Dubai Telegraph - Attentat Kirchner: sur les réseaux argentins, l'émotion, l'emballement et les infox

EUR -
AED 4.229626
AFN 72.557604
ALL 96.200283
AMD 434.304194
ANG 2.061644
AOA 1056.111273
ARS 1608.366971
AUD 1.624462
AWG 2.075944
AZN 1.961012
BAM 1.959872
BBD 2.316914
BDT 141.153259
BGN 1.968616
BHD 0.434975
BIF 3415.570318
BMD 1.151703
BND 1.471489
BOB 7.977574
BRL 6.023521
BSD 1.150395
BTN 106.10737
BWP 15.685657
BYN 3.42682
BYR 22573.37436
BZD 2.313607
CAD 1.577706
CDF 2608.606438
CHF 0.906401
CLF 0.026516
CLP 1047.036065
CNY 8.011532
CNH 7.927786
COP 4266.390788
CRC 540.339027
CUC 1.151703
CUP 30.520123
CVE 110.495044
CZK 24.447537
DJF 204.846478
DKK 7.472351
DOP 70.218019
DZD 152.293142
EGP 60.314344
ERN 17.275542
ETB 181.205966
FJD 2.548085
FKP 0.865883
GBP 0.864249
GEL 3.132339
GGP 0.865883
GHS 12.521068
GIP 0.865883
GMD 84.64982
GNF 10085.259587
GTQ 8.817357
GYD 240.800286
HKD 9.024915
HNL 30.45433
HRK 7.536975
HTG 150.776526
HUF 390.904627
IDR 19546.066035
ILS 3.578709
IMP 0.865883
INR 106.404091
IQD 1506.930794
IRR 1521456.949262
ISK 143.444364
JEP 0.865883
JMD 180.956741
JOD 0.816554
JPY 183.182895
KES 149.25565
KGS 100.716474
KHR 4612.683422
KMF 494.080561
KPW 1036.583062
KRW 1717.137006
KWD 0.353285
KYD 0.958592
KZT 555.504113
LAK 24686.288142
LBP 103012.919266
LKR 358.214225
LRD 210.506434
LSL 19.352807
LTL 3.400679
LVL 0.696653
LYD 7.373351
MAD 10.807353
MDL 20.015584
MGA 4788.970338
MKD 61.646389
MMK 2418.752297
MNT 4116.758787
MOP 9.277475
MRU 45.865285
MUR 53.692156
MVR 17.805285
MWK 1994.352117
MXN 20.347536
MYR 4.512364
MZN 73.59289
NAD 19.352807
NGN 1574.711229
NIO 42.33015
NOK 11.076035
NPR 169.776624
NZD 1.970322
OMR 0.442828
PAB 1.15039
PEN 3.97095
PGK 4.960413
PHP 68.687266
PKR 321.348828
PLN 4.260298
PYG 7466.7073
QAR 4.204854
RON 5.092139
RSD 117.408061
RUB 94.300137
RWF 1678.895356
SAR 4.324546
SBD 9.273119
SCR 15.398642
SDG 692.173095
SEK 10.712771
SGD 1.471444
SHP 0.864075
SLE 28.332368
SLL 24150.643776
SOS 656.266306
SRD 43.271205
STD 23837.922132
STN 24.551755
SVC 10.065913
SYP 127.696075
SZL 19.338261
THB 37.263379
TJS 11.043195
TMT 4.036718
TND 3.397774
TOP 2.773023
TRY 50.912745
TTD 7.801208
TWD 36.762926
TZS 3005.944222
UAH 50.714084
UGX 4343.023049
USD 1.151703
UYU 46.76696
UZS 13908.897074
VES 513.943044
VND 30289.782943
VUV 137.728848
WST 3.172031
XAF 657.325511
XAG 0.014343
XAU 0.00023
XCD 3.112535
XCG 2.073207
XDR 0.817502
XOF 657.325511
XPF 119.331742
YER 274.684228
ZAR 19.245057
ZMK 10366.706959
ZMW 22.402543
ZWL 370.847823
  • AEX

    3.3300

    1011.1

    +0.33%

  • BEL20

    52.3100

    5181.14

    +1.02%

  • PX1

    64.2800

    7999.92

    +0.81%

  • ISEQ

    20.9700

    12353.85

    +0.17%

  • OSEBX

    -1.5700

    1965.08

    -0.08%

  • PSI20

    43.8200

    9173.37

    +0.48%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    50.3600

    3780.46

    +1.35%

  • N150

    19.6800

    3878.27

    +0.51%

Attentat Kirchner: sur les réseaux argentins, l'émotion, l'emballement et les infox
Attentat Kirchner: sur les réseaux argentins, l'émotion, l'emballement et les infox / Photo: Luis ROBAYO - AFP

Attentat Kirchner: sur les réseaux argentins, l'émotion, l'emballement et les infox

Accusation de mise en scène, infox sur le profil de l'assaillant, mise en cause des médias... En Argentine l'attentat contre Cristina Kirchner a enflammé les réseaux sociaux, inévitable caisse de résonance d'une forte polarisation politique exacerbée sous l'émotion.

Taille du texte:

Deux heures à peine après qu'un homme eut pointé jeudi son arme sur la vice-présidente, et alors que les images de la scène passaient en boucle sur les télévisions, des hashtags fleurissaient déjà sur Twitter, doutant de la véracité des faits, ou a minima accusant la vice-présidente de les instrumentaliser: #TodoCirco (tout un cirque), #NoLesCreemosNada (on n'en croit rien) ou encore #OperetaK (opéretteK).

Entre l'heure de l'attentat (peu après 21H jeudi) et le lendemain à la mi-journée, le cabinet de conseil et d'études d'opinion Taquion a analysé les conversations à chaud de 158.000 internautes sur les réseaux sociaux, avec 264.000 "mentions" de l'attaque et une "portée" estimée à 19 millions d'internautes. A 60% sur Twitter, 27% sur Facebook, et à un degré moindre sur Instagram ou d'autres sites.

Si la majorité (49%) des mentions pouvaient être considérées comme "positives", en soutien à Mme Kirchner ou rejetant la violence en politique derrière notamment le hashtag #TodosconCristina (Tous avec Cristina), 31% étaient négatives et caractérisées par "un scepticisme vis-à-vis des faits", indique à l'AFP Sergio Doval, directeur de Taquion. 20% des mentions étaient jugées "neutres".

"Preuve" supposée d'une "mise en scène", une infox a ainsi circulé plusieurs dizaines de milliers de fois durant quelques heures, captures d'écran à l'appui, affirmant que la chaîne de télévision C5N, plutôt pro-gouvernementale (donc pro-Kirchner) avait "chargé" sur son site web un article sur l'attentat trois heures avant celui-ci.

La cellule de fact-checking de l'AFP a pu déconstruire l'infox, notamment à partir du code source de la page, et attester que sa publication a bien eu lieu à 21h37 locales, soit peu après l'attentat.

Que trois personnes sur dix au sein de l'échantillon aient pu aussitôt mettre en doute un événement filmé et vu par de multiples témoins met en relief "le grand problème dont souffre aujourd'hui le tissu social argentin", marqué par "un profond manque de confiance dans les institutions", estime Sergio Doval.

- "Pistolet à eau" -

Même flux de désinformation dans "l'autre sens": à mesure qu'émergeaient des éléments sur l'agresseur, Fernando André Sabag Montiel, et que la presse publiait des photos tirées de son compte Instagram (rapidement fermé), émergeaient des infox et des faux, associant le suspect à l'opposition de droite.

Ainsi, un document officiel de la municipalité de Buenos Aires avec une liste de véhicules et de noms, dont celui de M. Sabag Montiel, prétendait que l'assaillant "est employé de Larreta (Horacio, maire de droite de la capitale, ndlr) avec une voiture à son nom".

La cellule de fact-checking de l'AFP a pu vérifier sur le moteur de recherche des infractions routières de la ville qu'il s'agissait en réalité d'une liste d'impayés avec le nom des propriétaires des véhicules concernés, où apparaissait bien celui de M. Sabag Montiel.

Des photo-montages ont aussi abondamment circulé, faisant figurer l'assaillant au côté de Mauricio Macri, ex-président (2015-2019) et leader du principal parti d'opposition de droite (PRO), ou de Maria Eugenia Vidal, députée du PRO et ex-gouverneure de la province de Buenos Aires.

Là encore, des vérifications quant à l'origine des images ont pu mettre en évidence qu'il s'agissait de faux.

Deux jours après l'attaque, un message avait également été partagé par plus de 50.000 internautes, en Argentine et au Brésil, affirmant que le pistolet utilisé dans l'attaque était un pistolet à eau. Le chef de l'Etat et maintes sources judiciaires citées dans la presse de tous bords ont confirmé qu'il s'agissait d'un Bersa 7.65 en état de marche, et chargé. La thèse du "pistolet à eau" reste à ce jour extrêmement présente sur Twitter.

Si la dynamique propre aux réseaux sociaux fait que "toute nouvelle peut (voir naître) son contraire, même faux", le politologue Diego Reynoso, directeur de l'enquête régulière d'opinion ESPOP, rappelle que Cristina Kirchner est une personnalité clivante en Argentine avec 60% d'opinions négatives, bien que vénérée par une frange de la gauche péroniste.

"Cela contribue aussi à la méfiance et crée un terreau propice à la circulation de fausses informations", estime-t-il.

"Ceux qui ont une prédisposition contre Kirchner consommeront des informations jetant un doute sur l'attaque et vice versa", de quoi renforcer les "bulles informationnelles" dans lesquelles s'enferment les internautes.

R.El-Zarouni--DT