Dubai Telegraph - Dans les ruines de Gaza, la laborieuse renaissance de l'apiculture sur les toits

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Dans les ruines de Gaza, la laborieuse renaissance de l'apiculture sur les toits
Dans les ruines de Gaza, la laborieuse renaissance de l'apiculture sur les toits / Photo: Omar AL-QATTAA - AFP

Dans les ruines de Gaza, la laborieuse renaissance de l'apiculture sur les toits

Sur un toit surplombant le paysage dévasté de Gaza-ville, Ibrahim al-Dabba prend soin de ses colonies d'abeilles, "déplacées elles aussi", chérissant cette rare source d'espoir au milieu des décombres de la guerre.

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Avec ses fils, équipés de chapeaux de protection grillagés et d'enfumoirs en métal, il inspecte avec précaution les rangées grouillantes mais bien ordonnées de ses ruches.

A chaque fois que cet apiculteur de 49 ans soulève un des cadres de bois où les abeilles construisent méticuleusement leurs alvéoles, des nuées s'échappent en direction des ruines du quartier de Tel al-Hawa.

Ce décor inhospitalier s'est imposé à Ibrahim al-Dabba, responsable de la Coopérative des apiculteurs de la bande de Gaza, lorsque la guerre qui a éclaté entre le mouvement islamiste Hamas et Israël en octobre 2023 a réduit à néant son secteur.

"Nous avions plus de 40.000 ruches et 450 apiculteurs" avant le conflit et un millier de familles vivaient de cette activité à travers le territoire, affirme-t-il, depuis le toit où il a été contraint de déplacer ses ruches.

Sur les 400 dont il disposait sur des terres agricoles à l'est de la ville, il a réussi à en sauver 35.

Le conflit, qui perdure malgré un cessez-le-feu entré en vigueur en octobre, a "détruit la filière apicole à plus de 95%", selon M. Dabba, "car la plupart des apiculteurs travaillaient près des zones frontalières", plus arborées mais aujourd'hui sous contrôle militaire.

"On ne peut ni s'en approcher, ni y entrer", dit-il à l'AFP.

Les abeilles, qui ne produisent plus qu'une infime portion de miel par rapport à l'avant-guerre, "sont censées vivre en sécurité dans une zone agricole adaptée, mais aujourd'hui elles souffrent tout autant que nous", se lamente-t-il. "Tout comme nous avons été déplacés (...), les abeilles ont été déplacées vers les toits".

- "Les abeilles coexistent et s'adaptent" -

Le 7 octobre 2023, l'attaque sans précédent du Hamas en Israël a causé la mort de plus de 1.200 personnes, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles israéliennes.

La campagne de représailles israélienne a depuis fait plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé à Gaza, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël continue de mener des frappes à travers le territoire palestinien, que l'armée contrôle à plus de 60%.

La situation humanitaire y demeure critique, des centaines de milliers de personnes vivant encore sous des tentes tandis que les forces israéliennes exercent un contrôle strict sur les entrées de marchandises.

"Nous manquons de fournitures essentielles car importer des équipements apicoles depuis l'extérieur n'est pas permis", explique Ibrahim al-Dabba, qui a demandé de l'aide aux autorités, du Hamas à Gaza et de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie, et à des organisations extérieures.

"Mais personne ne nous a aidés", ajoute-t-il.

Malgré les épreuves, il dit garder espoir en observant "les abeilles coexister et s'adapter".

"Désormais, elles vont et viennent et se sentent chez elles", note-t-il, en disant espérer que "la bonté et une vie en paix et en sécurité soient possibles ici, comme dans d'autres pays".

F.Chaudhary--DT