Dubai Telegraph - Michel Bouquet, le "roi" du théâtre français

EUR -
AED 4.202616
AFN 72.094453
ALL 95.950395
AMD 432.17846
ANG 2.048479
AOA 1049.367706
ARS 1600.022322
AUD 1.630858
AWG 2.059827
AZN 1.945028
BAM 1.954789
BBD 2.308706
BDT 140.657283
BGN 1.956045
BHD 0.432099
BIF 3402.940745
BMD 1.144348
BND 1.466842
BOB 7.920905
BRL 6.149838
BSD 1.146307
BTN 105.807762
BWP 15.619993
BYN 3.391747
BYR 22429.228522
BZD 2.305308
CAD 1.567706
CDF 2582.794158
CHF 0.903612
CLF 0.026683
CLP 1053.590327
CNY 7.892115
CNH 7.8976
COP 4228.390203
CRC 539.323537
CUC 1.144348
CUP 30.325232
CVE 110.208506
CZK 24.450037
DJF 204.124472
DKK 7.472092
DOP 70.4239
DZD 151.598659
EGP 59.989607
ERN 17.165226
ETB 178.92658
FJD 2.541374
FKP 0.860295
GBP 0.863806
GEL 3.123775
GGP 0.860295
GHS 12.448564
GIP 0.860295
GMD 84.106574
GNF 10049.594928
GTQ 8.790494
GYD 239.81602
HKD 8.961025
HNL 30.342446
HRK 7.534276
HTG 150.297702
HUF 391.283042
IDR 19459.644439
ILS 3.592459
IMP 0.860295
INR 105.748949
IQD 1501.630247
IRR 1512513.881139
ISK 144.199443
JEP 0.860295
JMD 179.857803
JOD 0.811299
JPY 182.379955
KES 147.864781
KGS 100.072924
KHR 4596.603561
KMF 493.213819
KPW 1029.913492
KRW 1713.306969
KWD 0.351452
KYD 0.95521
KZT 561.172337
LAK 24562.301764
LBP 102647.333309
LKR 356.744012
LRD 209.762473
LSL 19.252247
LTL 3.378963
LVL 0.692205
LYD 7.314219
MAD 10.796119
MDL 19.996662
MGA 4759.560195
MKD 61.738788
MMK 2402.456928
MNT 4084.153335
MOP 9.240563
MRU 45.86229
MUR 53.487137
MVR 17.680052
MWK 1987.581143
MXN 20.464016
MYR 4.498459
MZN 73.135382
NAD 19.252331
NGN 1586.993511
NIO 42.178379
NOK 11.140546
NPR 169.292219
NZD 1.968211
OMR 0.439998
PAB 1.146207
PEN 3.952956
PGK 5.012409
PHP 68.50012
PKR 320.063733
PLN 4.270296
PYG 7395.176836
QAR 4.166864
RON 5.094415
RSD 117.434143
RUB 92.542735
RWF 1672.742533
SAR 4.294458
SBD 9.21397
SCR 16.415072
SDG 687.753669
SEK 10.779047
SGD 1.465979
SHP 0.858558
SLE 28.093563
SLL 23996.426035
SOS 653.96477
SRD 42.967959
STD 23685.701325
STN 24.487341
SVC 10.029859
SYP 126.479084
SZL 19.24605
THB 37.224569
TJS 10.986968
TMT 4.005219
TND 3.389962
TOP 2.755316
TRY 50.566698
TTD 7.774015
TWD 36.651763
TZS 2981.027425
UAH 50.548988
UGX 4309.771931
USD 1.144348
UYU 46.046396
UZS 13840.784107
VES 506.608327
VND 30087.780148
VUV 135.32294
WST 3.130039
XAF 655.620921
XAG 0.014533
XAU 0.00023
XCD 3.092659
XCG 2.065841
XDR 0.815382
XOF 655.618058
XPF 119.331742
YER 272.984009
ZAR 19.317785
ZMK 10300.512291
ZMW 22.311465
ZWL 368.479716
  • AEX

    5.7100

    1007.25

    +0.57%

  • BEL20

    6.6400

    5116.29

    +0.13%

  • PX1

    11.8700

    7922.46

    +0.15%

  • ISEQ

    -40.9000

    12352.27

    -0.33%

  • OSEBX

    12.4500

    1958.41

    +0.64%

  • PSI20

    19.2000

    9162.56

    +0.21%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -21.0100

    3730.06

    -0.56%

  • N150

    11.1600

    3859.29

    +0.29%

Michel Bouquet, le "roi" du théâtre français
Michel Bouquet, le "roi" du théâtre français / Photo: ALBERTO PIZZOLI - AFP/Archives

Michel Bouquet, le "roi" du théâtre français

Michel Bouquet, décédé mercredi à l'âge de 96 ans, avait peut-être rêvé de mourir sur scène, comme son personnage fétiche dans "Le roi se meurt" d'Eugène Ionesco, qu'il aura joué pas moins de 800 fois en 20 ans.

Taille du texte:

Après 75 ans de carrière, le monstre sacré du théâtre, tout aussi inoubliable au cinéma chez Chabrol et Truffaut, avait confié à l'AFP en 2019 qu'il ne remonterait plus sur scène, après avoir fait son "bonhomme de chemin".

Un géant de la scène, légendaire dans "L'Avare" et "Le roi se meurt", qui quelques années plus tôt espérait "ne jamais s'arrêter de jouer".

Sur le grand écran, il a été un étonnant Mitterrand au soir de sa vie dans "Le Promeneur du Champs-de-Mars" de Robert Guédiguian (2004), avec un mimétisme qui troublera jusqu'aux proches de l'ancien président, et un magistral Javert dans "Les Misérables" de Robert Hossein (1982).

Il ne se lassait pas de ses rôles, brodant et rebrodant son interprétation, la voix mesurée enflant soudain à la surprise du public, épaté de l'énergie qu'il gardait en dépit de l'âge.

Prolifique, souvent énigmatique et troublant, le comédien avait reçu de très nombreuses récompenses, notamment deux fois le César du meilleur acteur: en 2002 pour le film d'Anne Fontaine "Comment j'ai tué mon père", puis en 2006 pour "Le Promeneur du Champs-de-Mars".

Au théâtre, il avait décroché deux fois le Molière du meilleur comédien dont en 2005 pour "Le roi se meurt", qu'il jouait avec son épouse Juliette Carré, formidable reine Marguerite.

- "Au service" de l'auteur -

Il a marqué le théâtre de l'après-guerre en faisant connaître en France l'oeuvre de Harold Pinter et en se mettant au service de grands textes classiques (Molière, Diderot ou Strindberg) et contemporains (Samuel Beckett, Eugène Ionesco, Albert Camus ou Thomas Bernhard).

Affichant clairement sa préférence pour la scène, Michel Bouquet n'en a pas moins été un brillant acteur de cinéma, endossant avec beaucoup de subtilité des personnages souvent secrets et équivoques.

Sa silhouette plutôt ronde, son style discret et sa voix grave, contredite par une certaine espièglerie du regard, lui offrait une large palette de rôles.

Il a martelé que l'acteur n'était qu'"au service" de l'auteur.

"Le texte, il n'y a que le texte. Tout vient de l'auteur. L'acteur n'est là que pour prendre la main du spectateur et lui faire serrer le coeur de l'auteur", disait-il. Ou encore: "Je suis amoureux de la pensée des autres, il n'est pas utile que l'acteur soit encombré de sa propre pensée".

Né le 6 novembre 1925 à Paris, fils d'un officier qu'il a peu connu car devenu prisonnier de guerre, Michel Bouquet a été envoyé avec ses frères en pension, une expérience qui l'a "terrorisé".

Il doit son goût du spectacle à sa mère qui l'emmenait régulièrement à l'Opéra Comique.

"A chaque fois que le rideau se levait, il n'y avait plus l'horreur de la guerre, il n'y avait plus les Allemands autour (...), le monde irréel dépassait de très loin le monde réel. Ça a été le meilleur enseignement de ma vie", confiait-il à l'AFP en 2019.

- "Une angoisse affreuse" -

Tour à tour apprenti pâtissier, mécanicien dentiste, manutentionnaire durant sa jeunesse, il se rend un jour chez Maurice Escande, sociétaire de la Comédie-Française, qui lui proposa immédiatement de suivre ses cours.

Intégrant le Conservatoire en même temps que Gérard Philipe, il montera sur les planches en 1944, deviendra vite compagnon de Jean Anouilh puis de Jean Vilar au TNP (Théâtre national populaire) et au Festival d'Avignon.

A partir de 1947, on le retrouve aussi au générique de nombreux films mais il devra attendre les années 1960 pour atteindre la notoriété.

Sa voix neutre et posée, son goût pour l’ambiguïté feront merveille dans les films de Claude Chabrol qui l'emploie dans des rôles de notables de province, secrets et dévoyés. Il noue avec ce metteur en scène une complicité durable et jouera dans plusieurs de ses films ("La femme infidèle", "Poulet au vinaigre").

Il joue aussi avec François Truffaut quelques-uns de ses meilleurs films ("La mariée était en noir", en 1967, et "La Sirène du Mississippi" en 1968).

Il triomphe sur scène avec "Le roi se meurt", qu'il joue dès 1994 puis quasiment en continu de 2004 à 2014.

Jouer était une nécessité intime plus qu'un plaisir. "C'est une angoisse affreuse", disait-il. "Mais c'est intéressant. Pour vivre quelque chose que l'on ne vivrait pas autrement. On ne risque rien, rien, sauf de se casser la figure".

A.Al-Mehrazi--DT