Dubai Telegraph - Au Pakistan, la résistance citoyenne s'organise pour défendre son "droit à respirer de l'air pur"

EUR -
AED 4.253039
AFN 75.848841
ALL 92.870483
AMD 423.212334
ANG 2.072709
AOA 1063.115472
ARS 1724.246347
AUD 1.633351
AWG 2.085989
AZN 1.969006
BAM 1.957707
BBD 2.32967
BDT 141.988339
BGN 1.964525
BHD 0.436225
BIF 3457.969088
BMD 1.158078
BND 1.479542
BOB 13.481135
BRL 6.049775
BSD 1.156727
BTN 110.320485
BWP 15.583183
BYN 3.518228
BYR 22698.334915
BZD 2.326367
CAD 1.60589
CDF 2632.311481
CHF 0.940452
CLF 0.026882
CLP 1058.010682
CNY 7.809152
CNH 7.808528
COP 3626.869657
CRC 520.407031
CUC 1.158078
CUP 30.689075
CVE 110.372536
CZK 24.216802
DJF 205.980686
DKK 7.476774
DOP 67.705966
DZD 152.476557
EGP 58.231187
ERN 17.371175
ETB 187.115106
FJD 2.587376
FKP 0.855862
GBP 0.854604
GEL 3.022888
GGP 0.855862
GHS 12.666341
GIP 0.855862
GMD 85.150881
GNF 10160.899732
GTQ 8.825599
GYD 241.955737
HKD 9.08773
HNL 31.008211
HRK 7.538165
HTG 151.297409
HUF 363.062208
IDR 20645.062068
ILS 3.422235
IMP 0.855862
INR 110.539212
IQD 1515.276329
IRR 1591879.972392
ISK 142.235156
JEP 0.855862
JMD 183.17847
JOD 0.821048
JPY 184.325569
KES 149.69342
KGS 101.273413
KHR 4680.560255
KMF 494.499737
KPW 1042.270821
KRW 1639.700321
KWD 0.357476
KYD 0.963939
KZT 536.732937
LAK 26106.435416
LBP 103582.620213
LKR 384.905012
LRD 209.944548
LSL 18.712932
LTL 3.419504
LVL 0.70051
LYD 7.365176
MAD 10.728453
MDL 20.057542
MGA 4979.851854
MKD 61.585002
MMK 2431.723122
MNT 4164.461595
MOP 9.349309
MRU 46.453259
MUR 54.556364
MVR 17.892503
MWK 2005.7542
MXN 19.702848
MYR 4.729705
MZN 74.012702
NAD 18.712932
NGN 1573.816785
NIO 42.571477
NOK 10.920927
NPR 176.512976
NZD 1.963898
OMR 0.44152
PAB 1.156727
PEN 3.901401
PGK 5.196063
PHP 71.182467
PKR 321.274016
PLN 4.308132
PYG 6942.764313
QAR 4.216708
RON 5.243312
RSD 117.454435
RUB 97.198323
RWF 1700.957237
SAR 4.342831
SBD 9.320889
SCR 15.930521
SDG 695.429857
SEK 11.015114
SGD 1.480832
SHP 0.857981
SLE 28.336876
SLL 24284.322267
SOS 661.044053
SRD 43.977445
STD 23969.882907
STN 24.523894
SVC 10.120861
SYP 15057.334103
SZL 18.710229
THB 38.355494
TJS 10.682108
TMT 4.064855
TND 3.391404
TOP 2.788375
TRY 55.471604
TTD 7.836635
TWD 37.06431
TZS 3068.849332
UAH 51.745115
UGX 4297.186735
USD 1.158078
UYU 46.345154
UZS 13770.416472
VES 891.846646
VND 30282.010741
VUV 136.584207
WST 3.166754
XAF 656.59672
XAG 0.017828
XAU 0.000265
XCD 3.129764
XCG 2.084631
XDR 0.818821
XOF 656.59672
XPF 119.331742
YER 274.692899
ZAR 18.739693
ZMK 10424.091552
ZMW 21.861299
ZWL 372.900744
  • AEX

    -1.7900

    1117.82

    -0.16%

  • BEL20

    -43.9500

    5664.48

    -0.77%

  • PX1

    -13.8400

    8636.8

    -0.16%

  • ISEQ

    -53.2200

    14331.67

    -0.37%

  • OSEBX

    19.4200

    2085.84

    +0.94%

  • PSI20

    0.0000

    9254.52

    0%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -130.9900

    4192.21

    -3.03%

  • N150

    14.3400

    4360.83

    +0.33%

Au Pakistan, la résistance citoyenne s'organise pour défendre son "droit à respirer de l'air pur"
Au Pakistan, la résistance citoyenne s'organise pour défendre son "droit à respirer de l'air pur" / Photo: Asif HASSAN - AFP

Au Pakistan, la résistance citoyenne s'organise pour défendre son "droit à respirer de l'air pur"

Au Pakistan, où la pollution de l'air atteint depuis plusieurs années des niveaux record, des citoyens excédés prennent les choses en main.

Taille du texte:

Faute d'actions jugées suffisantes de la part des autorités, ils installent des capteurs à bas coût pour mesurer la qualité de l'air, alerter l'opinion publique et appuyer des recours en justice.

Chaque hiver, ce pays de plus de 255 millions d'habitants étouffe et les grandes villes comme Lahore (près de la frontière indienne), Karachi sur la côte ou encore la capitale Islamabad disparaissent sous un épais brouillard.

En 2016, l'ingénieur Abid Omar est l'un des premiers à s'en préoccuper.

Faute de données officielles, il fonde son propre réseau de surveillance, Pakistan Air Quality Initiative (Paqi), qui compte depuis 150 capteurs à travers le pays.

"Ce soi-disant +brouillard+", présenté par les autorités comme un phénomène saisonnier, n'existait pas quand j'étais enfant", raconte à l'AFP cet entrepreneur pakistanais de 45 ans.

- Révéler l'invisible -

Les données publiques de Paqi, reprises par la société suisse IQAir, ont contribué à classer en 2024 le Pakistan comme le troisième pays le plus pollué au monde.

Les concentrations de particules fines PM2,5 y atteignent jusqu'à 14 fois la limite fixée par l'Organisation mondiale de la santé.

Selon la Banque mondiale, cette exposition à la pollution atmosphérique a provoqué 230.000 décès prématurés au Pakistan en 2019, pour un coût équivalent à 9% du PIB.

Ce cocktail de brouillard et d'émissions toxiques - alimenté par le diesel de mauvaise qualité, les brûlis agricoles saisonniers et le refroidissement hivernal - sature les hôpitaux et prive des millions d'enfants d'école.

Pour faire reconnaître le smog comme une pollution atmosphérique dangereuse pour la santé auprès de la Haute Cour de Lahore, les capteurs de Paqi ont joué un rôle clé.

"A l'époque, le département de la protection de l'environnement du Pendjab niait le problème. Grâce à l'un de nos capteurs mobiles, nous avons démontré en temps réel que la qualité de l'air à l'intérieur même de la salle d'audience était dangereuse", relate Abid Omar.

Le tribunal avait enjoint le gouvernement provincial à déployer des stations de surveillance de la qualité de l'air, au nombre de 44 dans la province aujourd'hui, et à rendre publiques les données recueillies.

Mais "par le passé, lors de pics de pollution, les autorités ont paniqué et éteint plusieurs de leurs stations", accuse Abid Omar.

Les autorités exercent aussi un contrôle étroit sur les capteurs privés, accusés de manquer de fiabilité et de semer la panique. Les chercheurs jugent pourtant ces appareils indispensables pour compléter des données officielles parcellaires et qui manquent de transparence.

- Changer ses habitudes -

Ces dernières années, les autorités fédérales et provinciales ont multiplié les mesures anti-smog: régulation des briqueteries, amendes contre les véhicules les plus polluants, interdiction des brûlis agricoles.

Mais la qualité de l'air à Islamabad n'a cessé de se dégrader, déplore le Dr Taha Ali, qui juge ces mesures insuffisantes face aux émissions.

Avec son collègue Umair Shahid, cet universitaire a créé son propre réseau de surveillance à Islamabad, les Curious Friends of Clean Air (CFCA).

En trois ans, ils ont déployé une douzaine de capteurs, gros comme une prise électrique, fabriqués grâce à une imprimante 3D et coûtant une cinquantaine de dollars chacun.

Bien que non homologués, ces appareils ont mis en évidence des tendances alarmantes dans leur quartier et permis de sensibiliser les habitants.

"Un groupe de yoga qui pratiquait quotidiennement dans un parc, a décidé de changer ses horaires", se félicite Umair Shahid qui a lui-même modifié ses sorties familiales pour éviter les pics de pollution constatés le matin et en soirée.

Leurs données ont également convaincu certains voisins d'investir dans des purificateurs d'air - encore rares et coûteux au Pakistan - ou de porter un masque lors des épisodes les plus critiques. Car, selon leurs relevés, la qualité de l'air ne cesse de se dégrader et reste mauvaise toute l'année, même lorsque la pollution est invisible à l'œil nu.

Face à cette inertie, certains citoyens choisissent la voie judiciaire. A 22 ans, Hania Imran, militante pour le climat, a décidé en 2024 de poursuivre l'Etat pour faire valoir son "droit à respirer de l'air pur".

Son recours, qui vise notamment à rappeler aux autorités leur obligation de passer à des carburants plus propres, reste toutefois en suspens, et l'issue demeure incertaine.

"Il faut cesser de dire que le smog est la faute de l'Inde, que c'est à cause du brûlage des cultures, c'est une crise que nous devons résoudre nous-mêmes", affirme-t-elle. "Nous avons besoin de transports publics accessibles et d'un développement urbain durable."

W.Darwish--DT