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De la Pointe du Raz à la Vendée, on n'a jamais eu aussi chaud en mai. Et cette chaleur inhabituelle pour la saison va se renforcer mardi, avec le début d'un "épisode caniculaire" doublé d'un épisode de pollution à l'ozone en Ile-de-France et dans la vallée du Rhône.
Huit départements de l'ouest de la France ont été placés en vigilance orange canicule par Méteo-France, un cran de plus que le niveau jaune qui prévalait depuis le début de l'épisode de très fortes chaleurs qui traverse le pays depuis dimanche.
Le niveau de vigilance orange, qui concernera Finistère, Morbihan, Manche, Ille-et-Vilaine, Maine-et-Loire, Mayenne, Vendée et Loire-Atlantique, correspond à une canicule proprement dite, soit une période de chaleur intense pendant au moins trois jours et trois nuits consécutifs, susceptible de constituer un risque sanitaire pour l'ensemble de la population exposée.
Cet "épisode caniculaire précoce" devrait durer jusqu'au prochain week-end selon un prévisionniste de Météo-France, François Gourand, interrogé par l'AFP, en raison de la présence sur la France et de toute l'Europe de l'ouest d'un "dôme de chaleur", zone de haute pression qui bloque l'air chaud en provenance d'Afrique du Nord.
Pour le spécialiste, c'est une conséquence du réchauffement climatique, qui "rend très clairement possibles et même probables" des températures "quasiment impossibles ou improbables" il y a 30 ou 40 ans.
C'est la première fois que ce dispositif d'alerte, qui analyse à la fois les conditions météorologiques et le risque sanitaire, est activé si tôt dans l'année.
Vingt départements seront eux placés en vigilance jaune, dans la moitié ouest du pays, Paris et la petite couronne, le Rhône et l'Isère. Ce premier niveau d'alerte, déjà inédit en mai, concernait 18 départements lundi.
Les Français doivent s'adapter. Beaucoup sont restés à l'ombre ce lundi de Pentecôte, férié pour une partie de la population. À Paris, les places étaient chères pour dégoter une place à l'ombre à Roland-Garros, où la température dépassait 33°C lundi sur les courts de tennis.
Assis dans un stand de café, Loïck Labrousse, une pointe de crème solaire sur le nez, est venu chercher un peu de fraîcheur après un match. "Tout en haut du (court) central, ça tape. Au bout de deux heures, ça commence à être violent", ajoute le jeune homme, qui s'inquiète du manque de fontaines à eau dans l'enceinte.
"Je pense qu'il va y avoir soit des surprises, soit des défaillances" de joueurs affaiblis par ces conditions exceptionnelles, s'est aussi inquiété le joueur français Arthur Rinderknech, qualifié lundi pour le deuxième tour du tournoi.
Dans le sud, les pompiers des Alpes-de-Haute-Provence ont lancé un "appel à la vigilance" au sujet de risques d'incendie dignes d'un mois de juillet.
Ce lundi, "plusieurs dizaines" de records de chaleur pour un mois de mai ont de nouveau été battus, selon Météo-France.
Dans l'ouest: 34,7°C à Bergerac (contre un précédent record de 33,8°C établi seulement la veille), 33°C à Brest (contre 29,8°C lundi), 32,4°C à Rennes (contre 31,1°C dimanche), 34,3°C à Nantes, ou 34°C à Angers (battant un record de 32,8°C datant de mai 1947), mais aussi dans le nord (30,7°C à Arras) ou dans le sud (32,4°C à Mandelieu-la-Napoule).
Mardi, "des valeurs de 32°C à 35°C pourraient encore concerner une large partie de la Bretagne, tandis que des pointes à 36°C voire 37°C sont attendues sur le sud du pays", écrit Météo-France.
- Pollution à l'ozone -
Directement lié à la canicule, la fédération des associations de surveillance de la qualité de l'air Atmofrance avertit lundi d'un dépassement de seuil d'information de pollution à l'ozone à prévoir mardi dans toute l'Ile-de-France et la vallée du Rhône.
Les concentrations d'ozone dans l'atmosphère devraient dépasser 180 microgrammes par mètre cube et par heure mardi, ce qui peut générer des gênes respiratoires ou cardiaques, surtout chez les populations vulnérables, a souligné Airparif dans un communiqué.
Dans le Rhône, le préfet a activé une alerte orange "en raison d'un épisode persistant de pollution à l'ozone dans le bassin lyonnais et le Nord-Isère", assortie notamment de l'abaissement de la vitesse maximale à 70 km/h sur les axes limités à 80 ou 90 km/h et de l'interdiction du brûlage de déchets et des barbecues à combustibles solides.
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G.Koya--DT