Dubai Telegraph - Au procès Finaxiome, des parties civiles exaspérées, un prévenu qui dément toute implication

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Au procès Finaxiome, des parties civiles exaspérées, un prévenu qui dément toute implication
Au procès Finaxiome, des parties civiles exaspérées, un prévenu qui dément toute implication / Photo: LOIC VENANCE - AFP/Archives

Au procès Finaxiome, des parties civiles exaspérées, un prévenu qui dément toute implication

Au procès de quatre responsables de l'ancienne société immobilière Finaxiome, accusés d'avoir lésé des centaines de personnes, les parties civiles exaspérées après quinze ans de procédure espèrent toujours justice, tandis que le premier prévenu interrogé lundi a nié toute escroquerie.

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"J'aimerais bien pouvoir dire à mes petits-enfants qu'on est dans une société où les fraudeurs sont condamnés", a lancé à la barre Iskander Samaan, l'une des quelques 300 parties civiles dans ce procès devant le tribunal correctionnel d'Amiens.

M. Samaan a fait part de sa "colère" face aux "mécanismes désastreux" actionnés selon lui par Finaxiome.

Le soixantenaire, lunettes, petite moustache et chemise blanche, a raconté s'être laissé convaincre par le "package" du commercial de l'entreprise pour acheter un appartement sur plan, avec l'aide de mesures de défiscalisation censées amortir l'investissement.

"Mais très vite, c'est le désenchantement": la résidence est livrée en retard et les dettes liées aux intérêts de son prêt s'accumulent. Il estime sa perte financière à "environ 200.000 euros".

Tous habillés en costume lundi, les trois fondateurs et un ex-dirigeant de Finaxiome, doivent être jugés jusqu'à vendredi, voire jusqu'à lundi prochain.

Trois sont accusés d'escroquerie et de perception anticipée de fonds, le quatrième de perception anticipée de fonds et de recel de biens.

Leurs avocats ont d'abord tenté, en vain, de demander la nullité de certains éléments de procédure.

- "Ils ont ruiné des vies" -

Fondée en 2003 à Amiens et liquidée en 2012, Finaxiome a fait construire plus de 80 résidences dans toute la France.

Des milliers de lots ont été vendus à des investisseurs particuliers en s'appuyant sur des mesures de défiscalisation alors en vigueur.

Les placements étaient présentés comme sécurisés, comme les loyers ultérieurs combinés aux avantages fiscaux étaient censés les autofinancer.

Mais dès 2006, Finaxiome a commencé à avoir des difficultés financières. La société aurait puisé dans les fonds collectés auprès de nouveaux acquéreurs pour couvrir ses besoins propres, au lieu de les utiliser pour financer des chantiers, un système appelé "cavalerie" financière.

Le préjudice total a été estimé à environ 15 millions d'euros, a précisé lundi la présidente du tribunal.

L'ex-directeur travaux de Finaxiome, premier des prévenus à s'exprimer à la barre, a assuré ne pas avoir eu connaissance d'attestations faussées d'avancement des travaux, malgré sa signature électronique sur ces documents.

Il a affirmé qu'il s'agissait d'un mécanisme automatique et qu'il n'avait pas la possibilité de vérifier lui-même la réalité des chantiers, trop nombreux et éloignés.

Ses réponses ont souvent fait soupirer, voire rire jaune la quarantaine de parties civiles présentes lundi à l'audience.

Martine Coustre, jeune retraitée originaire du Pas-de-Calais, a raconté à l'AFP avoir investi avec son mari dans le package "clé en main" de Finaxiome, avec l'espoir de pouvoir se constituer une petite épargne pour sa retraite.

Mais entre le retard du "chantier fantôme", la difficulté pour louer ensuite son bien, et l'impossibilité de le revendre à plus de la moitié du prix investi initialement, elle n'a toujours pas terminé de rembourser son emprunt.

Avec ce procès, elle espère une indemnisation pour "être libérée" de ses dettes et de Finaxiome, car pour elle, les prévenus "ont ruiné des vies".

- Demandes de relaxe -

Les avocats de le défense comptent plaider la relaxe de leurs clients.

Me Patrick Maisonneuve, qui représente l'ex-directeur travaux de Finaxiome, convient qu'il y a pu avoir "des déficiences", mais rejette toute "vocation à escroquer".

Me Margaux Mathieu, avocate d'un fondateur qui a quitté la société en 2009 et est poursuivi pour recel et perception anticipée de fonds, assure que son client n'était "pas au courant" des manœuvres reprochées aux autres prévenus.

Me Benoît Martinez et Me Arthur Teisseire, qui défendent un autre fondateur de l'entreprise, assurent eux aussi que leur client "n'est pas un escroc".

Pour Me Martinez, ce sont des "facteurs exogènes" - la crise financière mondiale de 2008 et "l'abrogation d'une loi sur la défiscalisation sur laquelle reposait le modèle économique de la société" - qui expliquent les déboires de Finaxiome.

G.Koya--DT