Dubai Telegraph - Iran: le pouvoir a lâché du lest sur le voile, mais la répression n'est jamais loin

EUR -
AED 4.24002
AFN 73.301721
ALL 95.884251
AMD 435.13564
ANG 2.066344
AOA 1058.519156
ARS 1599.829366
AUD 1.669794
AWG 2.077791
AZN 1.960845
BAM 1.96137
BBD 2.325304
BDT 141.662307
BGN 1.973104
BHD 0.435843
BIF 3423.737383
BMD 1.154328
BND 1.48701
BOB 7.977621
BRL 5.954605
BSD 1.154479
BTN 107.531062
BWP 15.838912
BYN 3.420885
BYR 22624.832334
BZD 2.321884
CAD 1.606421
CDF 2650.337785
CHF 0.921806
CLF 0.026808
CLP 1058.518751
CNY 7.948242
CNH 7.951278
COP 4227.680787
CRC 537.221002
CUC 1.154328
CUP 30.589697
CVE 110.671225
CZK 24.520706
DJF 205.147026
DKK 7.472083
DOP 70.096562
DZD 153.575662
EGP 62.589949
ERN 17.314923
ETB 180.248602
FJD 2.638797
FKP 0.865929
GBP 0.872216
GEL 3.099348
GGP 0.865929
GHS 12.726447
GIP 0.865929
GMD 85.420074
GNF 10129.229507
GTQ 8.832044
GYD 241.615233
HKD 9.046412
HNL 30.74037
HRK 7.535567
HTG 151.530331
HUF 384.247572
IDR 19591.257876
ILS 3.607812
IMP 0.865929
INR 107.322566
IQD 1512.169916
IRR 1522703.160674
ISK 144.401899
JEP 0.865929
JMD 182.01691
JOD 0.818397
JPY 184.080141
KES 150.179826
KGS 100.944619
KHR 4632.318848
KMF 492.898543
KPW 1038.888948
KRW 1739.607381
KWD 0.35708
KYD 0.962128
KZT 547.081288
LAK 25337.503827
LBP 103370.088069
LKR 364.222805
LRD 212.168985
LSL 19.565502
LTL 3.408431
LVL 0.698241
LYD 7.375808
MAD 10.807403
MDL 20.313601
MGA 4807.777069
MKD 61.665086
MMK 2423.651758
MNT 4123.623403
MOP 9.320529
MRU 46.311549
MUR 54.19592
MVR 17.845661
MWK 2004.493358
MXN 20.602646
MYR 4.651846
MZN 73.819616
NAD 19.565825
NGN 1594.380729
NIO 42.381115
NOK 11.241967
NPR 172.0497
NZD 2.018285
OMR 0.443835
PAB 1.154474
PEN 3.985321
PGK 4.974023
PHP 69.627888
PKR 322.170479
PLN 4.276706
PYG 7468.04679
QAR 4.207505
RON 5.096247
RSD 117.444835
RUB 92.544348
RWF 1685.319143
SAR 4.333483
SBD 9.279381
SCR 17.366225
SDG 693.751535
SEK 10.884966
SGD 1.483191
SHP 0.866045
SLE 28.454555
SLL 24205.697273
SOS 659.700664
SRD 43.115292
STD 23892.262753
STN 24.962347
SVC 10.101688
SYP 127.609735
SZL 19.566032
THB 37.638909
TJS 11.064965
TMT 4.051692
TND 3.373524
TOP 2.779345
TRY 51.492042
TTD 7.832209
TWD 36.884022
TZS 3001.253014
UAH 50.563596
UGX 4331.300474
USD 1.154328
UYU 46.751758
UZS 14030.859317
VES 546.447997
VND 30400.386957
VUV 138.672345
WST 3.198499
XAF 657.822302
XAG 0.015804
XAU 0.000247
XCD 3.11963
XCG 2.0807
XDR 0.812046
XOF 655.082961
XPF 119.331742
YER 275.480182
ZAR 19.549564
ZMK 10390.342902
ZMW 22.310262
ZWL 371.693203
  • AEX

    0.0000

    975.86

    0%

  • BEL20

    0.0000

    5216.44

    0%

  • PX1

    0.0000

    7962.39

    0%

  • ISEQ

    0.0000

    12148.11

    0%

  • OSEBX

    -14.8900

    2053.05

    -0.72%

  • PSI20

    0.0000

    9369.63

    0%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -5.3900

    3848.16

    -0.14%

  • N150

    0.0000

    3943.17

    0%

Iran: le pouvoir a lâché du lest sur le voile, mais la répression n'est jamais loin
Iran: le pouvoir a lâché du lest sur le voile, mais la répression n'est jamais loin / Photo: RAHEB HOMAVANDI - AFP/Archives

Iran: le pouvoir a lâché du lest sur le voile, mais la répression n'est jamais loin

Des femmes qui dansent dans une fête ou discutent dans des cafés... Sans foulard. En Iran. Ces images encore inimaginables il y a peu se multiplient dans un pays où le voile est obligatoire depuis l'avènement de la République islamique en 1979.

Taille du texte:

C'est l'un de ses principes fondateurs, régulièrement asséné par les autorités, et qui vaut à des dizaines de femmes, dont des figures de l'opposition, d'être poursuivies ou détenues.

Elles sont pourtant de plus en plus nombreuses à se montrer tête nue en public, en dépit de la répression ayant frappé en 2022 et 2023 le mouvement de contestation "Femme, Vie, Liberté", après la mort en détention de la jeune Kurde Mahsa Amini, arrêtée par la police des moeurs pour non-respect du strict code vestimentaire en vigueur.

Nattes, cheveux bouclés ou peroxydés s'affirment aujourd'hui dans l'espace public, au milieu de femmes plus traditionnelles arborant voile (hijab) ou tchador.

Ce phénomène, davantage visible ces derniers mois à Téhéran et dans les grandes villes, touche désormais toutes les générations à des degrés divers.

Certaines femmes arborent aussi davantage de tenues plus serrées ou laissant apparaître épaules, jambes ou nombril, au grand dam de certains conservateurs qui fustigent ce qu'ils appellent leur "nudité".

Les autorités iraniennes ont certes lâché du lest sur le port du voile en public, mais elles ne sont pas pour autant prêtes à renoncer à ce pilier de la République islamique, relèvent des analystes et des militants, avertissant qu'un brusque retour de bâton est possible.

L'assouplissement - relatif - intervient alors que l'Iran est sorti affaibli de la guerre de 12 jours en juin dernier contre Israël, et que se profile la succession du guide suprême iranien Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989 et âgé de 86 ans.

Les images des femmes déambulant cheveux au vent font "chaud au coeur", dit Roya Boroumand, directrice du Centre Abdorrahman Boroumand pour les droits humains en Iran, une ONG basée aux Etats-Unis.

"Ce que nous voyons aujourd'hui est incontestablement le résultat d'années de désobéissance civile des femmes et des filles iraniennes, qui se sont battues pour imposer un petit espace de liberté dans l'espace public", souligne-t-elle.

"Ce n'est pas une réforme octroyée d'en haut", insiste-t-elle.

- "Concession idéologique" -

L'application plus ou moins stricte de la loi sur le voile varie d'une région à l'autre, explique Mme Boroumand.

Des commerces comme des cafés sont contraints de fermer s'ils n'ont pas fait respecter la règle.

En décembre, deux personnes qui avaient organisé un marathon sur l'île iranienne de Kish dans le Golfe ont été arrêtées après la diffusion d'images devenues virales, montrant des dizaines de coureuses tête nue.

Selon Arash Azizi, de l'université Yale aux Etats-Unis, "le régime a renoncé à faire respecter une application stricte du port du voile obligatoire, mais il n'a pas du tout renoncé au principe lui-même".

"Ce serait une énorme concession idéologique qu'il n'est pas prêt à faire. Mais il sait qu'il sera très difficile de faire rentrer le génie dans la bouteille", ajoute le chercheur.

En témoignent les images virales sur les réseaux sociaux de l'ouverture récente d'un centre commercial à Téhéran où des jeunes gens, dont des filles tête nue, dansent au son d'un DJ. Ou encore ce match de foot de division 2 le 6 décembre où des supportrices, la plupart tête nue, brandissent depuis la tribune réservée aux femmes des foulards à l'effigie de leur club.

Le cabinet du guide suprême lui-même a été critiqué par certains ultraconservateurs après avoir publié en novembre la photo de Niloufar Ghalehvand, une professeure de pilates tuée pendant la guerre avec Israël, la montrant sans voile, juste avec une casquette de baseball.

Lors de la semaine du design à l'Université de Téhéran en novembre, on pouvait voir des femmes sans voile se promenant dans les expositions. Toutefois, la manifestation a dû fermer ses portes plus tôt que prévu après des protestations de dignitaires religieux.

- Retour de bâton ? -

Le chef de l'autorité judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a ainsi déclaré que les agences de renseignement devaient signaler "les réseaux promouvant l'immoralité et le non port du voile", promettant que ses services prendraient des mesures.

Début décembre, le guide suprême a défendu le hijab dans une allocution, déclarant que les femmes portant le voile "progressaient plus que les autres dans tous les domaines et jouaient un rôle actif dans la société et dans leurs foyers".

Pour Mme Boroumand, "il y a un réel risque d'un retour d'une répression encore plus dure".

Si les images de femmes dévoilées et joyeuses peuvent donner une impression de liberté ambiante, la répression s'est cependant intensifiée ces derniers mois après la guerre avec Israël, préviennent les organisations militantes.

Plus de 1.400 exécutions ont déjà eu lieu cette année selon des ONG, et des groupes, notamment les Baha'ís, la plus grande minorité religieuse non musulmane d'Iran, subissent une persécution accrue.

La prix Nobel de la paix 2023 Narges Mohammadi, qui était en liberté provisoire depuis décembre 2024 et ne se couvre jamais la tête, a été de nouveau interpellée le 12 décembre à Mashhad (est) après avoir pris la parole lors d'une cérémonie en hommage à un avocat retrouvé mort début décembre.

"Rien ne suggère que le régime est en train de relâcher la pression", insiste Mme Boroumand, pour qui les autorités au contraire préparent leurs outils de répression pour "intimider la société".

Le port du voile reste cependant un sujet de division y compris au sein du pouvoir. Le président Massoud Pezeshkian considère que l'on ne peut pas contraindre une femme à porter le voile.

Son administration a refusé l'an dernier de promulguer une loi, votée au Parlement, qui prévoyait un durcissement drastique des peines à l'encontre des femmes non ou mal voilées.

Y.I.Hashem--DT