Dubai Telegraph - Visa pour l'image plonge dans les marges et se cogne aux murs de la planète

EUR -
AED 4.302854
AFN 74.39904
ALL 95.619662
AMD 433.096644
ANG 2.097102
AOA 1075.566716
ARS 1631.816974
AUD 1.625293
AWG 2.108954
AZN 1.995753
BAM 1.956194
BBD 2.354894
BDT 143.458887
BGN 1.954417
BHD 0.442091
BIF 3479.30059
BMD 1.171641
BND 1.493001
BOB 8.078627
BRL 5.774663
BSD 1.169245
BTN 111.345371
BWP 15.889199
BYN 3.309995
BYR 22964.162049
BZD 2.351494
CAD 1.593824
CDF 2712.34812
CHF 0.915807
CLF 0.027076
CLP 1065.65458
CNY 8.002717
CNH 7.99335
COP 4356.66624
CRC 531.909375
CUC 1.171641
CUP 31.048484
CVE 110.287207
CZK 24.385828
DJF 208.203701
DKK 7.473517
DOP 69.664325
DZD 155.202576
EGP 62.816941
ERN 17.574614
ETB 183.843603
FJD 2.568881
FKP 0.865677
GBP 0.863441
GEL 3.145891
GGP 0.865677
GHS 13.106639
GIP 0.865677
GMD 85.530247
GNF 10261.066162
GTQ 8.922931
GYD 244.609254
HKD 9.181037
HNL 31.079391
HRK 7.534943
HTG 153.020812
HUF 361.335815
IDR 20386.024784
ILS 3.444159
IMP 0.865677
INR 111.529086
IQD 1534.849606
IRR 1541879.451952
ISK 143.22135
JEP 0.865677
JMD 183.987048
JOD 0.830677
JPY 184.692202
KES 151.001407
KGS 102.425437
KHR 4689.944364
KMF 492.677052
KPW 1054.48057
KRW 1712.986437
KWD 0.36083
KYD 0.974305
KZT 543.294034
LAK 25675.38912
LBP 104701.476252
LKR 374.148532
LRD 214.545032
LSL 19.566907
LTL 3.459551
LVL 0.708714
LYD 7.417557
MAD 10.806076
MDL 20.180236
MGA 4869.980616
MKD 61.652941
MMK 2460.102223
MNT 4192.842457
MOP 9.437581
MRU 46.685799
MUR 55.008529
MVR 18.107702
MWK 2027.408238
MXN 20.30653
MYR 4.638298
MZN 74.858342
NAD 19.566907
NGN 1600.402999
NIO 43.028664
NOK 10.830268
NPR 178.151633
NZD 1.984039
OMR 0.450615
PAB 1.169235
PEN 4.099025
PGK 5.084024
PHP 72.114016
PKR 325.824098
PLN 4.245517
PYG 7084.486994
QAR 4.272567
RON 5.238762
RSD 117.400755
RUB 88.460002
RWF 1709.544233
SAR 4.395789
SBD 9.403436
SCR 16.361155
SDG 703.569739
SEK 10.832909
SGD 1.492536
SHP 0.874748
SLE 28.851629
SLL 24568.719798
SOS 668.234555
SRD 43.909597
STD 24250.601528
STN 24.504934
SVC 10.230147
SYP 129.502321
SZL 19.562605
THB 37.996671
TJS 10.931995
TMT 4.106601
TND 3.385462
TOP 2.82103
TRY 52.990864
TTD 7.925664
TWD 36.977176
TZS 3042.965869
UAH 51.381846
UGX 4413.888778
USD 1.171641
UYU 47.069635
UZS 14070.953414
VES 578.197718
VND 30843.447241
VUV 138.868188
WST 3.182096
XAF 656.08911
XAG 0.015866
XAU 0.000255
XCD 3.166418
XCG 2.107142
XDR 0.815964
XOF 656.094711
XPF 119.331742
YER 279.553326
ZAR 19.424055
ZMK 10546.163634
ZMW 22.068632
ZWL 377.267898
  • AEX

    9.5500

    1014.5

    +0.95%

  • BEL20

    87.7800

    5440.14

    +1.64%

  • PX1

    86.1400

    8062.31

    +1.08%

  • ISEQ

    -183.8600

    12409.08

    -1.46%

  • OSEBX

    3.6500

    2033.72

    +0.18%

  • PSI20

    -3.6700

    9164.62

    -0.04%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    20.6800

    3997.2

    +0.52%

  • N150

    27.8300

    4182.24

    +0.67%

Visa pour l'image plonge dans les marges et se cogne aux murs de la planète
Visa pour l'image plonge dans les marges et se cogne aux murs de la planète / Photo: Lionel BONAVENTURE - AFP

Visa pour l'image plonge dans les marges et se cogne aux murs de la planète

Visa pour l'image, rendez-vous mondial du photojournalisme à Perpignan (Pyrénées-Orientales), expose l'actualité mais zoome également sur d'autres réalités, l'édition 2024 offrant un regard sur différents visages de l'exclusion, en s'attardant sur les marges et les murs qui scarifient la planète.

Taille du texte:

Le festival n'a traditionnellement pas de thème principal mais parmi les 26 professionnels exposés jusqu'au 15 septembre dans les bâtiments multiséculaires de la vieille cité catalane, une large part donne par l'image la parole à ceux qui ne l'ont pas, aux exclus et aux repoussés du monde.

"Cette partie de la population n'a pas voix au chapitre", résume pour l'AFP Pierre Faure qui présente "France périphérique", un projet photo noir et blanc mené depuis 2015 sur la "petite paysannerie en train de disparaître" ou les abandonnés des anciens bassins industriels.

Il se dit "extrêmement heureux" d'être exposé à Perpignan "car en fait, c'est un boulot qui est dur à présenter".

"J'ai énormément de mal à faire des expos avec ce travail-là, j'ai eu deux publications en dix ans", détaille-t-il.

Paolo Manzo, photographe italien qui montre dans "La ville invisible" le cauchemar quotidien des habitants des quartiers délabrés et abandonnés de la périphérie napolitaine, partage le même constat: "L'Italie, Naples ne veut rien montrer de ces problèmes".

- Pouvoir de la photographie -

Pour celui qui a grandi et continue de vivre dans ces quartiers, être montré à Visa c'est donc "envoyer un message à l'Italie et essayer de faire changer les choses".

"Je vis d'espoir et mon espoir c'est que mon travail photographique sera un jour utile", dit-il. Un sentiment qu'assure vivre le photographe roumain Mugur Varzariu.

"La photographie peut changer les choses", dit-il. La preuve ? En photographiant le quartier rom de Baia Mare, petite ville au nord-ouest de la Roumanie, que le maire a partiellement isolée en construisant un mur, il a réussi à en obtenir la destruction, au terme d'un long combat judiciaire.

"Des voix s'élèvent derrière le mur" est le nom de son exposition à Perpignan et elle "me donne", dit-il, "la force de me dire que je fais ce que je dois faire en tant que photographe".

Autre continent, autres murs: ceux photographiés par le Vénézuélien Alejandro Cegarra qui a accompagné pendant plusieurs mois les migrants traversant le Mexique en route vers les Etats-Unis.

Avant de se heurter au mur physique de la frontière entre les deux pays, ils doivent en traverser un autre, plus symbolique, constitué de toutes les barrières administratives, policières ou psychologiques, installées au coeur même du Mexique pour les empêcher de mener à terme leur quête.

Le point de départ du travail du photographe a été "l'indignation", notamment, dit-il, "parce que ma femme et moi nous avons vécu cette situation".

- "Honorer ces personnes" -

"Une part importante du projet était de photographier pour honorer ces personnes" car, explique celui qui a quitté le Venezuela en 2017: "ce sont souvent les pires jours, semaines, mois de la vie des gens qui se retrouvent sur les photos".

"Je ne veux pas être une part supplémentaire de leur traumatisme", résume le journaliste dont le reportage au long cours a été couronné d'un World Press.

De ces Etats-Unis qui font rêver les migrants photographiés par Alejandro Cegarra, Visa a retenu les fractures et les balafres qu'y laisse également l'exclusion.

A Venice Beach, Californie, Karen Ballard a saisi l'envers de la carte postale et à Troy, Etat de New York, Brenda Ann Kenneally, originaire de ce même quartier, a suivi sur de longues années le parcours de plusieurs familles maintenues dans un destin misérable par un système qu'elle dénonce.

"L'Amérique terre d'opportunités, c'est un mensonge, une propagande pour maintenir ceux d'en bas là où ils sont et continuer de leur faire croire que s'ils ne souscrivent pas à cette idée, ils ont raté quelque chose ou sont des irresponsables", dit-elle.

Et dans cette Amérique en déclin montrée à Perpignan, la cicatrice la plus tragiquement spectaculaire est peut-être celle laissée par "la tranq", un nouvel opioïde dévastateur dont les ravages visibles dans le quartier de Kensington, à Philadelphie font l'objet d'un impressionnant reportage du photographe Gaël Turine.

La misère y prend là un visage presque inhumain, cette "drogue du zombie" transformant en silhouettes désarticulées ceux qui la consomment.

A.Krishnakumar--DT