Dubai Telegraph - Dictature argentine, 50 ans après: la mémoire reste un combat

EUR -
AED 4.255061
AFN 72.437749
ALL 95.956849
AMD 435.731102
ANG 2.07404
AOA 1062.461825
ARS 1618.786656
AUD 1.662133
AWG 2.08553
AZN 1.970545
BAM 1.955931
BBD 2.327766
BDT 141.80951
BGN 1.980453
BHD 0.437424
BIF 3427.94468
BMD 1.158628
BND 1.478706
BOB 7.98657
BRL 6.063064
BSD 1.155782
BTN 108.01971
BWP 15.793127
BYN 3.441446
BYR 22709.102929
BZD 2.324466
CAD 1.593438
CDF 2633.560581
CHF 0.913196
CLF 0.026707
CLP 1054.548206
CNY 7.971937
CNH 7.985639
COP 4301.83403
CRC 539.038475
CUC 1.158628
CUP 30.703634
CVE 110.272871
CZK 24.468128
DJF 205.814691
DKK 7.471365
DOP 68.584895
DZD 153.320865
EGP 60.593618
ERN 17.379416
ETB 180.456481
FJD 2.57534
FKP 0.865553
GBP 0.863867
GEL 3.145661
GGP 0.865553
GHS 12.643902
GIP 0.865553
GMD 84.579549
GNF 10130.72311
GTQ 8.852632
GYD 241.797259
HKD 9.078056
HNL 30.591184
HRK 7.526678
HTG 151.380805
HUF 388.586376
IDR 19578.490882
ILS 3.611501
IMP 0.865553
INR 108.757196
IQD 1514.101539
IRR 1523653.357824
ISK 143.60027
JEP 0.865553
JMD 182.042994
JOD 0.821447
JPY 183.741555
KES 150.157288
KGS 101.321721
KHR 4631.330575
KMF 492.416852
KPW 1042.731501
KRW 1732.26501
KWD 0.355027
KYD 0.96316
KZT 557.059279
LAK 24842.773226
LBP 103502.98783
LKR 362.935906
LRD 211.505097
LSL 19.597599
LTL 3.421126
LVL 0.700842
LYD 7.398528
MAD 10.802871
MDL 20.214443
MGA 4810.343352
MKD 61.647804
MMK 2432.688258
MNT 4135.109099
MOP 9.325025
MRU 46.137293
MUR 53.877257
MVR 17.900528
MWK 2003.743023
MXN 20.667056
MYR 4.574842
MZN 74.048192
NAD 19.595823
NGN 1586.798282
NIO 42.533036
NOK 11.339952
NPR 172.831336
NZD 1.986317
OMR 0.445484
PAB 1.155782
PEN 4.02067
PGK 4.990356
PHP 69.461469
PKR 322.629729
PLN 4.261892
PYG 7552.539085
QAR 4.226402
RON 5.095063
RSD 117.386409
RUB 94.912791
RWF 1689.720609
SAR 4.349969
SBD 9.328943
SCR 16.834338
SDG 696.334962
SEK 10.854279
SGD 1.481311
SHP 0.869271
SLE 28.444146
SLL 24295.856107
SOS 660.547148
SRD 43.2591
STD 23981.254139
STN 24.501749
SVC 10.112635
SYP 128.581659
SZL 19.590398
THB 37.827456
TJS 11.043288
TMT 4.055197
TND 3.406043
TOP 2.789697
TRY 51.379574
TTD 7.845849
TWD 37.028347
TZS 3000.845232
UAH 50.747122
UGX 4363.311444
USD 1.158628
UYU 47.093361
UZS 14090.944974
VES 528.918591
VND 30528.681279
VUV 138.407611
WST 3.184922
XAF 656.003824
XAG 0.017067
XAU 0.000266
XCD 3.13125
XCG 2.082931
XDR 0.815858
XOF 656.003824
XPF 119.331742
YER 276.506125
ZAR 19.600916
ZMK 10429.037131
ZMW 22.392598
ZWL 373.077647
  • AEX

    0.8700

    967.62

    +0.09%

  • BEL20

    -11.3600

    4928.74

    -0.23%

  • PX1

    -35.5400

    7690.28

    -0.46%

  • ISEQ

    -39.9000

    12050.01

    -0.33%

  • OSEBX

    -14.8100

    1933.93

    -0.76%

  • PSI20

    17.5600

    8795.63

    +0.2%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -33.0800

    3601.94

    -0.91%

  • N150

    -9.4000

    3750.69

    -0.25%

Dictature argentine, 50 ans après: la mémoire reste un combat
Dictature argentine, 50 ans après: la mémoire reste un combat / Photo: Luis ROBAYO - AFP

Dictature argentine, 50 ans après: la mémoire reste un combat

"Plus jamais ça!": Comme chaque 24 mars, des dizaines de milliers d'Argentins défileront mardi pour commémorer le coup d'Etat qui instaura la dictature de 1976-1983. Une multitude aux accents de consensus démocratique, qui ne masque pas les luttes en jeu pour la mémoire, ravivées par l'arrivée au pouvoir de Javier Milei.

Taille du texte:

Le coup d'Etat militaire, qui renversa le fragile gouvernement d'Isabel Peron, mit en place une politique systématique de détention et d'élimination d'opposants ou perçus comme tels. Jusqu'à l'effondrement de la junte en 1983, dans le sillage de la défaite argentine dans la guerre des Malouines.

Un demi-siècle après, aperçu du legs de la dictature, et de sa mémoire:

- Quête sans fin -

L'identification début mars à Cordoba des restes de 12 disparus, sur le site d'un ancien "CCD" (centre clandestin de détention) comme le pays en compta des centaines, rappelle le travail dans l'ombre qui continue, 50 ans après.

Identification, aussi, des "bébés volés" à des détenues disparues, et donnés à des familles "amies" de la junte: le dernier en date, "petit-fils N°140", en juillet 2025. En resteraient autour de 300 à retrouver.

Les procès continuent: début 2026, plus de 1.200 personnes avaient été condamnées pour crimes et violations des droits de l'homme sous la dictature, dans 361 jugements distincts.

A l'instruction ou en procès, près de 300 procédures restent ouvertes dans différentes juridictions. Mais avec un plafond de verre potentiel, entre archives disparues, protagonistes qui décèdent, et mutisme des milieux militaires de l'époque.

"Qu'ils disent où ils sont!", réclament chaque année les marches du 24 mars, portraits de disparus brandis à bout de bras.

- Mémoire "complète"? -

"Ils ne furent pas 30.000, ils furent 8.753", clamait Javier Milei peu avant son élection à la présidence 2023, contestant le bilan communément admis de 30.000 morts et disparus des organisations de droits humains.

"Jamais on n'aurait pu imaginer ce qui allait se passer (après le coup d'Etat). Ce plan systématique, ce système conçu pour l'enlèvement, la disparition et l'assassinat...", médite Ana Careaga, qui fut détenue et torturée pendant 4 mois alors qu'elle était âgée de 16 ans.

Le chiffre brandi par le président Milei se référait à la liste officielle établie en 1984 au sortir de la dictature, liste dont la Commission des disparus (CONADEP), depuis dissoute, a toujours dit qu'elle était ouverte, vouée à évoluer.

Mais l'effet de Milei est celui d'un tabou brisé, un narratif à reconquérir: celui de la "théorie des deux démons", du "c'était une guerre". Une théorie mettant de facto sur un pied d'égalité l'élimination systématique d'opposants par l'Etat, et la violence de guérillas d'extrême gauche au début des années 70.

Une partie de l'exécutif assume ouvertement cette bataille culturelle, pour briser ce qu'il dénonce comme une hégémonie mémorielle de la gauche. En 2025, il a diffusé un long message vidéo revendiquant cette "vérité complète", avec témoignages de victimes d'attentats de guérillas de gauche.

"Quelque chose du pacte démocratique s'est rompu avec ce gouvernement", diagnostique auprès de l'AFP le politologue Ivan Schuliaquer. Mais le mouvement des droits humains "garde une capacité de mobilisation du discours, de la rue, de visibilité, sans encore de véritable adversaire à son échelle".

- "Promesse" démocratique -

"Il serait naïf de penser que le passé, la mémoire, ne fait pas l'objet de luttes politiques", résume l'historien Federico Lorenz, auteur de travaux sur la mémoire interrogé par l'AFP.

Selon un sondage récent du groupe de réflexion CELS, une écrasante majorité d'Argentins (71%) a une image négative de la dictature (7% positive). Et 70% souhaitent que les procès continuent. Mais 22% avouent savoir "peu" et 6% "rien" sur le sujet.

"Il y a une sorte de socle commun, transversal, mais qui est davantage une condamnation +morale+ de la dictature, que bien informée historiquement", décrypte pour l'AFP Federico Lorenz.

Et au-delà du travail de mémoire, des procès, des disparus à identifier, "peut-être la principale dette, la tâche en suspens, de la démocratie post-dictature, est qu'elle garantisse le bonheur des Argentins", avance-t-il.

"La promesse démocratique de 1984, le slogan du président d'alors Raul Alfonsin, était +Avec la démocratie, on mange, on se soigne, on s'éduque+. Mais un gamin d'aujourd'hui serait tout à fait en droit de dire +comme on en est loin!+"

"Une démocratie juste ne peut rester indifférente aux besoins de base des ménages, à la détérioration du travail digne", a appuyé l'Eglise argentine dans son message du 50e anniversaire. Dénonçant, sans mention explicite du gouvernement, un climat politique de polarisation, de violence verbale et d'exclusion sociale.

T.Jamil--DT