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Le procès à Bruxelles du braqueur français Antonio Ferrara, accusé avec neuf complices présumés d'un projet d'attaque à main armée en Allemagne, finalement déjoué par les autorités, a été reporté lundi jusqu'à fin mai.
Le 27 février 2025 à l'aube, le projet est mis en échec par une opération de police dans la ville belge d'Eupen, non loin de la frontière allemande, où les malfaiteurs avaient loué un logement.
Selon les enquêteurs, ils devaient s'attaquer de manière imminente à un établissement bancaire de Bochum (Allemagne).
La justice française enquêtait depuis l'automne 2024 sur cette association de malfaiteurs impliquant plusieurs noms connus dans le grand banditisme.
Une coopération avec la Belgique aboutit finalement à ce coup de filet d'Eupen.
Le procès s'est ouvert lundi matin devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, mais les audiences ont été aussitôt reportées, la justice estimant que certaines pièces à conviction avaient été versées trop tardivement au dossier.
La prochaine audience a été fixée au 26 mai.
Antonio Ferrara, 52 ans, est considéré par l'accusation comme l'un des cerveaux de ce projet, autour duquel s'est constituée une équipe "chevronnée" et "déterminée", qui devait passer à l'acte avec armes de guerre, grenades et explosifs.
Mais il va contester les charges qui pèsent contre lui.
"Aucune arme n'a été retrouvée dans le véhicule où se trouvait Antonio Ferrara" à son arrestation, avait déclaré à l'AFP son avocat Olivier Martins début avril, au moment de la fixation du calendrier des débats.
L'avocat a affirmé que l'enquête de téléphonie n'avait pas réussi à démontrer ses liens avec la bande qui s'apprêtait à passer à l'acte en Allemagne.
- Des récidivistes -
L'attaque devait cibler un centre-fort, qui est un lieu où les banques entreposent billets, bijoux et autres valeurs.
Né en octobre 1973 dans le sud de l'Italie, installé avec sa famille en région parisienne, Antonio Ferrara est surnommé le "roi de la belle" depuis sa spectaculaire évasion de la prison de Fresnes, en banlieue parisienne, en 2003.
Il a été condamné en France pour des braquages et une tentative de meurtre, ainsi que pour deux évasions au total.
A Bruxelles, il est jugé aux côtés de neuf complices présumés, dont l'un de ses frères, Massimiliano Ferrara.
Tous deux comptent parmi les prévenus récidivistes, déjà condamnés pour des faits similaires, avec Kader Doumbia, originaire de région parisienne, et Abderahim Bekhti, un Belgo-marocain également connu de la justice française.
Détention d'explosifs, d'armes prohibées, vol aggravé, tentative de vol avec violences et menaces, participation à une organisation criminelle, etc. La liste des infractions retenues est longue.
L'un des prévenus, l'Algérien Yacine Bentouati, doit aussi répondre de tentative de meurtre pour avoir foncé sur une voiture de police en tentant de fuir. Un policier belge des unités spéciales avait été blessé. L'Etat belge s'est constitué partie civile.
Les prévenus comparaissent presque tous libres, ou placés sous bracelet électronique. Antonio Ferrara a effectué environ huit mois de détention provisoire en Belgique, avant d'être remis en liberté sous caution en novembre 2025. La France avait émis un mandat d'arrêt européen pour obtenir sa remise.
Sa dernière lourde condamnation à Paris remonte à octobre 2010 quand il avait écopé de 12 ans -- une peine réduite en appel -- pour son évasion de Fresnes. Il avait été libéré en juillet 2022.
G.Koya--DT