Dubai Telegraph - Dans l'Argentine en récession, le sacrifice des bijoux de famille

EUR -
AED 4.270651
AFN 72.672902
ALL 95.422215
AMD 429.02547
ANG 2.082077
AOA 1067.517186
ARS 1618.483848
AUD 1.626566
AWG 2.096078
AZN 1.973774
BAM 1.953151
BBD 2.343122
BDT 142.798158
BGN 1.941904
BHD 0.438812
BIF 3463.86137
BMD 1.162873
BND 1.487208
BOB 8.039234
BRL 5.848205
BSD 1.163322
BTN 111.584572
BWP 16.455963
BYN 3.237465
BYR 22792.305681
BZD 2.339767
CAD 1.599636
CDF 2610.64867
CHF 0.914599
CLF 0.026578
CLP 1046.027459
CNY 7.890205
CNH 7.919216
COP 4407.671428
CRC 527.729596
CUC 1.162873
CUP 30.816128
CVE 110.115645
CZK 24.332882
DJF 207.162578
DKK 7.472855
DOP 69.50692
DZD 154.525754
EGP 61.518758
ERN 17.443091
ETB 181.650343
FJD 2.562565
FKP 0.862723
GBP 0.870579
GEL 3.116726
GGP 0.862723
GHS 13.303185
GIP 0.862723
GMD 84.309218
GNF 10201.163663
GTQ 8.875077
GYD 243.394059
HKD 9.107113
HNL 30.939567
HRK 7.533552
HTG 152.326491
HUF 359.725389
IDR 20455.861774
ILS 3.398682
IMP 0.862723
INR 111.453503
IQD 1524.059056
IRR 1529177.651491
ISK 143.602844
JEP 0.862723
JMD 183.820675
JOD 0.824435
JPY 184.380467
KES 150.185168
KGS 101.69336
KHR 4667.749183
KMF 490.73227
KPW 1046.587595
KRW 1744.518339
KWD 0.358769
KYD 0.969502
KZT 546.158612
LAK 25513.833147
LBP 104179.488025
LKR 382.166578
LRD 212.894902
LSL 19.270711
LTL 3.433661
LVL 0.70341
LYD 7.387108
MAD 10.723755
MDL 20.126048
MGA 4842.515145
MKD 61.638519
MMK 2441.614111
MNT 4162.472663
MOP 9.383135
MRU 46.696663
MUR 54.85262
MVR 17.916265
MWK 2017.298534
MXN 20.208252
MYR 4.594552
MZN 74.318959
NAD 19.270463
NGN 1593.826688
NIO 42.812667
NOK 10.846201
NPR 178.534915
NZD 1.990718
OMR 0.447117
PAB 1.163342
PEN 3.988359
PGK 5.068126
PHP 71.724245
PKR 324.025388
PLN 4.246195
PYG 7089.384321
QAR 4.240748
RON 5.21664
RSD 117.388478
RUB 84.837746
RWF 1701.821006
SAR 4.38083
SBD 9.321746
SCR 15.977183
SDG 698.307965
SEK 10.982589
SGD 1.488506
SHP 0.868202
SLE 28.664959
SLL 24384.862344
SOS 664.909586
SRD 43.267005
STD 24069.117863
STN 24.466814
SVC 10.179193
SYP 128.535171
SZL 19.274106
THB 37.98524
TJS 10.854265
TMT 4.070055
TND 3.404882
TOP 2.799918
TRY 52.962748
TTD 7.896968
TWD 36.695032
TZS 3023.469146
UAH 51.367628
UGX 4368.075366
USD 1.162873
UYU 46.596798
UZS 13931.343839
VES 593.23815
VND 30647.511032
VUV 137.12648
WST 3.146267
XAF 655.07975
XAG 0.014879
XAU 0.000255
XCD 3.142721
XCG 2.096692
XDR 0.813933
XOF 655.068499
XPF 119.331742
YER 277.51928
ZAR 19.373693
ZMK 10467.246163
ZMW 21.900672
ZWL 374.444547
  • AEX

    -12.6700

    1008.89

    -1.24%

  • BEL20

    -69.7100

    5462.48

    -1.26%

  • PX1

    -137.4000

    7945.11

    -1.7%

  • ISEQ

    -198.8500

    12386.69

    -1.58%

  • OSEBX

    31.9700

    2017.85

    +1.61%

  • PSI20

    -95.8100

    9028.68

    -1.05%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    31.5800

    4133.29

    +0.77%

  • N150

    -10.9900

    4215.95

    -0.26%

Dans l'Argentine en récession, le sacrifice des bijoux de famille
Dans l'Argentine en récession, le sacrifice des bijoux de famille / Photo: Juan Mabromata - AFP

Dans l'Argentine en récession, le sacrifice des bijoux de famille

Dans une Argentine en récession, à l'activité anémiée, un négoce fleurit: la vente de la montre du grand-père ou de l'alliance de la bisaïeule. Une liquidation de bijoux de famille de plus en plus nécessaire pour boucler les fins de mois.

Taille du texte:

"Quand les dettes vous étranglent, l'affect est mis de côté", assure Mariana, dans une boutique de prêteur sur gage du quartier commerçant de Once, qui ne veut pas mentionner le montant reçu en échange de sa montre, cadeau de son grand-père à son père pour sa fin d'études.

Mariana - qui ne souhaite pas donner son nom - confie à l'AFP qu'à 63 ans sa retraite d'employée de l'administration judiciaire ne suffit plus à couvrir ses dépenses, dans un contexte d'inflation à 72% depuis le début de l'année et de 276% sur douze mois.

L'argent de la montre, explique-t-elle, servira à payer des "dépenses courantes et plusieurs arriérés de la mutuelle santé".

A la mi-journée, à un carrefour de Once, le contraste est saisissant: un magasin de chaussures est vide, tandis que les salles d'attente de boutiques de rachat de bijoux sont pleines. "On rachète de l'or", disent leurs enseignes, en grandes lettres dorées.

- Trois fois plus de transactions -

A "El Tasador", l'une des plus connues, une dizaine de clients patientent dans un salon vaguement Art déco.

Si l'évaluation est concluante, ils repartiront, "en el acto" (sur le champ), avec la valeur de leur bijou en liquide, promet la boutique, qui en 50 ans d'activité s'enorgueillit de garantir "intimité et sécurité" à ses clients, de plus en plus nombreux.

Actuellement, El Tasador réalise environ 300 transactions par jour, le triple de l'an dernier.

"Tout récemment, il y a eu énormément de gens, je crois à cause de ce que traverse le pays. Des gens qui détenaient des pièces qu'ils n'avaient peut-être pas prévu de vendre, mais qui décident de le faire, car ils n'arrivent plus à joindre les deux bouts", dit à l'AFP Natalia, une des quatre expertes de la boutique, qui ne donne pas son nom "pour raisons de sécurité".

"On a augmenté capacité et horaires, parce que les gens s'entassaient et on ne pouvait pas suivre", ajoute-t-elle.

Alimentent cette tendance des émissions télé ou des vidéos sur Youtube, aux noms évocateurs -"El valor de tus sueños" (la valeur de tes rêves)- à mi-chemin entre téléréalité et clips de promotion.

Mais plus que tout, c'est la fonte du pouvoir d'achat, étranglé par l'inflation chronique et une brutale dévaluation du peso en décembre, qui a poussé certains Argentins ces derniers mois à vider leurs économies cachées "sous le matelas", selon l'expression populaire. Et à présent, à liquider leurs bijoux.

- Un amer "âge d'or" -

"La situation est compliquée, la vie en Argentine est super chère", gémit Daniel, comptable au chômage de 56 ans, qui écume les échoppes plus modestes, pour revendre un petit porte-clef en argent. Il est effaré qu'on lui en propose à peine plus qu'un ticket de métro (60 centimes d'euro).

Le pic des reventes, "c'est la fin de mois, le temps des factures", note Carlos, gérant d'une échoppe de bijouterie, lui aussi sous couvert d'anonymat.

"Le classique, c'est l'alliance, mais ils apportent aussi des bijoux victoriens, de la Belle époque, venant de grands-parents ou d'arrière-arrière-grands-parents, des pièces uniques", relève Natalia.

Malgré une pauvreté qui touche officiellement 42% de la population, il n'est pas rare en Argentine que les foyers modestes détiennent des bijoux en or.

"Dans les années 70, davantage de gens avaient accès à l'or, n'importe qui pouvait porter une bague, les hommes des boutons de manchette ou des pinces à cravate en or, on offrait aux filles une montre en or pour leurs 15 ans", rappelle l'évaluatrice.

Depuis longtemps, on ne porte plus ces bijoux dans la rue, pour raisons de sécurité. Par contre, ils se vendent.

"L'or s'est toujours vendu, médite Natalia. Ce qui a changé, c'est le +pourquoi+. Avant c'était pour financer un projet, une rénovation, une voiture, une fête... Aujourd'hui, c'est parce que +je n'arrive pas à boucler les mois+, +les factures ont augmenté+ ou +je me retrouve sans travail+".

I.Menon--DT