Dubai Telegraph - A Aït Kine, un des derniers greniers collectifs en activité du Maroc

EUR -
AED 4.239763
AFN 72.158596
ALL 94.976352
AMD 425.349641
ANG 2.067019
AOA 1059.796721
ARS 1654.64246
AUD 1.648432
AWG 2.080919
AZN 1.945012
BAM 1.955305
BBD 2.326151
BDT 141.764088
BGN 1.92786
BHD 0.435592
BIF 3452.040476
BMD 1.154463
BND 1.487123
BOB 7.981013
BRL 5.983346
BSD 1.154927
BTN 110.029604
BWP 15.684095
BYN 3.179095
BYR 22627.465986
BZD 2.322812
CAD 1.610209
CDF 2627.556752
CHF 0.922271
CLF 0.02686
CLP 1057.118247
CNY 7.818886
CNH 7.82467
COP 4110.371553
CRC 529.665824
CUC 1.154463
CUP 30.593258
CVE 110.238984
CZK 24.182816
DJF 205.171133
DKK 7.474868
DOP 67.38293
DZD 154.264319
EGP 59.822289
ERN 17.316938
ETB 186.198139
FJD 2.566659
FKP 0.86228
GBP 0.863036
GEL 3.059702
GGP 0.86228
GHS 13.45465
GIP 0.86228
GMD 84.276131
GNF 10117.612274
GTQ 8.80377
GYD 241.629837
HKD 9.046484
HNL 30.876713
HRK 7.532526
HTG 151.061733
HUF 356.311074
IDR 20741.074179
ILS 3.437585
IMP 0.86228
INR 110.517163
IQD 1513.016721
IRR 1587588.037964
ISK 143.419044
JEP 0.86228
JMD 182.373801
JOD 0.818482
JPY 185.356466
KES 149.537015
KGS 100.956715
KHR 4647.842733
KMF 492.955691
KPW 1038.849185
KRW 1765.467597
KWD 0.357122
KYD 0.96246
KZT 563.399719
LAK 25431.667768
LBP 103423.548565
LKR 384.599236
LRD 210.197663
LSL 19.135084
LTL 3.408828
LVL 0.698323
LYD 7.373036
MAD 10.694891
MDL 20.100995
MGA 4844.772717
MKD 61.611921
MMK 2423.121221
MNT 4128.685183
MOP 9.322179
MRU 46.180102
MUR 55.252767
MVR 17.848112
MWK 2002.701347
MXN 20.085628
MYR 4.695892
MZN 73.797886
NAD 19.135084
NGN 1571.270228
NIO 42.499234
NOK 10.938936
NPR 176.047166
NZD 1.993255
OMR 0.443892
PAB 1.154912
PEN 3.926805
PGK 5.1337
PHP 70.662326
PKR 321.390953
PLN 4.250211
PYG 7133.254785
QAR 4.210979
RON 5.238029
RSD 117.36384
RUB 83.409187
RWF 1694.278142
SAR 4.334352
SBD 9.288313
SCR 17.105777
SDG 693.248401
SEK 10.975066
SGD 1.486498
SHP 0.861923
SLE 28.457351
SLL 24208.504879
SOS 660.035658
SRD 43.131862
STD 23895.043941
STN 24.494219
SVC 10.105615
SYP 127.605167
SZL 19.130237
THB 38.018739
TJS 10.804169
TMT 4.052164
TND 3.3899
TOP 2.779669
TRY 53.281797
TTD 7.839014
TWD 36.638602
TZS 3030.461838
UAH 52.042217
UGX 4347.973891
USD 1.154463
UYU 46.788148
UZS 13922.714281
VES 654.549321
VND 30388.340481
VUV 137.94937
WST 3.168993
XAF 655.793714
XAG 0.018165
XAU 0.000283
XCD 3.119993
XCG 2.081473
XDR 0.816003
XOF 655.782356
XPF 119.331742
YER 275.512217
ZAR 19.108721
ZMK 10391.541044
ZMW 20.009018
ZWL 371.73647
  • AEX

    7.2600

    1059.18

    +0.69%

  • BEL20

    9.5200

    5607.89

    +0.17%

  • PX1

    31.0200

    8193.12

    +0.38%

  • ISEQ

    0.0000

    13081.34

    0%

  • OSEBX

    11.8900

    1993.87

    +0.6%

  • PSI20

    98.7500

    8994.89

    +1.11%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    8.3600

    4188.71

    +0.2%

  • N150

    8.8000

    4200.1

    +0.21%

A Aït Kine, un des derniers greniers collectifs en activité du Maroc
A Aït Kine, un des derniers greniers collectifs en activité du Maroc / Photo: FADEL SENNA - AFP

A Aït Kine, un des derniers greniers collectifs en activité du Maroc

"Les traditions disparaissent mais pas chez nous", murmure Hossine Oubrahim, un doyen du village d'Aït Kine, qui abrite l'un des rares greniers collectifs toujours en activité dans le Sud du Maroc.

Taille du texte:

A une cinquantaine de kilomètres de la ville de Tata, ce village berbère de l'Anti-Atlas est perché à plus de 1.000 mètres d'altitude.

Dans un paysage d'oliviers et de palmiers, adossé à des collines stratifiées, la bourgade est une fenêtre sur l'héritage patrimonial du royaume.

Imposante citadelle de protection et de stockage des biens du village, son grenier collectif (appelé "agadir" en langue amazighe), probablement édifié au XVIIIe siècle et restauré en 2012, est toujours fonctionnel, témoin d'une organisation communautaire multiséculaire qui tend à disparaître.

"Nous avons grandi avec la tradition d'y entreposer nos graines, fruits secs, huiles et objets de valeurs", raconte à l'AFP M. Oubrahim.

"Et on continue à la respecter", affirme fièrement le septuagénaire drapé de la traditionnelle tunique bleu indigo des berbères.

Fierté. Le mot revient souvent dans la bouche des habitants d'Aït Kine à l'évocation du "monument" qui "représente notre esprit communautaire", renchérit Abdelghani Charai, un commerçant de 60 ans de retour sur la terre de ses ancêtres après des années de pérégrinations.

- Protection et sécurité -

L'agadir, bâti en pisé au centre du village, est protégé par une muraille presque infranchissable, surmontée d'une tour de guet en pierre.

A l'intérieur, 76 compartiments sont agencés en trois niveaux autour d'une cour à ciel ouvert où a été placée une citerne en pierre pour le stockage de l'eau.

"Il reste 63 familles dans le village qui utilisent chacune leur case. Les autres sont parties mais elles conservent leurs archives ici", confie le gardien des lieux, Lahcen Boutirane.

Elles y stockent de l'orge, des dattes, des amandes, mais également des documents, tels que des actes de mariages et de naissance, des textes religieux et des contrats, des recettes de remèdes magiques, écrits sur des tiges de palmiers.

"Le grenier était une garantie de sécurité, surtout en cas de +siba+", de rébellion des tribus locales contre le pouvoir central, explique M. Charai.

Les greniers collectifs sont considérés comme des espaces sacrés et inviolables, régis par des droits coutumiers, protégeant les récoltes en cas de sécheresse mais aussi d'attaques, confirme l'archéologue Naïma Keddane, spécialiste de ces édifices de l'Anti-Atlas, une chaîne de montagnes dans le sud-ouest du Maroc.

"De par toute l'histoire qu'il renferme, il est important de garder un lien avec ce lieu qui témoigne de l'ingéniosité de nos ancêtres", plaide Lahcen Boutirane, qui veille sur le grenier d'Aït Kine depuis des années.

- "Institutions solidaires" -

S'il subsiste encore des greniers collectifs en Afrique du nord, en Algérie dans l'Aurès, en Tunisie méridionale et en Libye dans le Djebel Nefoussa, c'est au Maroc qu'ils sont les plus nombreux, même si la plupart ne sont plus utilisés.

Le royaume compte plus de 550 anciens "iguidar" (le pluriel d'agadir) dans différentes régions, principalement dans le Centre et le Sud, selon le ministère de la Culture qui prépare leur inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO.

La variété de ces constructions atteste de leur valeur patrimoniale: greniers grottes ou à flanc de falaises, couronnant des collines ou dominant une vallée.

"L'enjeu est de sauvegarder les greniers collectifs marocains alors qu'ils ont quasiment disparu en Algérie, en Tunisie et en Libye", estime l'architecte et anthropologue Salima Naji.

Passionnée par ces "institutions solidaires", elle a entrepris la restauration de l'agadir d'Aït Kine, qui attire désormais aussi bien des érudits que de simples curieux.

Emanuele Maspoli, un voyagiste, accompagne aujourd'hui des touristes italiens qui mitraillent la belle porte en bois sculpté, ornée de fer forgé, du grenier.

"Nous faisons le tour des greniers de la région, des lieux extraordinaires qui témoignent de la richesse historique des oasis marocaines", vante le guide quinquagénaire qui parcourt le Maroc depuis dix ans.

"C'est un lieu magique!", s'enthousiasme Antonella Dalla, une des touristes, en arpentant le grenier.

Y.I.Hashem--DT