Dubai Telegraph - Le ferry d'Istanbul, transport amoureux entre deux continents

EUR -
AED 4.202411
AFN 73.235002
ALL 93.9451
AMD 420.678057
ANG 2.048741
AOA 1049.890918
ARS 1708.312595
AUD 1.651213
AWG 2.062583
AZN 1.949836
BAM 1.955698
BBD 2.30538
BDT 141.132639
BGN 1.934858
BHD 0.431577
BIF 3404.622415
BMD 1.14429
BND 1.477123
BOB 7.926587
BRL 5.916437
BSD 1.14464
BTN 109.047312
BWP 15.438195
BYN 3.321027
BYR 22428.090154
BZD 2.30208
CAD 1.624836
CDF 2570.076459
CHF 0.916594
CLF 0.026912
CLP 1059.174754
CNY 7.768706
CNH 7.764588
COP 3848.999237
CRC 521.4728
CUC 1.14429
CUP 30.323693
CVE 110.259249
CZK 24.19568
DJF 203.829368
DKK 7.478628
DOP 67.806463
DZD 152.60404
EGP 56.395058
ERN 17.164355
ETB 183.546226
FJD 2.586612
FKP 0.856953
GBP 0.854554
GEL 3.015251
GGP 0.856953
GHS 13.003322
GIP 0.856953
GMD 82.965454
GNF 10038.476394
GTQ 8.735544
GYD 239.427511
HKD 8.976557
HNL 30.636402
HRK 7.538017
HTG 149.712191
HUF 353.483164
IDR 20590.817625
ILS 3.431327
IMP 0.856953
INR 108.954179
IQD 1499.42179
IRR 1574486.25789
ISK 144.089478
JEP 0.856953
JMD 181.200549
JOD 0.811347
JPY 184.648452
KES 148.00228
KGS 100.065561
KHR 4583.760912
KMF 493.189526
KPW 1029.861683
KRW 1749.36247
KWD 0.355062
KYD 0.95395
KZT 541.301766
LAK 25845.651894
LBP 102500.253599
LKR 383.390002
LRD 207.749164
LSL 18.566032
LTL 3.378792
LVL 0.69217
LYD 7.336617
MAD 10.704142
MDL 20.13395
MGA 4852.746881
MKD 61.631785
MMK 2402.876165
MNT 4099.016956
MOP 9.246518
MRU 45.681617
MUR 53.839292
MVR 17.691161
MWK 1984.896468
MXN 19.989726
MYR 4.65845
MZN 73.132026
NAD 18.566032
NGN 1567.769704
NIO 42.117803
NOK 11.261005
NPR 174.475899
NZD 2.003836
OMR 0.441357
PAB 1.14464
PEN 3.894897
PGK 5.028738
PHP 70.375043
PKR 318.231701
PLN 4.293435
PYG 6959.636986
QAR 4.184282
RON 5.227162
RSD 117.370878
RUB 88.095405
RWF 1675.712595
SAR 4.297696
SBD 9.22131
SCR 15.409196
SDG 687.15054
SEK 11.051625
SGD 1.477741
SHP 0.854328
SLE 27.863894
SLL 23995.199932
SOS 654.165879
SRD 42.986453
STD 23684.499186
STN 24.498722
SVC 10.015478
SYP 126.480809
SZL 18.563032
THB 38.133518
TJS 10.610547
TMT 4.016459
TND 3.378224
TOP 2.755177
TRY 53.515602
TTD 7.757595
TWD 36.546387
TZS 3005.843216
UAH 50.978341
UGX 4177.782087
USD 1.14429
UYU 46.037599
UZS 13712.284769
VES 731.090824
VND 30090.258096
VUV 136.092267
WST 3.173323
XAF 655.922787
XAG 0.018332
XAU 0.000274
XCD 3.092502
XCG 2.062892
XDR 0.815757
XOF 655.922787
XPF 119.331742
YER 271.254434
ZAR 18.573553
ZMK 10299.990075
ZMW 21.031903
ZWL 368.461014
  • AEX

    10.4100

    1083.18

    +0.97%

  • BEL20

    24.8900

    5813.65

    +0.43%

  • PX1

    33.0500

    8508.07

    +0.39%

  • ISEQ

    33.3600

    13935.04

    +0.24%

  • OSEBX

    13.7000

    1943.93

    +0.71%

  • PSI20

    128.7900

    9328.28

    +1.4%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    88.6600

    4804.51

    +1.88%

  • N150

    47.5700

    4257.6

    +1.13%

Le ferry d'Istanbul, transport amoureux entre deux continents
Le ferry d'Istanbul, transport amoureux entre deux continents / Photo: Ozan KOSE - AFP

Le ferry d'Istanbul, transport amoureux entre deux continents

Les ferries blancs qui glissent sur le bleu du Bosphore, image familière d'Istanbul, résistent à la concurrence des ponts et métros malgré des eaux de plus en plus encombrées.

Taille du texte:

Depuis près de deux siècles, les "vapurs" assurent un trait d'union iconique dans la mégapole turque, à cheval entre l'Asie et l'Europe, à au moins 40 millions de passagers annuels pour la principale compagnie, Sehir Hatlari (863 liaisons quotidiennes).

"Toute vue d'Istanbul doit montrer la tour de Léandre (qui gardait autrefois l'entrée du Bosphore, ndlr), un ferry et une mouette", sourit Adil Bali, spécialiste de l'histoire des vapeurs stambouliotes. "C'est l'une des rares villes traversées par la mer, les ferries y sont indispensables".

Aux commandes du Pasabahçe (le Jardin du Pacha), fleuron des trente bâtiments de la compagnie Sehir Hatlari, le capitaine Ekrem Özçelik a vu le trafic croître.

"Moins de passagers mais plus de monde sur l'eau", résume-t-il: des ferries, des porte-conteneurs et des cargos qui relient la mer Noire à l'Egée via les Dardanelles. Plus les paquebots, les croisières et les yachts.

- Vent et courants -

Selon les autorités, 41.300 bâtiments ont transité en 2024 sur le Bosphore, l'une des voies navigables les plus fréquentées au monde. Soit 113 par jour en moyenne, sans compter les plaisanciers, parfois peu au fait des difficultés de navigation.

"Piloter dans les eaux d'Istanbul demande une certaine expérience", glisse le capitaine. Surtout les jours de Lodos, le vent du sud qui soulève des vagues de deux, trois mètres à rebours du courant dominant.

"Enfant du Bosphore", fils et petit-fils de marin et de pêcheurs, il rêvait gamin de l'uniforme blanc et de la casquette de capitaine. À 52 ans, il savoure "la liberté" de la navigation et "l'aura" du métier: "Être capitaine au coeur d'Istanbul est source de grande fierté, c'est unique au monde".

Surtout à bord du Pasabahçe, sauvé de justesse du désarmement et remis à flots à 70 ans, en 2022, appuie son second, Semih Aksoy, 36 ans: "Il est plus difficile que les autres à manoeuvrer, plus lourd. On le dit +muet+: les virages sont compliqués."

Mais il n'en changerait pour rien au monde, avec ses trois ponts et ses guéridons de bois, témoins des premières classes d'autrefois: "Ce navire a une beauté unique, une atmosphère particulière", insiste-t-il en tançant depuis la tourelle un père dont la fillette se balance sur le bastingage.

"Certains s'installent carrément dans les canots de sauvetage!", assure-t-il.

- Scooters des mers -

C'est aussi la tâche de Burak Temiz de tempérer la frénésie des passagers qui se ruent pour gagner les ponts. Campé au milieu des cordages, le marin de 24 ans guette le signal du capitaine pour abaisser sa passerelle en surveillant l'accostage.

Son trajet d'une vingtaine de minutes est l'un des plus fréquentés, entre Kadiköy (Asie) et Besiktas (Europe). Des scooters des mers viennent de frôler l'étrave du ferry.

"Cet été, des gens sautaient dans l'eau depuis la tour de Léandre, ça a duré des heures. Et puis il y a les filets des pêcheurs".

Avec six membres d'équipage par bateau (neuf pour le Pasabahçe) dont deux mécaniciens, plus ceux aux 53 embarcadères, c'est tout un peuple de marins qui oeuvre aux ferries, que les habitués finissent par connaître et saluer.

Ibrahim Bayus, ingénieur de 62 ans né à Büyükada, la plus grande des îles des Princes, en mer de Marmara, se souvient: "Gamin, j'oubliais souvent mon porte-monnaie mais le capitaine me connaissait".

La navigation est assurée toute l'année, sauf violente tempête, neige ou brouillard. Et encore.

Le capitaine se souvient, un jour de mauvais temps à Büyükada, avoir vu accourir trois étudiants: "Le trafic était suspendu. Ils m'ont dit que s'ils ne pouvaient passer leurs examens, leur année serait perdue. J'ai pris l'initiative de les conduire à Kadiköy. Tous ont réussi. L'un est avocat, l'autre vétérinaire". Et continuent de lui rendre visite.

Y.El-Kaaby--DT