Dubai Telegraph - Le cinéma japonais est trop "tourné vers l'intérieur"

EUR -
AED 4.242395
AFN 73.342422
ALL 95.024048
AMD 425.515742
ANG 2.067936
AOA 1060.266403
ARS 1654.497724
AUD 1.644695
AWG 2.078954
AZN 1.965888
BAM 1.957935
BBD 2.325036
BDT 141.993019
BGN 1.928715
BHD 0.435598
BIF 3453.374225
BMD 1.154975
BND 1.487429
BOB 7.9767
BRL 5.93123
BSD 1.154359
BTN 110.485499
BWP 15.667155
BYN 3.186216
BYR 22637.503284
BZD 2.321732
CAD 1.615018
CDF 2648.357082
CHF 0.921745
CLF 0.026584
CLP 1046.314525
CNY 7.826397
CNH 7.822199
COP 4044.536454
CRC 526.974738
CUC 1.154975
CUP 30.606828
CVE 110.733187
CZK 24.187421
DJF 205.262457
DKK 7.473759
DOP 67.739017
DZD 153.98699
EGP 60.057871
ERN 17.32462
ETB 181.898285
FJD 2.562659
FKP 0.862649
GBP 0.862783
GEL 3.060508
GGP 0.862649
GHS 12.871038
GIP 0.862649
GMD 84.312912
GNF 10111.897076
GTQ 8.799559
GYD 241.443327
HKD 9.051491
HNL 30.861525
HRK 7.532734
HTG 150.88456
HUF 354.557006
IDR 20745.654795
ILS 3.42301
IMP 0.862649
INR 110.297309
IQD 1512.249314
IRR 1588292.274322
ISK 143.840175
JEP 0.862649
JMD 182.639193
JOD 0.818905
JPY 185.000373
KES 149.742946
KGS 101.002894
KHR 4649.090593
KMF 493.174273
KPW 1039.310008
KRW 1759.436452
KWD 0.356321
KYD 0.962053
KZT 563.794895
LAK 25412.716031
LBP 103376.245889
LKR 384.696233
LRD 210.101873
LSL 19.068231
LTL 3.41034
LVL 0.698633
LYD 7.373947
MAD 10.707939
MDL 20.098007
MGA 4845.284443
MKD 61.634042
MMK 2425.033969
MNT 4133.446525
MOP 9.318323
MRU 45.760314
MUR 55.289173
MVR 17.844549
MWK 2006.190695
MXN 20.011824
MYR 4.697625
MZN 73.8032
NAD 19.068314
NGN 1571.87396
NIO 42.485785
NOK 10.97301
NPR 176.779098
NZD 1.987758
OMR 0.444084
PAB 1.154359
PEN 3.927232
PGK 5.053446
PHP 70.771057
PKR 321.236871
PLN 4.260182
PYG 7091.673035
QAR 4.20859
RON 5.239776
RSD 117.388192
RUB 83.116676
RWF 1695.256247
SAR 4.336564
SBD 9.292433
SCR 16.91497
SDG 693.558479
SEK 10.956702
SGD 1.485638
SHP 0.862305
SLE 28.470069
SLL 24219.243508
SOS 659.722373
SRD 43.123873
STD 23905.643522
STN 24.52675
SVC 10.100885
SYP 127.661772
SZL 19.063709
THB 37.941313
TJS 10.76488
TMT 4.053961
TND 3.389397
TOP 2.780902
TRY 53.305889
TTD 7.844556
TWD 36.510483
TZS 3026.0313
UAH 51.873501
UGX 4351.708453
USD 1.154975
UYU 46.630251
UZS 13863.940462
VES 654.839672
VND 30406.440316
VUV 138.148439
WST 3.171426
XAF 656.676038
XAG 0.017615
XAU 0.000279
XCD 3.121377
XCG 2.080469
XDR 0.816365
XOF 656.664654
XPF 119.331742
YER 275.634398
ZAR 18.915948
ZMK 10396.163746
ZMW 19.941749
ZWL 371.901368
  • AEX

    11.1500

    1063.09

    +1.06%

  • BEL20

    48.1500

    5646.87

    +0.86%

  • PX1

    39.1800

    8200.8

    +0.48%

  • ISEQ

    104.6500

    13186.42

    +0.8%

  • OSEBX

    19.8200

    2001.86

    +1%

  • PSI20

    128.1100

    9024.89

    +1.44%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    64.9300

    4253.66

    +1.55%

  • N150

    18.4400

    4209.88

    +0.44%

Le cinéma japonais est trop "tourné vers l'intérieur"
Le cinéma japonais est trop "tourné vers l'intérieur" / Photo: Philip FONG - AFP

Le cinéma japonais est trop "tourné vers l'intérieur"

L'industrie japonaise du cinéma, en mal de financement et "tournée vers l'intérieur", n'attire plus les jeunes talents, regrette le réalisateur Hirokazu Kore-eda, qui a collaboré avec de jeunes réalisateurs sur une série prévue prochainement sur Netflix.

Taille du texte:

Le cinéaste de 60 ans, auréolé de la Palme d'Or à Cannes en 2018 pour "Une affaire de famille", juge que les attitudes suffisantes et les dures conditions de travail dans l'audiovisuel local empêchent les productions japonaises de rencontrer le même succès à l'étranger que les oeuvres sud-coréennes.

"Notre environnement créatif doit changer", déclare Kore-eda dans une interview à l'AFP, pointant des bas salaires, des horaires à rallonge et des incertitudes sur l'avenir auxquels se heurtent ceux qui débutent.

"Tout au long de ma carrière, j'ai pu me concentrer sur le perfectionnement de mon art. Mais en regardant autour de moi, je vois que les jeunes ne choisissent plus de travailler dans le cinéma ou la télévision".

Pour apporter sa pierre à l'édifice, le réalisateur de "Still Walking" et "Nobody Knows" a choisi de collaborer avec trois jeunes réalisateurs sur une série devant être diffusée en janvier sur la plateforme de streaming Netflix.

"C'est plutôt moi qui leur ai piqué des choses", plaisante Kore-eda en louant les qualités de ses jeunes confrères et leur "connaissance du matériel, bien meilleure" que la sienne.

Baptisée "Makanai: Dans la cuisine des maiko", cette production en neuf épisodes adaptée d'un manga se déroule à Kyoto (ouest du Japon) dans la communauté des apprenties geishas.

L'animation japonaise est appréciée dans le monde entier mais films et séries produits dans l'archipel peinent à exister à l'étranger, en comparaison de cartons sud-coréens comme la série "Squid Game" ou "Parasite" de Bong Joon-ho, premier long-métrage en langue étrangère à recevoir l'Oscar du meilleur film en 2020.

- Marché local -

Le gouvernement sud-coréen n'a pas regardé à la dépense pour soutenir son industrie audiovisuelle, permettant la création de nombreux succès mondiaux depuis une vingtaine d'années, mais "pendant ce temps, le Japon était tourné vers l'intérieur" car le marché local lui suffisait, observe Kore-eda.

"C'est pour cela qu'il y a un tel écart" entre les deux pays, pense le cinéaste, qui a lui-même récemment choisi d'exercer son talent hors de l'archipel.

Tourner "La Vérité" (2019) en France avec Catherine Deneuve et Juliette Binoche et "Les Bonnes étoiles" (2022), un film sud-coréen sur le trafic d'enfants, lui a permis de mieux cerner les lacunes du cinéma japonais, explique-t-il.

Kore-eda et d'autres réalisateurs nippons ont appelé cette année à la création d'un équivalent local du Centre national du cinéma (CNC) en France pour améliorer le financement de la création audiovisuelle et les conditions de travail.

Selon un sondage du gouvernement nippon de 2019, les deux tiers des travailleurs japonais du cinéma étaient mécontents de leur rémunération et de leurs longues heures de travail et inquiets pour l'avenir de l'industrie.

"Les cinéastes de ma génération, et moi-même, nous sommes résignés sur le fait qu'on ne peut plus vivre seulement de nos films", lâche Hiroshi Okuyama, 26 ans, l'un des réalisateurs ayant participé à la nouvelle série Netflix.

Hirokazu Kore-eda et d'autres cinéastes se sont aussi indignés publiquement en début d'année après les accusations d'agression sexuelles de plusieurs actrices contre un réalisateur nippon.

Leurs appels à lutter contre le harcèlement, dans un pays qui n'a guère été largement gagné par le mouvement #MeToo parti de Hollywood en 2017, a poussé le syndicat des réalisateurs japonais à s'engager contre le harcèlement, "un grand pas en avant", salue Kore-eda.

Il appelle cependant à aller plus loin, en mettant notamment en place des protections pour que les victimes puissent témoigner, et regrette que le harcèlement sexuel au Japon soit encore "considéré comme un problème de personnes, alors qu'on devrait l'aborder comme un problème structurel".

Interrogé sur ses prochains projets, Kore-eda dit vouloir se pencher sur les questions de l'immigration et de l'abandon, et plancher sur "une épopée". "Il y a trop de choses que je veux faire", dit-il.

B.Krishnan--DT