XDR 0.816328
XOF 656.381655
XPF 119.331742
YER 271.254434
ZAR 18.573553
ZMK 10299.990075
ZMW 21.046616
ZWL 368.461014
  • AEX

    10.4100

    1083.18

    +0.97%

  • BEL20

    24.8900

    5813.65

    +0.43%

  • PX1

    33.0500

    8508.07

    +0.39%

  • ISEQ

    33.3600

    13935.04

    +0.24%

  • OSEBX

    13.7000

    1943.93

    +0.71%

  • PSI20

    128.7900

    9328.28

    +1.4%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    88.6600

    4804.51

    +1.88%

  • N150

    47.5700

    4257.6

    +1.13%

A Simandou, la Guinée s'apprête à exploiter son trésor de fer
A Simandou, la Guinée s'apprête à exploiter son trésor de fer / Photo: PATRICK MEINHARDT - AFP

A Simandou, la Guinée s'apprête à exploiter son trésor de fer

Aux pieds des monts de la chaîne du Simandou, dans les plaines luxuriantes de la Guinée forestière, des milliers de camions, ouvriers et excavateurs ont commencé à dévorer la montagne et son manteau de verdure tropicale.

Taille du texte:

Un projet minier titanesque promet d'y propulser ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest au rang des plus grands exportateurs de fer mondiaux, suscitant l'espoir de faire décoller l'économie du pays mais aussi l'inquiétude des populations locales quant à l'impact environnemental et social du projet.

Dans quelques semaines, la Guinée exportera ses premières cargaisons de minerai de fer, lançant officiellement la production, plusieurs décennies après la découverte de ces gisements dans le sud-est du pays.

"Il n'y a pas si longtemps, tout ceci était de la forêt vierge", souligne Chris Aitchison, directeur général de SimFer, un des exploitants du site, en saluant l'accomplissement d'une "tâche monumentale" à tous les niveaux.

Pour désenclaver cette région située à des centaines de kilomètres des côtes atlantiques, il aura fallu 18,5 milliards d'euros d'investissements des partenaires industriels, la construction de plus de 650 kilomètres de voies ferrées et d'un port.

- Défi logistique -

Un défi logistique considérable à la hauteur des gains espérés de ces gisements renfermant plusieurs milliards de tonnes de minerai d'une rare qualité.

Le prix du minerai de fer, qui sert à fabriquer l'acier, a explosé depuis le début des années 2000, dopé par la fièvre de construction chinoise.

Depuis la confirmation des gisements par le géant minier anglo-australien Rio Tinto au milieu des années 90, l'histoire de Simandou est jalonnée de batailles judiciaires, sur fonds de valses politiques et d'affaires de corruption.

La junte du général Mamadi Doumbouya, arrivée au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat en 2021, se targue d'avoir donné le dernier coup d'accélérateur pour que le projet devienne enfin réalité.

Sur les quatre gisements miniers de Simandou, deux seront exploités par le consortium sino-singapourien Winning Consortium Simandou (WCS) et les deux autres par SimFer, un consortium détenu par Rio Tinto et le géant chinois Chinalco.

Une équipe de l'AFP a eu accès à la mine de SimFer, à l'extrémité sud de la chaîne du Simandou, quelques semaines avant le lancement de la production prévue le 11 novembre.

Sur les flancs du Mont Ouéléba, culminant à 1.300 mètres d'altitude, les excavateurs ont commencé à dévorer la montagne et des piles du minerai noir sont déjà prêts à être exportés.

- Gigantesque site -

Des milliers de personnes travaillent jour et nuit sur le gigantesque site de la mine, long de 55 kilomètres.

Il faudra encore deux ans et demi de travaux pour achever les infrastructures et atteindre l'objectif de rythme de production annuelle de 60 millions de tonnes extraites sur le site.

Un gigantesque convoyeur en construction permettra d'acheminer le minerai aux pieds de la montagne, où il sera chargé sur des trains qui rejoindront la côte.

L'entreprise SimFer assure qu'elle fait tout pour limiter les impacts environnementaux et sur les populations locales, en conformité avec les standards internationaux.

Elle souligne qu'elle formera sur place ces trois prochaines années 225 étudiants de la région à des métiers techniques qualifiés, qu'une banque de graines collecte des échantillons de la flore locale pour la restaurer, et qu'elle réhabilite les terres exploitées au fur et à mesure.

Simfer dit également avoir dépensé plusieurs centaines de millions de dollars pour déplacer ses activités sur le flanc Est de la montagne dans le but de préserver une population de chimpanzés vivant près de la mine.

Toutefois, un rapport de l'organisme Advocates for Community Alternatives (ACA) a de son côté démontré, analyses à l'appui, que des sols et des cours d'eau ont été pollués près des mines de SimFer et Winning, du port, et le long du chemin de fer.

- Pollution de l'eau -

Principale source de pollution, le ruissellement dans les cours d'eau alentours de la terre mise au jour par la construction du site. "C'est un gros problème pour nous", admet Chris Aitchison de SimFer.

"Nous construisons des systèmes pour contenir les sédiments", souligne-t-il.

Après 36 heures de train depuis Simandou, le minerai sera exporté par le complexe portuaire de Morébaya. Situés à l'embouchure d'un fleuve, les deux terminaux de SimFer et de Winning exporteront 120 millions de tonnes de minerai par an quand la production battra son plein.

Le paysage montagneux a fait place aux palmiers de l'estuaire et aux bâtiments flambants neufs du terminal portuaire de SimFer: des milliers d'ouvriers s'affairent sur le site dont la construction doit s'achever en septembre 2026.

- Mode de vie menacé -

A quelques kilomètres de l'effervescence du port, le village de Touguiyiré, dans la préfecture de Forécariah, offre un tout autre spectacle, loin des promesses de prospérité économique.

Sur les rivages des eaux calmes du fleuve, une pirogue revient de la pêche. Le butin est maigre. Quelques femmes trient les petits poissons sur le débarcadère tandis que les hommes recousent les filets.

Depuis l'arrivée des bateaux de dragage travaillant à relier le port aux terminaux d'export en haute mer, les poissons ont disparu, et avec eux tout un mode de vie.

"Avant, les pirogues revenaient avec 10 bassines de poissons. Maintenant, elles reviennent avec seulement deux", se lamente Aissata Cissé, une vendeuse de 54 ans.

Les pêcheurs doivent désormais s'aventurer en haute mer, avec des pirogues pas toujours adaptées. Selon Bissiry Camara, un représentant local, trois des leurs y sont récemment morts.

Autrefois, ce petit village comptait une soixantaine de pirogues et ses quelques 3.000 habitants vivaient d'une pêche abondante. Seuls trois bateaux fonctionnent encore, selon les pêcheurs.

Pour compenser ces pertes, Winning et Simfer ont distribué aux habitants de la nourriture et du matériel pour aller pêcher en haute mer, comme des moteurs.

Mais faute de revenus pérennes, les pêcheurs n'ont plus les moyens d'entretenir leurs pirogues et celles-ci restent échouées sur le rivage.

"La vie de ces pêcheurs est totalement menacée", déplore Alkaly Bangoura, membre d'un comité de suivi des impacts du projet Simandou dans la préfecture de Forécariah. Il lance, désabusé: "On espérait un avenir meilleur avec Simandou, mais maintenant c'est la désillusion".

- Espoir économique -

Les autorités promettent pourtant que la mine va faire décoller l'économie du pays.

Les rues de Conakry sont tapissées d'une myriade de panneaux vantant le rêve Simandou, largement mis en avant par la junte lors de la dernière campagne référendaire.

L'Etat, qui détient 15% des parts de la ligne de chemin de fer, compte sur cette dernière pour désenclaver des zones entières et développer l'agriculture de régions très fertiles.

"Une nouvelle économie va émerger", promet le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah, interrogé par l'AFP, en soulignant qu'elle "devra être diversifiée pour nous permettre de sortir de cette logique des pays exportateurs bruts".

Jusqu'ici, malgré la grande richesse du sous-sol guinéen, notamment avec la bauxite qui sert à fabriquer l'aluminium, les populations ne bénéficient que très peu des retombées de l'industrie minière, et l'économie nationale peine à décoller.

- Opacité de l'accord -

"Il y a déjà eu d'autres projets miniers qui ont suscité beaucoup d'espoir (...) mais avec des résultats très limités", rappelle Oumar Totiya Barry, directeur exécutif de l'Observatoire Guinéen des Mines et Métaux, un organisme indépendant.

Le chercheur doute notamment du potentiel de désenclavement du projet Simandou, soulignant que sa ligne de chemin de fer "passe très loin de toutes les grandes villes de la Guinée".

Quant au contenu de l'accord négocié entre les industriels et l'Etat guinéen en 2022, il reste opaque, en dépit de l'obligation par le code minier guinéen de publier ces contrats.

Traditionnellement, des réductions fiscales sont accordées aux miniers en échange des larges sommes investies. Mais ni l'Etat, ni SimFer, ni Winning, sollicités par l'AFP, n'ont voulu s'exprimer sur ce point.

Le Premier ministre promet toutefois la transparence, assurant qu'une fois que la production aura démarré, "il n'y a pas de raison que les choses ne soient pas mises à la disposition du public".

Y.Al-Shehhi--DT