Dubai Telegraph - A bord du Nicolas-Jérémy, la dernière génération d'une lignée de pêcheurs

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A bord du Nicolas-Jérémy, la dernière génération d'une lignée de pêcheurs
A bord du Nicolas-Jérémy, la dernière génération d'une lignée de pêcheurs / Photo: FRANCOIS NASCIMBENI - AFP/Archives

A bord du Nicolas-Jérémy, la dernière génération d'une lignée de pêcheurs

Ouvert d'un coup sec, le filet libère des milliers de sardines de belle taille: à bord du Nicolas-Jérémy, la pêche du jour fait disparaître pour quelques heures les angoisses des marins, qui ne voient "plus trop d'avenir" dans ce métier.

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Le chalutier navigue de concert avec le Notre-Dame de Boulogne: les deux navires de 24 mètres pratiquent "la pêche en bœuf": "le filet est tendu entre les deux bateaux, c'est comme une charrue tirée par deux bœufs", explique Nicolas Margollé, capitaine du Nicolas-Jérémy.

Les chalutiers ont quitté Boulogne-sur-Mer dans la nuit, emprunté "l'autoroute du détroit" du Pas-de-Calais en direction du sud.

Mi-septembre, l'air est doux et la mer calme. Le premier "coup de chalut" est lancé vers 04H15 au large de Berck, à 30 miles marins (environ 50 km) du premier port de pêche français.

Remonté trois heures plus tard, le filet est gorgé de sardines de 15 à 20 cm — "énormes par rapport à la petite bretonne", souligne un matelot —, une pêche sélective et compacte, étoilée de méduses bleues, favorisées par la douceur estivale persistante.

Pourtant, derrière la joie de la première prise et la passion d'un métier "de liberté" qui "remplit l'assiette", affleure une inquiétude profonde. "C'est un métier difficile, trop de contraintes...", glisse Nicolas Margollé, 45 ans, qui a commencé à naviguer avec son père puis continué avec ses frères: Jérémy (41 ans), second du bateau, et Vincent (33 ans), matelot.

- "Trompe-l'oeil" -

Dans la famille, ancrée à Etaples, au sud de Boulogne-sur-mer, "on est marin depuis 1600. Avec mes frères, on est peut-être les derniers à faire ce métier", dit-il. Les fils de Nicolas sont étudiants et n'ont "aucune intention" de devenir marins; Jérémy a trois filles qui n'ont jamais envisagé d'embarquer et Vincent "ne souhaite pas" que ses enfants, encore petits, suivent son exemple.

"C'est trop de sacrifices. S'ils veulent être marins, je préfère qu'ils choisissent la marine marchande", sourit le matelot. Lui ne regrette pas son choix, "une passion", mais voudrait que les siens échappent aux nuits hachées, au stress des contrôles, aux caprices de la météo et à la concurrence terrible dans la Manche depuis le Brexit.

Après une âpre négociation entre Bruxelles et Londres, les pêcheurs français ont fini par obtenir fin 2022 le renouvellement d'un millier de licences de pêche, leur permettant de travailler dans les eaux britanniques.

La bataille a laissé des traces. "Les Anglais, si on les a mis sur une île, c'est qu'il y a une raison", lâche Nicolas Margollé.

"On a été parmi les premiers à voir notre licence renouvelée. Mais c'est un trompe-l'œil. Parce qu'en même temps, ils créent des aires marines protégées où ils vont interdire au maximum la pêche, comme par hasard dans les endroits où on va", explique le capitaine, qui réalise "30 à 40%" de son chiffre d'affaires dans les eaux britanniques.

Tous le disent: leur terrain de jeu ne cesse de rétrécir. Alors que l'équipage — six personnes à bord — remonte le second filet, vers 10H30, on aperçoit le chantier d'un parc éolien au large des falaises du Tréport (Normandie). "Un espace de plus fermé à la pêche."

Leur crainte est aussi de voir les flottilles européennes, en particulier hollandaise, venir frayer du côté français de la Manche. "Il y a déjà trop de bateaux. Les Hollandais pêchent à la senne: en quelques heures, ils ratissent des zones immenses", jusqu'à 3 km².

La senne démersale consiste à déployer deux longs câbles autour d'un filet: lorsque les câbles sont resserrés, ils créent un mur de sédiments qui rabat tous les poissons, juvéniles compris, vers le fond du filet.

"On l'a pratiquée pendant cinq–six ans, notre chiffre d'affaires a bondi de 30% au début, mais on arrête: on vide la mer, on scie la branche sur laquelle on est assis", raconte Nicolas Margollé, qui a vu les quotas de maquereaux fondre en dix ans.

Bannie en Aquitaine, Normandie et Bretagne, cette technique reste pratiquée dans les Hauts-de-France, au grand dam des pêcheurs artisanaux.

- Devoir "se justifier" -

Pour rester compétitifs, il faudrait changer de bateau: le Nicolas-Jérémy a bientôt 25 ans. En 2001, il a coûté 2,5 millions d'euros, "aujourd'hui, le même neuf, moins polluant, plus confortable, ce serait plus de 6 millions". L'avenir est "trop plein d'incertitudes" pour justifier un tel investissement, estiment les trois frères.

Alors ils améliorent l'existant, viennent d'installer un nouveau sondeur pour repérer les bancs de poissons.

Les marins étaplois sont aussi las de devoir "se justifier": après la saison de la sardine, pêchée au filet pélagique, ils pratiquent le chalutage de fond — qui racle les fonds marins — pour chasser l'encornet.

"Je passe là où mon père et mon grand-père passaient: si on avait tout détruit, on ne prendrait plus rien", balaye Nicolas Margollé.

La quatrième prise est miraculeuse, les marins travaillent d'arrache-pied pour nettoyer et ranger le poisson en cagettes, recouvertes de glace, pour tenir jusqu'au retour au port.

Cette nuit-là, les deux chalutiers boulonnais rentrent avec "22 tonnes de sardines". "Ca correspond à notre carnet de commandes, on ne pêche jamais plus."

U.Siddiqui--DT